Family business and legacy adviser

Repose en paix, mon vieil ami

Autant j’ai eu du mal à trouver le bon titre pour ce billet, autant je sais que j’aurai probablement encore plus de mal à l’écrire, car les larmes me montent déjà aux yeux rien qu’à penser au sujet.

Heureusement, écrire ce texte est en fait un peu thérapeutique pour moi.

Bosco était un golden retriever qui vivait avec nous depuis huit ans et demi, après avoir passé ses deux premières années avec une autre famille qui, malheureusement, a vécu un divorce. C’était malheureux pour eux, puisqu’ils n’arrivaient pas à s’entendre sur qui le garderait, mais une grande chance pour nous.

Nos enfants n’avaient que 5 et 6 ans à l’époque, alors ce n’est pas exagéré de dire qu’il a fait partie de la plupart de leurs souvenirs d’enfance en famille, la série de photos de Noël annuelles nous rappelant comment ils ont grandi pendant qu’il vieillissait.

Il avait beaucoup ralenti au fil des ans, mais semblait encore en assez bonne santé compte tenu de son mode de vie sédentaire et de sa tendance à traîner dans la cuisine, vous savez, juste au cas où un peu de nourriture tomberait par terre.

Mais mercredi cette semaine, ma femme était à l’extérieur de la ville et j’étais à un événement au centre-ville. Les enfants étaient à la maison avec les animaux (Bosco, plus un autre chien et trois chats), et les choses ont mal tourné, de façon inattendue et rapide.

Ma fille m’a texté vers 17 h pour me dire que quelque chose n’allait pas avec Bosco, alors je l’ai appelée pour voir ce qui se passait. Difficulté à respirer et incapacité même à se lever; hum, me suis-je dit, je ferais mieux de rentrer vite à la maison.

Le temps que j’arrive à ma voiture, même pas dix minutes plus tard, elle m’a texté pour me dire qu’elle craignait le pire. Je suis arrivé à la maison et j’ai tristement constaté qu’elle avait raison. C’est déjà assez triste de perdre un vieil ami, mais c’est encore plus triste que cela soit arrivé devant mes enfants, sans leurs parents.

Mon fils m’a aidé à le mettre dans la voiture pour un dernier voyage chez le vétérinaire, où nous lui avons fait nos adieux une dernière fois, et nous avons pleuré tous les deux tout le long du trajet du retour.

Après quelques nuits de réflexion, je suis très reconnaissant de la rapidité avec laquelle il a organisé son départ définitif, sinon du moment exact. Combien d’histoires avez-vous entendues de gens dont l’animal tombe malade et qui doivent alors choisir entre des interventions vétérinaires coûteuses et laisser la nature suivre son cours?

Je vais maintenant essayer, prudemment, d’établir un parallèle entre le cas d’un animal de compagnie et celui d’un parent. Je dis « prudemment » parce que je me souviens qu’au décès de ma tante, mon père avait suggéré à son mari devenu veuf de prendre un chien.

Papa faisait ce qu’il croyait être une suggestion constructive pour aider son beau-frère à traverser une partie du deuil et de la solitude, mais je sais que certaines personnes l’ont mal pris, comme s’il laissait entendre que ma tante pouvait être « remplacée » par un chien.

L’histoire que je souhaite raconter porte sur mon père, et sur la façon dont il nous a quittés relativement tôt, mais pas si rapidement que nous nous soyons retrouvés pris au dépourvu.

Ma mère m’a récemment raconté que lorsque mon père et elle allaient rendre visite à sa mère pendant sa longue bataille contre l’Alzheimer, sur le chemin du retour, papa lui disait toujours : « Si jamais je deviens comme ça, s’il te plaît, tire-moi une balle ».

Le cancer nous a évité de devoir traverser cela, et la mort de Bosco, probablement aussi causée par un cancer, nous a épargné bien des moments difficiles et des peines supplémentaires.

Et le titre de ce billet? Je l’ai emprunté à la publication Facebook de ma fille de 13 ans au sujet de la perte de son « vieil ami ».

Parfois, les événements tristes nous permettent de constater à quel point nos enfants ont mûri rapidement pendant que nous avions l’attention ailleurs.

Au revoir, Bosco. Mieux vaut t’avoir aimé et perdu que de ne jamais t’avoir aimé du tout.

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