Travail de cours
(Le billet de cette semaine est le texte légèrement remanié d’une présentation que j’ai faite en classe cette semaine au Bowen Center for the Study of the Family, à l’Université Georgetown à Washington, où je viens de terminer ma première année du Post-Graduate Training Program.)
D’après ce qui est écrit sur ma carte professionnelle, je suis un « conseiller en héritage familial ».
Mes convictions, que je vais vous présenter aujourd’hui, portent essentiellement sur ma vision de ce travail, et sur la façon dont j’y deviens indissociablement lié.
De plus en plus, cela devient qui je suis, et pas simplement ce que je fais.
Voici trois de mes convictions fondamentales :
- Je crois que l’harmonie familiale est la clé de l’héritage d’une famille
- Je crois que ça vaut toujours la peine de faire l’effort d’améliorer l’harmonie familiale
- Je crois que travailler sur l’harmonie familiale demande beaucoup de travail, et que tout commence par un travail sur soi
Comment en suis-je arrivé là?
J’ai trouvé ma vocation il y a 4 ans, en suivant les cours d’un programme appelé Family Enterprise Advisor.
Nous y avons appris le modèle des trois cercles, Entreprise, Famille et Propriété, chaque cercle représentant un système.
J’ai alors pris conscience que, pendant les quatre premières décennies et plus de ma vie, on m’avait amené à croire que le cercle de l’Entreprise était le seul qui comptait.
Au fil de mes études, j’ai vite commencé à comprendre que le cercle de la Famille était plus important, qu’il était souvent négligé, et que j’étais naturellement plus sensible au travail important qui doit souvent être fait dans le cercle familial.
J’ai donc commencé à travailler sur moi-même, avec une formation en coaching, des cours de médiation et des programmes de facilitation, dont toute une série de cours dans un programme appelé Third Party Neutral.
Et bien sûr, j’ai commencé à me former à la théorie des systèmes familiaux de Bowen.
Quel a été l’apport de mon travail sur Bowen?
Eh bien, à commencer par deux années au Vermont, dans leur programme, puis cette année ici à Washington, mon travail sur la théorie de Bowen m’a aidé de plusieurs façons.
Il a :
- Aiguisé mon attention sur l’effort que cela demande
- Mis l’accent sur le travail sur soi,
- Et m’a constamment rappelé que ce travail est une quête sans fin
Les défis
Ma vocation est venue avec le désir d’« aider » les personnes et les familles à composer avec des problèmes que j’avais moi-même vécus dans ma famille.
Mes erreurs, les erreurs de mes parents, et celles que j’ai découvertes en entrant par mariage dans une autre famille en affaires, constituaient toutes une expérience que je voulais transformer en sagesse à partager.
Mais comme NOUS le savons tous, dire aux gens ce qu’ils devraient faire ne fonctionne pas très bien, alors me transformer en quelqu’un qui « fait du Bowen » me semblait une idée utile.
La théorie des systèmes familiaux de Bowen
J’ai découvert depuis qu’on ne peut pas simplement « faire » du Bowen, il faut en quelque sorte « être » Bowen. Pas le Dr Bowen, mais peut-être un « bowenien ».
Apprendre une nouvelle façon d’« être » pour pouvoir guider les gens, et leur servir de modèle, demande du temps, de la pratique et des efforts.
Un énorme défi que je commence tout juste à saisir, c’est la différence entre AIDER les gens et être une RESSOURCE pour les gens.
La différence semble subtile, mais elle est en fait très nette.
On ne peut pas aider les gens qui ne veulent pas être aidés, et essayer de les aider est bien souvent contre-productif.
Aller de l’avant
Ma voie pour aller de l’avant est de devenir une ressource pour les gens qui veulent améliorer leur harmonie familiale, et pour « être » cette ressource, je dois continuer à faire l’effort de me comprendre moi-même.
Ma formation sur Bowen m’a aidé à comprendre bien des choses d’une façon nouvelle et meilleure, et j’ai l’impression d’être à des années-lumière de là où j’étais il y a à peine quelques années.
Mais j’ai l’impression que ma compréhension de moi-même, et mon travail sur la différenciation, ont encore beaucoup de chemin à faire.
Se comprendre soi-même et comprendre les autres
À mesure que je me comprends mieux, je comprends aussi mieux les autres.
Ces efforts en valent la peine, pour moi, pour ma famille, et pour toutes les familles qui font appel à moi comme ressource pour leur propre travail sur l’harmonie, dans le cadre de leur désir de préserver leur héritage.
J’ai donc ajouté une conviction de plus :
Je crois que je peux en réalité aider plus de familles en agissant comme une ressource pour elles, plutôt qu’en essayant de les aider.
