D’abord, je dois avouer que je déteste vraiment l’expression « planification de la relève », mais dans un titre ou un en-tête, il est important d’utiliser des mots qui sont familiers à la plupart des gens, sinon ils risquent de passer complètement à côté de votre propos.
Je dois aussi avouer que l’expression « salle de lavage » n’a été utilisée dans le titre que parce que c’était une façon de rendre mon idée un peu plus accrocheuse. Le « vrai » titre de ce billet serait plus justement quelque chose comme « En quoi la planification de la relève ressemble à faire le lavage », mais ça ne semble pas aussi sexy.
Alors, en quoi la planification de la relève ressemble-t-elle à faire le lavage? Je suis content que vous posiez la question, mais d’abord, vous ai-je dit que je déteste l’expression « planification de la relève »? Pourrait-on simplement l’appeler plutôt « planification de la continuité »?
La planification de la continuité, c’est comme l’« assurance vie », dans la mesure où l’industrie de l’assurance a compris il y a de nombreuses années que vendre de l’« assurance décès » (ce que c’est vraiment, après tout) n’était pas chose facile, parce que les gens ne veulent pas parler de leur propre fin.
Alors, sans plus de cérémonie (je pense que nous avons eu assez de cérémonie, n’est-ce pas?), en quoi la planification de la continuité ressemble-t-elle à faire le lavage? Comptons les ressemblances.
Pour certaines personnes, et ici, je pense à mon père, ainsi qu’à la plupart des pères de sa génération, la salle de lavage de notre maison n’était qu’un endroit qu’il traversait pour se rendre au garage. Son rôle était de s’assurer que, si la laveuse ou la sécheuse tombait en panne, il paierait pour la faire réparer ou remplacer.
« Faire le lavage » n’a jamais fait partie des choses dont il se préoccupait. Comme j’ai moi-même eu la chance que le lavage soit fait par ma mère et ma grand-mère, qui a vécu avec nous pendant de nombreuses années, je vais me risquer à deviner qu’il n’a jamais pleinement apprécié tout ce que cet effort demandait.
Comme quelqu’un qui vit maintenant dans une maison avec ma femme et deux adolescents, et où nous partageons les tâches ménagères de façon plus égale (à peu près…), je peux vous dire que le lavage, c’est plus que lancer les vêtements dans la laveuse et appuyer sur « démarrer ».
Personne n’a « envie » de faire le lavage, mais si la personne qui s’en occupe est absente, il ne faut pas plus de quelques jours avant qu’on commence à remarquer que quelque chose cloche. Quand les gens commencent à manquer de vêtements propres et que les paniers à linge débordent, quelqu’un finit par décider qu’il est temps de faire quelque chose. Et ça ne peut pas être si difficile, n’est-ce pas?
Mettre les vêtements dans la laveuse (quoi, il faut d’abord les séparer par couleur?), ajouter du détergent et appuyer sur le bouton. Parfait, je suis content que ce soit fait. Oh, la laveuse a fini. J’imagine que maintenant, on transfère les vêtements mouillés dans la sécheuse, c’est ça?
La sécheuse vient de sonner, donc nous avons terminé. Oh, certains vêtements sont encore un peu humides, alors j’imagine qu’on appuie de nouveau sur « démarrer ». Bon, tout est sec maintenant, mais tout est mélangé, à l’envers, froissé. C’est beaucoup plus de travail que je pensais.
Pour des gens qui sont si occupés à s’occuper de leur entreprise, le risque est grand de sous-estimer ce qu’exige la préparation de la prochaine génération de dirigeants et de propriétaires de leur entreprise.
Demander à votre comptable de faire un « gel successoral », c’est mettre les vêtements dans la laveuse et démarrer l’appareil.
Le vrai travail se fait avant, et surtout après. Et ça prend beaucoup de temps, il y a beaucoup d’étapes, et ça ne semble jamais finir.
Les vêtements doivent être pliés et suspendus, et il faut s’assurer que les bons vêtements retournent dans les bonnes chambres, les bons placards et les bons tiroirs. Lancer les vêtements dans l’appareil et appuyer sur le bouton, c’était la partie facile.
Vous devriez peut-être vous y mettre, avant de manquer de sous-vêtements propres.