Family business and legacy adviser

Se salir les mains sans se faire piquer

Getting Dirty without Getting Stung

Deux sortes de personnes

Il y a deux sortes de personnes dans le monde : celles qui n’ont pas peur de se salir les mains, et les autres, qui préfèrent rester propres.

C’est une simplification excessive, mais allons-y quand même. Si j’étais obligé de me classer dans l’un ou l’autre groupe, je serais tout à fait à l’aise dans celui des mains sales.

Cette semaine, j’ai participé à l’organisation d’un souper-bénéfice annuel pour un organisme sans but lucratif où je fais du bénévolat depuis sept ans.

Au cours de la soirée, j’ai eu le plaisir de remettre un prix à une personne avec qui je travaille étroitement depuis mon tout premier jour là-bas.

Les mains sales ou les mains propres

Le prix portait le nom d’un collègue bénévole décédé l’an dernier. Nous avions passé tous les trois bien des jeudis après-midi à nous salir les mains ensemble, à distribuer de la nourriture à la banque alimentaire de l’organisme.

J’ai été frappé de constater que peu de nos « gens de comité » pour les collectes de fonds ou de ceux qui assistent à nos soirées voient réellement le fonctionnement quotidien de cet organisme de bienfaisance communautaire, et encore moins mettent la main à la pâte « sur le terrain ».

De même, les personnes qui viennent faire du bénévolat à divers titres pendant la journée ne sont généralement pas celles qui assistent aux soirées.

Il y a des exceptions, mais en général, il y a les « cols bleus » qui n’ont pas peur de se salir les mains, et les « cols blancs » qui préfèrent rester propres. Un groupe donne du temps et des efforts sur le terrain, l’autre fournit des dons et des contacts à un plus haut niveau.

Nous avons besoin des deux

Chaque personne qui donne un coup de main est nécessaire et appréciée, je ne porte aucun jugement ici, et toutes les contributions sont les bienvenues et reçues avec gratitude. Ce que je veux dire, c’est que la plupart des gens se sentent à l’aise dans un groupe, mais pas dans les deux.

De même, dans l’univers du patrimoine familial, les conseillers qui travaillent avec des familles soucieuses de leur héritage présentent une dichotomie semblable, mais sous un angle légèrement différent.

Certains travaillent directement avec les membres de la famille, tandis que d’autres professionnels œuvrent dans d’autres domaines spécialisés et apportent une expertise particulière à ces familles, mais ne rencontrent généralement pas tous les membres de la famille.

Contenu ou processus

Du côté du contenu, les avocats rédigent des conventions entre actionnaires, les spécialistes en assurance créent la meilleure combinaison de polices pour couvrir les obligations fiscales, et les conseillers élaborent des plans successoraux parfaits, mais interagissent rarement avec les membres de la famille qu’ils servent au bout du compte.

Du côté du processus, nous comprenons la dynamique familiale, la facilitation, la médiation et le coaching. Beaucoup d’entre nous viennent du domaine de la psychologie et s’apparentent davantage aux cols bleus, aux gens du terrain, à ceux pour qui « c’est correct de se salir les mains ».

Les conseillers axés sur le contenu ou les transactions travaillent surtout pour des cabinets d’associés professionnels, qui se spécialisent dans la connaissance des lois et des règlements et ont le don de créer des structures et des documents que la famille utilise dans le cadre de la planification successorale. Pour moi, ces gens s’apparentent davantage au groupe des « cols blancs », de l’étage du dessus, de ceux qui « préfèrent rester propres ».

Encore une fois, les deux groupes sont importants, absolument nécessaires et, heureusement, disponibles pour servir la famille. Il y a ici une relation symbiotique, mais qui sert qui?

Vraiment le ressentir

Dans l’exemple de l’organisme de bienfaisance, le personnel et les bénévoles de jour voient directement les bienfaits de leur travail. Ceux qui ne viennent qu’aux activités de financement se font souvent raconter ce qui se passe, et ils sont souvent impressionnés, mais ne le « ressentent » jamais vraiment.

La plupart des conseillers auprès des familles reconnaissent les proverbiaux nids de guêpes dans les situations familiales et les évitent, pour ne pas se faire piquer ni laisser la famille dans un état pire qu’avant.

Comme je travaille étroitement avec les membres de la famille et que je fais beaucoup plus de travail de « processus », je vois aussi les nids de guêpes, mais je ne me sauve pas nécessairement; je préfère plutôt souvent les signaler.

Je ne suggère pas que les gens du contenu s’occupent du processus, mais s’ils comprenaient mieux les répercussions de leur travail sur leurs clients ultimes (toute la famille), ils pourraient faire un travail encore meilleur.

Relier les deux

Quand des donateurs viennent à une activité de bienfaisance, nous essayons de leur montrer à quel point le travail que nous faisons pour les bénéficiaires est important.

Ceux qui comblent ces écarts, dans les organismes de bienfaisance comme dans les familles, sont toujours nécessaires, mais pas toujours appréciés. Mais nous continuerons toujours de le faire, parce que ça fait tellement de bien, et que c’est tellement juste, d’établir ces liens importants.

Nous n’avons pas peur de nous salir les mains, et nous ne craignons pas de nous faire piquer.

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