Family business and legacy adviser

Une transition porteuse de sens

La semaine dernière, j’étais à Toronto pour quelques jours où, en plus de rencontrer diverses personnes intéressantes, j’ai aussi assisté à un événement organisé par l’IFEA (Institute of Family Enterprise Advisors, ifea.ca), où j’ai acquis quelques éclairages sur un sujet qui commence à toucher les milieux de travail et les familles partout.

La présentation s’intitulait « The Multigenerational Complexities Business Family Succession » (les complexités multigénérationnelles de la relève dans les familles en affaires), ce qui semblait tout à fait dans mes cordes, mais qui me donnait presque l’impression que je n’y apprendrais pas grand-chose de nouveau. Je suis heureux d’annoncer que je me suis trompé sur les deux plans.

La présentatrice, Lisa Taylor, fondatrice de The Challenge Factory, a commencé par poser quelques questions sur l’âge de la retraite et l’espérance de vie, et dès que j’ai entendu les premières réponses, j’avais une bonne idée de la direction que prendrait la conférence. Mais je n’avais aucune idée à quel point elle serait révélatrice.

Pour résumer un peu, quand 65 ans est devenu l’âge « officiel » de la retraite, l’espérance de vie était de 62 ans. Le fait que bien des gens continuent de fonctionner selon le paradigme « 65 ans = retraite » est plutôt déroutant sous cet angle.

S’en est suivie une discussion approfondie sur la façon dont l’espérance de vie accrue (et toujours croissante) a influé sur la main-d’œuvre partout, puisque beaucoup de gens qui approchent de 65 ans ne souhaitent pas prendre leur retraite et veulent plutôt continuer à travailler, pour diverses raisons.

Taylor a utilisé l’analogie d’un escalier mécanique que l’on monte en regardant devant soi, quand tout à coup, la personne qui approche du sommet décide de ne pas descendre, mais recule plutôt d’une marche pour prolonger le trajet un peu plus longtemps. (Vous pouvez regarder une courte vidéo dans laquelle Taylor parle de l’analogie de l’escalier mécanique sur son site Web, challengefactory.ca.)

Il ne faut pas longtemps pour que cette personne au sommet de l’escalier mécanique, qui recule d’une marche, commence à avoir des effets néfastes et dangereux sur tous les autres qui essaient de monter jusqu’en haut. Cela se produit constamment dans les entreprises familiales, mais aussi dans bien d’autres types de milieux de travail.

En fait, la conférence n’a pas vraiment porté sur l’entreprise familiale, mais elle était plutôt intéressante d’un point de vue sociétal, puisque l’allongement de l’espérance de vie a créé de nouvelles réalités pour tout le monde, même si beaucoup de gens ne l’ont pas vraiment remarqué ni commencé à changer leur vision de la vie professionnelle.

Sur l’une de ses diapositives, Taylor illustrait la différence entre un cheminement de carrière typique selon le modèle de la « retraite à 65 ans », qui a dominé pendant la deuxième moitié du siècle dernier, et une variante plus récente qui prend de plus en plus de place de nos jours.

Ce qui m’a frappé, c’est qu’elle a employé l’expression « Transition with Purpose » (une transition porteuse de sens) qui peut survenir à deux ou trois moments charnières de la vie professionnelle, dont un notable (pour moi) vers l’âge de 50 ans. Il semble que beaucoup de gens ressentent le besoin d’effectuer une sorte de transition de carrière à cet âge, et le constater me fait me sentir plus « normal », puisque ça « correspond » vraiment à ma réalité.

Si nous avions eu plus de temps pendant la discussion, j’aurais aimé parler du concept de « transition porteuse de sens », puisqu’il pourrait profiter à bien des familles en affaires.

Ce à quoi je veux en venir ici, c’est le problème auquel font face bien des entreprises familiales quand le fondateur ne cesse de reculer sur l’escalier mécanique, ce qui entraîne de nombreuses complications pour le reste de la famille et pour l’entreprise. J’ai l’impression que si l’on consacrait plus de temps et d’efforts à aider le fondateur ou la fondatrice à trouver sa « transition porteuse de sens », on ferait beaucoup pour réduire le nombre de ces situations.

Si l’on examine chacun des deux mots principaux de l’expression, je pense que la « transition » est la partie que la plupart des gens « comprennent », puisque les réalités du vieillissement et du cycle de vie familial font que nous passons d’un rôle à un autre au cours d’une vie. Mais c’est la partie du « sens » qui semble beaucoup plus insaisissable, et qui exige donc plus d’efforts.

Chaque effort fait pour découvrir une raison d’être valable en vaut largement la peine au bout du compte.

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