Family business and legacy adviser

FamBiz : Le conflit n’est PAS une option

Family Biz Conflict and how to handle it

Miami : les 30 ans du FFI

Je suis présentement à Miami, où je viens de passer les trois derniers jours au congrès annuel du Family Firm Institute, pendant lequel on a constamment rappelé aux participants que l’organisation a 30 ans.

Je me souviens que CAFÉ, l’Association canadienne des entreprises familiales, a aussi célébré récemment son 30e anniversaire.

Le modèle des trois cercles (famille, entreprise, propriété), cocréé par John Davis de Harvard, entame lui aussi sa quatrième décennie. Davis a reçu hier soir, au dîner de gala, ce qui équivaut à un prix pour l’ensemble de sa carrière de la part du FFI.

J’ai enfin pu le rencontrer en personne et lui serrer la main par la suite, et je l’ai remercié, avec un peu de retard, non seulement de m’avoir permis de le citer dans mon livre il y a quelques années, mais surtout d’avoir répondu en moins d’une heure à ma demande de permission envoyée par courriel, ce qui m’avait surpris à l’époque.

Maintenant que j’ai rencontré l’homme, je ne suis plus surpris.

Le conflit est de série

Les congrès du FFI sont remplis de tant de gens et d’apprentissages, et hier soir je relisais certaines de mes notes en essayant de choisir le sujet du blogue de cette semaine. J’ai arrêté mon choix sur Le conflit n’est PAS une option.

Mais j’ai rencontré cette semaine un autre praticien d’expérience qui m’a dit avec plaisir qu’il refuse 90 % des familles clientes potentielles qui viennent le voir en plein conflit. Il n’a pas besoin de ces tracas et préfère de loin travailler avec les familles de façon préventive.

Mais le potentiel de conflit dans les entreprises familiales demeure toujours présent. Si cela vous semble familier, vous avez peut-être lu quelque chose de semblable ici il y a à peine quelques semaines. (Conflit en entreprise familiale : le résoudre ou le gérer)

L’un des ateliers auxquels j’ai assisté était animé par l’une des auteures de Deconstructing Conflict, mentionné dans ce billet. Elle a répété que dans toute situation où la famille et l’entreprise se chevauchent, le conflit n’est PAS optionnel. Il sera toujours là, par défaut.

Même si vous n’en voulez pas

Remontez quelques décennies en arrière et pensez à l’achat d’une voiture. Voulez-vous des vitres électriques et une direction assistée? La climatisation? Il y avait beaucoup d’options offertes, que vous pouviez choisir d’ajouter ou non, selon vos désirs, vos besoins et votre budget.

De nos jours, (presque) toutes les voitures sont livrées avec toutes ces anciennes options, et bien d’autres, de série.

Il en va de même dans une entreprise familiale : le conflit est de série, et vous ne pouvez même pas vous en désister! Rappelez-vous l’époque où vous pouviez avoir un numéro de téléphone confidentiel, mais où cela coûtait plus cher de ne pas figurer dans l’annuaire téléphonique « standard » (de nos jours, c’est quoi, un annuaire téléphonique? Demandez à grand-maman…)

Alors, en supposant que vous acceptiez que le conflit est intégré, que faire maintenant? Selon moi, il faut le reconnaître, toujours être à l’affût des endroits où des différends pourraient éclater, et essayer de les devancer.

Façonner un espace sécuritaire : l’art vs la science

Une expression courante chez les médiateurs et les facilitateurs de groupe est « l’espace sécuritaire ». Une personne de l’extérieur, indépendante et neutre, vient créer un espace sécuritaire où toutes les parties peuvent exprimer leurs préoccupations, leurs désirs et leurs besoins.

L’un des panélistes de l’atelier sur les conflits a habilement souligné que sa tâche consiste toujours à « sculpter à la main » cet espace sécuritaire. On ne peut pas acheter un tel espace chez IKEA et l’assembler à la sortie de la boîte.

Cette analogie de la sculpture rejoint très bien ma propre affirmation, que j’ai faite à la fois dans ce billet il y a quelques semaines et pendant l’atelier du FFI : il y a beaucoup plus d’art que de science dans la facilitation des processus de groupe.

Qui je suis vs ce que je fais

Les organisations comme le FFI aident très bien cette jeune industrie à développer et à partager la partie scientifique des entreprises familiales, mais l’art de la médiation des conflits repose souvent davantage sur le « qui je suis » de la tierce partie neutre que sur le « ce que je fais ».

Le travail qu’il faut faire pour devenir une tierce partie efficace est très personnel et « motivé de l’intérieur ».

Pour moi, les cours de coaching, les ateliers de médiation et de facilitation, et même la formation en théorie des systèmes familiaux de Bowen, ont tous fait partie intégrante de mon cheminement pour devenir plus que simplement compétent dans ce travail et dans la conduite de ces processus de groupe.

On dit que « c’est en forgeant qu’on devient forgeron », et même si la perfection semble un objectif trop élevé, la pratique nous rend assurément « meilleurs ».

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