Cette semaine, mon père aurait eu 80 ans; il est donc en partie l’inspiration de ce billet. Adolescent, il avait fait son apprentissage en Autriche et, à son arrivée au Canada, il a trouvé un emploi, acheté des outils et s’est mis au travail, le tout en quelques jours.
Il connaissait un métier, puis il a acheté les outils dont il avait besoin pour faire le travail. Mais ce n’est pas toujours aussi simple.
J’ai beaucoup appris de mon père, mais très peu de ce qu’il m’a enseigné avait quoi que ce soit à voir avec des outils.
C’est vrai, avant mon premier été de travail dans son usine de fabrication d’acier, nous avons fait l’incontournable visite à la quincaillerie (vous vous souvenez de Pascal?), après quoi j’étais « équipé » pour travailler, même si je n’avais à peu près aucune idée de ce que j’allais faire ni de l’utilité de chaque outil.
J’ai encore ce coffre à outils rouge, avec son étiquette bleue : « 91 S. Legler 91. » (Mon numéro de carte de pointage était le 91.) Ces outils ont surtout ramassé de la poussière ces derniers temps.
Le genre d’outils que je croise régulièrement ces jours-ci n’est pas le genre qu’on trouve en magasin, quincaillerie ou autre.
Et, fait intéressant, je ne cherchais pas ces outils. Ce sont plutôt les gens qui les développent qui m’ont trouvé. Alors, de quel genre d’outils est-ce que je parle?
Ce n’est même pas facile de les classer, mais disons simplement qu’il s’agit de plateformes technologiques pour les familles. Pardon?
Nous savons et comprenons tous que la façon dont les gens communiquent en 2016 est bien différente de ce qu’elle était il y a à peine dix ans. La capacité d’entrer en contact avec les autres a crû de façon exponentielle, ce qui a de nombreuses conséquences positives.
Ce genre d’outils peut améliorer les communications familiales de tant de façons. Et le manque de communication au sein des familles est l’un des principaux facteurs de la disparition du patrimoine familial.
Alors, naturellement, tout outil ou coffre à outils qui aide les familles à communiquer devrait être le bienvenu, n’est-ce pas.
Eh bien, de façon générale, oui : plus de communication vaut presque toujours mieux que moins, il y a donc cela. Là où ça se complique un peu, c’est de penser que la simple existence de l’outil fera communiquer la famille.
Pensez au cheval que l’on mène à l’abreuvoir : s’il n’a pas soif (et certains chevaux familiaux tiennent davantage du chameau), il pourrait mettre bien du temps avant de commencer à boire.
L’avantage de créer ce type d’outil, c’est qu’on le construit une fois et qu’il sert ensuite encore et encore. Si vous construisez une chose, la copiez pour d’autres pratiquement sans frais et la leur vendez, eh bien, le potentiel de profit peut être important.
Regardons maintenant l’homme de métier. Cette personne doit apprendre les compétences et les ficelles du métier pour pouvoir aller offrir une aide précieuse. C’est loin d’être aussi facile à reproduire, puisque chaque personne est unique et, malheureusement, pas « clonable ».
Mais cela ne veut pas dire que les outils ne sont pas utiles. Ce que cela veut dire, à mon avis, c’est que la possibilité de créer « l’application miracle » dans le domaine du patrimoine familial et de l’harmonie familiale pourrait ne pas être aussi rentable que certains pourraient s’y attendre.
D’abord, j’ai l’impression que le domaine devient encombré.
Ensuite, très peu de familles se rendent compte que ces outils pourraient leur être bénéfiques. (Oui, il y a un besoin, mais ce n’est pas la même chose que de dire qu’il y a une demande.)
Je suis peut-être influencé par le fait que je suis moi-même un homme de métier dans ce domaine, et j’aime croire qu’il y a une certaine magie dans mes paroles et dans ma façon de communiquer avec les membres des familles, sans grand coffre à outils.
Idéalement, de nombreuses familles profiteront à la fois d’aidants qualifiés et de certains des excellents outils en cours de développement.
Ma tendance serait de m’en remettre à une personne compétente munie d’un outil médiocre plutôt qu’à quelqu’un muni d’un excellent outil, mais sans la formation ni les compétences appropriées.
Alors que ce domaine continue d’évoluer, je continuerai de perfectionner mon métier, tout en intégrant les meilleurs outils que je croiserai.
