Joyeuse Action de grâce, Canada
Parfois, ces billets de blogue sont inspirés par la période de l’année; en cette fin de semaine de l’Action de grâce canadienne, je vais donc partager quelques réflexions sur la gratitude.
Mais un billet entier sur la reconnaissance, ce n’est pas vraiment mon style, alors j’essaierai aussi d’y rattacher une autre idée qui me trotte dans la tête depuis quelque temps.
L’an dernier à pareille date, je suis tombé sur une publication sur Twitter dont j’ai partagé le contenu de vive voix avec un certain nombre de personnes. Elle venait de David Chilton, auteur de The Wealthy Barber. (Si vous avez un jour l’occasion de l’entendre parler, rendez-vous service et allez-y.)
Coup de projecteur sur la gratitude
Il avait publié quelque chose du genre : « Si vous êtes en santé et que vous vivez au Canada, chaque jour est l’Action de grâce ». Amen.
La gratitude est un sujet auquel des livres entiers ont été consacrés, et je connais bien des gens qui ont parfois besoin qu’on leur rappelle à quel point nous sommes choyés.
Nous pouvons facilement glisser trop souvent en mode plainte, avec ce qu’on pourrait qualifier de « problèmes de pays riches ».
Processus vs contenu, processus vs événement
La semaine dernière, j’ai écrit sur le processus par rapport au contenu (Conflits dans l’entreprise familiale : les résoudre ou les gérer?), mais il existe une autre comparaison avec le processus dont les gens du milieu de l’entreprise familiale et de l’héritage aiment aussi parler : le processus par rapport à l’événement. (voir Viser une relève sans événement marquant)
Mon défi consiste maintenant à essayer de rattacher cela au thème de l’Action de grâce, dans l’espoir de donner une certaine cohérence à ce billet. Allons-y.
Qui a le plus besoin de qui?
À votre naissance, vous aviez plus besoin de vos parents qu’eux de vous. Lorsque vous arriverez à la fin de vos jours, vous aurez très probablement plus besoin de vos enfants qu’eux de vous.
Il y a des exceptions, bien sûr, mais suivez-moi un instant. La vie EST un parcours, ou un processus, si vous préférez. Quelque part en cours de route, la réponse à la question « Qui a le plus besoin de qui » s’inverse.
Vos enfants ont plus besoin de vous quand ils sont jeunes, vous avez plus besoin de vos enfants quand vous êtes vieux. Mais quand cela s’inverse-t-il? Et est-ce que ça « bascule » rapidement, comme une pièce de monnaie, ou lentement, comme le proverbial paquebot qui fait demi-tour?
J’ose dire qu’il s’agit bien plus d’un processus que d’un événement.
On récolte ce que l’on sème
Quand nous étions enfants, mes sœurs et moi étions reconnaissants envers nos parents, même si je ne suis pas certain que nous l’ayons exprimé assez souvent. En vieillissant, et à mesure que nous mûrissions, je sais qu’ils sont devenus plus reconnaissants envers nous.
Idéalement, la gratitude est quelque chose que nous apprenons de nos parents, puis que nous enseignons à nos enfants. L’éducation, les bonnes manières, la façon de se comporter, la façon dont nous faisons les choses dans notre famille : tout cela fait partie de l’héritage et du patrimoine que nous transmettons aux générations suivantes.
Comme vous le dira n’importe quel agriculteur, on récolte ce que l’on sème.
Les valeurs plutôt que les biens de valeur
La transmission du patrimoine familial peut être très complexe et comporter de nombreuses transactions et de nombreux documents détaillés concernant les biens de valeur de la famille.
Mais votre véritable héritage familial dépend bien davantage de la transmission des valeurs de votre famille.
J’espère que la gratitude fait partie des valeurs que mes enfants ont reçues de leurs parents; je sais que j’ai reçu la plupart de mes valeurs des miens.
Mes enfants sont maintenant adolescents, mais depuis un bon moment déjà, je les traite autant que possible comme s’ils étaient des adultes.
J’essaie de ne pas leur dire quoi faire, j’essaie de m’assurer que l’idée de « t’es pas mon boss » ne leur traverse même pas l’esprit.
D’égal à égal plutôt que « un en haut, un en bas »
Est-ce que je fais cela parce que je réalise qu’un jour j’aurai plus besoin d’eux qu’eux de moi? Peut-être, inconsciemment.
Ce que je veux dire, c’est que plus il faut de temps pour que la réponse à la question « Qui a le plus besoin de qui » s’inverse, mieux c’est.
Une relation d’égal à égal, d’adulte à adulte, où personne n’est en position « supérieure », et personne en position « inférieure » non plus.
Il n’est vraiment jamais « trop tard »
Il n’est jamais trop tard pour essayer d’améliorer les choses, et le premier pas peut venir de l’un ou l’autre côté.
Cette semaine, on m’a rappelé le vieil adage selon lequel « les gens que l’on croise en montant sont les mêmes que l’on croisera en descendant ». Je pense qu’il s’applique ici aussi.
Souvenez-vous-en, vous serez reconnaissant de l’avoir fait.