Cette semaine, nous allons nous pencher sur deux sujets qui ont fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années.
J’ai récemment écrit sur l’univers des bureaux familiaux (family offices), et j’ai promis d’en parler plus souvent. L’investissement d’impact, par contre, je n’en ai pas encore parlé.
Il est intéressant de constater que de plus en plus de gens commencent à réaliser que les bureaux familiaux et l’investissement d’impact vont en fait ensemble comme le beurre d’arachide et la confiture, ou le jambon et le fromage.
Je ne prétends pas avoir découvert quoi que ce soit de nouveau ici, mais je veux commenter certains aspects de cette combinaison qui lui donnent autant de potentiel.
Les milléniaux en tête
Partons de la prémisse que bien des bureaux familiaux sont essentiellement des véhicules de placement pour un patrimoine qui appartient à une famille.
Ajoutons le fait que ces familles veulent garder leur patrimoine dans la famille, et qu’une grande partie de ce patrimoine est souvent liquide et peut être investie dans une grande variété de catégories d’actifs.
Et enfin, n’oublions pas que lorsque le patrimoine sera (éventuellement) transmis à la relève de la famille, il y aura probablement des milléniaux dans le portrait.
Si vous cherchez « millennials impact investing » sur Google, vous obtiendrez toutes sortes de résultats.
Une grande partie de l’état d’esprit qu’apportent les investisseurs d’impact recoupe presque parfaitement tout ce que j’ai pu lire sur les milléniaux.
L’engagement de la famille
Quiconque travaille avec des familles fortunées sait qu’un obstacle clé à la réussite des transitions du patrimoine a toujours été la difficulté d’obtenir et de maintenir l’engagement de la jeune génération de la famille.
Il est tout à fait naturel pour les jeunes de vouloir trouver leur propre voie dans le monde, d’explorer et de développer leurs propres passions, et de suivre leurs propres rêves.
Leurs parents, qui gèrent actuellement le patrimoine de la famille et qui ont peut-être contribué à le créer et à le faire croître, deviennent souvent anxieux lorsque leurs enfants ne manifestent aucun intérêt pour ces efforts.
Des priorités générationnelles qui convergent
Ainsi, pour les familles qui disposent de capitaux liquides à investir dans différentes catégories d’actifs, il n’est pas bien difficile de commencer à envisager des placements dans des entreprises ou des fonds qui cherchent à avoir un impact positif sur le plan environnemental et/ou social.
L’investissement d’impact vise d’abord et avant tout à faire de l’argent, mais pas à n’importe quel prix. Si les jeunes membres de la famille peuvent repérer des placements potentiels qui offrent à la fois un bienfait social et une occasion de réaliser un profit financier, envisager ces occasions devrait aller de soi.
J’y réfléchis du point de vue d’une famille qui essaie de trouver des façons de combiner ce qui est important pour toutes les générations de la famille.
Qu’un bureau familial s’intéresse sérieusement à l’investissement d’impact tient même compte des générations futures, y compris les jeunes enfants et ceux qui ne sont pas encore nés.
Comme la philanthropie, mais différent
Certaines personnes confondent l’investissement d’impact et la philanthropie, alors abordons la comparaison ici.
La philanthropie est un autre moyen qu’utilisent certaines familles fortunées pour rassembler la famille et aider à préparer la relève. Travailler ensemble au sein d’une fondation familiale est une belle façon d’acquérir des connaissances financières et d’apprendre à travailler avec les autres.
Les familles qui comprennent l’importance de redonner à leur communauté et qui l’enseignent à leurs jeunes générations ont compris qu’il y a là beaucoup de situations gagnant-gagnant.
Mais l’investissement d’impact est différent, parce qu’il s’agit en fait de trouver des façons d’investir de l’argent pour en tirer un profit, et pas seulement par charité.
Simplement, il ne s’agit pas de faire du profit sans égard aux effets secondaires et aux conséquences indésirables.
Qui décide?
Bien sûr, il est facile de dire que les bureaux familiaux devraient prendre l’investissement d’impact au sérieux et s’y mettre. C’en est une autre de déterminer comment le faire, notamment en posant les questions entourant « qui décide? »
Nous avons examiné « quoi » faire (l’investissement d’impact) et nous avons exploré un peu le « pourquoi » (en raison de l’engagement de toutes les générations), mais il reste encore beaucoup de questions sur le « comment ».
Il y a quelques semaines, dans Mettre la « famille » dans le bureau familial, j’écrivais :
Idéalement, les objectifs de la famille seraient
aussi pris en considération, sans
parler de la mission et de la vision de la famille
Pour vraiment réussir, l’investissement d’impact doit être guidé par la vision de la famille.

