L’année 1989 a été importante pour moi : c’est l’année où j’ai arrêté de fumer et, plus important encore, l’année où j’ai rencontré ma femme pour la première fois. Si vous lui posez la question, elle vous dira que si je n’avais pas arrêté de fumer, je ne serais pas son mari aujourd’hui.
Mais 1989, c’est aussi l’année de la parution d’un des livres les plus importants des 50 dernières années. Je suis certain que la plupart d’entre vous le reconnaîtront, et que bon nombre d’entre vous l’ont aussi lu.
Non seulement j’ai lu The 7 Habits of Highly Effective People (Les 7 habitudes des gens efficaces), mais quelques-unes de ces habitudes sont devenues des pierres angulaires de ma façon de vivre depuis. J’espère que cela ne mènera pas à une analyse de mon efficacité réelle, mais je tiens à vous parler de mon habitude préférée parmi les sept.
Il y a quelques habitudes dont on se souvient plus facilement que de ma préférée, parce qu’elles font maintenant partie de notre vocabulaire, en partie grâce au succès du livre, qui s’est vendu à plus de 25 millions d’exemplaires.
« Penser gagnant-gagnant » et « Être proactif » sont devenues des expressions que la plupart des gens ont déjà entendues, et « Donner la priorité aux priorités » et « Créer la synergie » sont aussi plutôt intéressantes, mais elles ne sont toujours pas au premier rang de ma liste.
Est-ce « Aiguiser ses facultés » ou « Commencer avec la fin en tête »? Non, même si je les aime bien aussi. Ma préférée est l’habitude numéro 5 : « Chercher d’abord à comprendre, puis à être compris ».
J’aime abréger les choses, alors je l’appellerai simplement Seek First to Understand, ou SFTU. La première fois que je l’ai notée avec seulement ces quatre lettres, j’ai été frappé de voir à quel point elle ressemble à un autre acronyme de quatre lettres, STFU. Pour les non-initiés, STFU est l’abréviation de « Shut the Hell Up » (ferme-la), ou quelque chose d’approchant.
Si je trouvais cela si pertinent, c’est que STFU est en fait presque l’exact contraire de SFTU, surtout dans l’univers de l’entreprise familiale et du leadership familial.
Le style parental autoritaire et à l’ancienne que beaucoup d’entre nous, les baby-boomers, avons connu se résumait très souvent à « c’est comme ça que ça va se passer », et si quelqu’un osait remettre papa en question, on lui disait souvent, essentiellement, de se la fermer et de rentrer dans le rang.
Aujourd’hui, un peu grâce à la popularité du livre de Covey, mais surtout en raison des changements dans la société, les gens se sont quelque peu adoucis, et l’écoute active est même une chose que l’on enseigne à bien des dirigeants.
Mais chercher d’abord à comprendre ne se résume pas à écouter, bien entendu. Oui, il faut souvent écouter, observer, lire et interpréter, mais l’objectif ici, c’est la compréhension.
Et remarquez bien que l’habitude ne s’appelle pas « Chercher à comprendre », mais Chercher D’ABORD à comprendre.
Cette petite nuance est essentielle, parce que c’est là que le dirigeant doit avoir la maturité d’admettre qu’il n’a pas nécessairement toutes les réponses, la curiosité de découvrir les idées et les opinions des autres, et le courage de demander aux autres ce qu’ils ont à dire et de les écouter.
Ceux qui conseillent les familles en affaires qui souhaitent transmettre leur entreprise, leur patrimoine et, ultimement, leur héritage à la génération suivante s’entendront presque tous pour dire qu’une communication claire, fréquente et ouverte est une nécessité absolue si l’on veut avoir la moindre chance de réussir dans cette entreprise.
Évidemment, je suis d’accord. Le but de ce billet est de rappeler qu’une bonne communication repose sur le fait que les personnes qui communiquent ont la bonne attitude, afin qu’un véritable échange d’idées puisse avoir lieu.
J’adore cette vieille citation attribuée à George Bernard Shaw : « Le plus grand problème de la communication, c’est l’illusion qu’elle a eu lieu ». Les gens supposent que parce qu’ils ont dit quelque chose, l’autre personne les a entendus et compris. Ils vont même souvent un peu plus loin et supposent que la personne était d’accord!
Essayez de chercher d’abord à comprendre, puis à être compris. Ça en vaudra vraiment la peine. C’est une habitude, ce qui veut dire qu’elle peut s’apprendre.
Et c’est pas mal mieux que STFU!
