Un billet de blogue typique commence chez moi par un peu de contexte sur sa genèse, et celui-ci ne fera pas exception.
Il y a quelques semaines, à New York, lors de la conférence de l’IFG, c’était à la séance du dîner, pour laquelle nous nous étions inscrits à des discussions en table avec des participants partageant les mêmes intérêts.
J’avais présélectionné la table « Conseil aux entreprises familiales et rôle des consultants ». J’ai été l’un des premiers à arriver à la table avec mon repas, alors je me suis assis à une table presque vide qui allait bientôt se remplir.
Des voisins intéressants
En quelques minutes, qui est venu s’asseoir à ma gauche sinon Dennis Jaffe, à qui l’on avait confié le rôle d’animateur de la discussion?
Si les sujets sur lesquels j’écris vous intéressent le moindrement et que vous ne connaissez pas Dennis Jaffe, sachez qu’il est l’une de nos véritables figures de proue; il a travaillé avec des familles partout dans le monde, et ses écrits sont des lectures incontournables.
Une femme s’est ensuite assise à ma droite, mais elle s’est rendu compte qu’elle n’était pas au bon endroit, et dès qu’elle s’est levée pour changer de place, une autre femme que je n’avais pas encore rencontrée a pris sa place.
Et une autre figure de proue
Quelqu’un l’a accueillie en disant « Salut Covie », et j’ai vite compris que j’étais maintenant assis à côté de Coventry Edwards-Pitt, dont j’ai aussi lu les livres.
En fait, quelques mois plus tôt, elle m’avait envoyé un exemplaire signé et dédicacé de son plus récent livre, AGED Healthy Wealthy and Wise, pour l’un de mes clients, même si nous ne nous étions jamais rencontrés (c’est formidable d’avoir des amis dans ce milieu pour vous dépanner!)
Beaucoup de cartes professionnelles ont été échangées autour de la table, et une discussion animée s’est vite engagée.
Même si nous avions tous choisi la même table thématique, il est rapidement devenu clair que nous travaillions tous avec les familles de façons différentes.
Coaching ou facilitation
Quelqu’un a fait remarquer qu’il nous faut parfois dire aux clients des choses qu’ils ne veulent pas entendre et que, à l’occasion, cela peut vous valoir d’être congédié par le client.
Une autre personne à notre table, un coach de dirigeants, avait de la difficulté à s’y reconnaître, et je crois que cela tenait beaucoup au fait qu’il travaille avec des clients individuels et qu’il prend amplement le temps d’évaluer la compatibilité coach-client avant chaque mandat.
Les facilitateurs, par contre, doivent « plaire » à tout le monde, parce que bien des gens pourraient vouloir les congédier.
Faire « graduer » ses clients?
Même si nous n’avons pas abordé la question ce jour-là, j’ai eu des discussions intéressantes avec d’autres collègues pour savoir si nous faisons « graduer » nos clients ou non, c’est-à-dire si nous travaillons avec eux jusqu’à ce qu’ils n’aient plus besoin de nous et qu’ils puissent gérer leur gouvernance familiale sans nous.
Les points de vue divergent à ce sujet, mais amener les familles à devenir autonomes est certainement un objectif louable pour bon nombre d’entre nous.
Le spectre des praticiens
Nous reconnaissons tous que chaque famille est différente et qu’elle change aussi avec le temps. On peut en dire autant de ses conseillers.
À la conférence de la FFI à Londres l’automne dernier, je faisais partie d’un groupe de quatre collègues qui ont animé un atelier sur ce que nous avons baptisé le « spectre des praticiens », qui examinait cette question en détail.
Nous avons réparti les participants en 6 groupes, selon la façon dont ils voyaient habituellement leur travail auprès des familles clientes.
Nous avons couvert toute la gamme, du counseling et de la médiation au conseil et à la facilitation, puis au mentorat et au coaching.
Choisir le bon moment
Et comme les familles changent constamment, le moment choisi est un enjeu permanent. Ajoutez à cela le fait que le travail que nous faisons avec les familles se fait mieux quand il n’est pas urgent (à ne pas confondre avec sans importance!), et les gens qui travaillent avec des familles entrepreneuriales sont souvent frustrés par des retards qui échappent à leur contrôle.
Nous devons régulièrement disputer du temps à des gens très occupés à travailler dans leur entreprise, à éteindre les proverbiaux feux.
La sérendipité
Au bout du compte, l’arrimage entre une entreprise familiale et ses conseillers peut souvent se résumer à la sérendipité, qui est depuis longtemps l’un de mes concepts préférés.
Cela me rappelle un billet que j’ai écrit il y a quelques mois, Genetics, Luck, and Karma : Secrets to FamBiz Success parce que, parfois, on ne sait tout simplement pas pourquoi certaines choses fonctionnent.
Mais si vous jouez bien vos cartes et que vous reconnaissez qu’on récolte ce qu’on sème, vous vous en tirerez bien.
Cela me rappelle un autre de mes dictons préférés :
« Plus je travaille fort, plus j’ai de la chance. »
