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La dynamite du patrimoine familial : un bâton ou deux?

Il y a quelques semaines, dans La gouvernance familiale : un pas à la fois, j’ai mentionné que l’Institute for Family Governance et sa 3e conférence annuelle finiraient par m’inspirer au moins une poignée de futurs billets.

Nous voici donc avec le premier d’entre eux.

Il découle de la présentation de David York, qui participait à l’IFG pour la première fois. Je connaissais déjà le travail de York grâce à ses livres et à ses présentations passées au Rendez Vous annuel du Purposeful Planning Institute.

Je trouve que York est l’un des conférenciers les plus captivants du domaine du patrimoine familial, et vous pouvez le constater par vous-même en regardant l’une de ses conférences TED, « A new way to think about inheritance » (Une nouvelle façon de penser l’héritage).

Les hypothèses de la planification successorale

À l’IFG, il a parlé de certaines hypothèses importantes que les avocats spécialisés en planification successorale font habituellement et qui devraient être remises en question.

L’une des principales est que si transférer une partie du patrimoine à la génération suivante est une bonne chose, alors en transférer davantage est encore mieux.

Je trouve tout à fait compréhensible que la plupart des gens fassent cette hypothèse, parce que la plupart du temps, elle est logique.

Mais « la plupart du temps » n’est pas la même chose que « tout le temps », et c’était là le propos de York.

Une analogie explosive

L’analogie qu’il a utilisée pour l’expliquer m’a tellement interpellé qu’elle est devenue l’inspiration de ce billet.

York a affirmé que pour certains parents, léguer une énorme part de leur patrimoine à leurs enfants peut donner l’impression de leur remettre un bâton de dynamite allumé.

Et en raison de la prédominance de l’hypothèse selon laquelle « plus, c’est mieux », une fois que tous les spécialistes techniques ont fait leur travail pour maximiser la taille de la proverbiale tarte, au lieu de simplement remettre un bâton de dynamite allumé, ils peuvent s’attendre à en remettre deux à leurs enfants!

Les désirs des parents et les habitudes des professionnels

Une partie du problème vient du fait que la plupart des professionnels ont pris les mêmes habitudes de traiter leurs clients issus de familles fortunées de façon homogène.

Pour les familles qui se situent dans une certaine fourchette de patrimoine financier, disons dans les « sept chiffres », cela serait normalement suffisant.

Mais une fois rendu à « huit chiffres », et plus haut encore à neuf et dix, ces mêmes règles ne peuvent tout simplement pas s’appliquer de la même façon.

Ces craintes des parents au sujet de la dynamite sont réelles, mais cela ne les rend pas nécessairement faciles à aborder.

Voir la vidéo : Combien, c’est trop?

La dynamite du patrimoine familial : un bâton ou deux?

L’accent sur le patrimoine financier

Le véritable problème, c’est que tant de conseillers de la famille se concentrent uniquement sur son patrimoine financier. Il est facile à voir et à compter, et il est assez important. Mais ce n’est pas la seule chose qui compte pour la famille.

Parfois, les leaders de la famille ont l’intuition qu’ils devraient essayer de travailler sur certaines questions de dynamique familiale, mais leurs conseillers ne connaissent habituellement pas bien ces questions, et l’accent continue donc d’être mis sur la taille de la tarte.

L’une de mes façons préférées d’en parler est l’équation toute simple dont j’ai parlé il y a quelques années dans Votre PAL de planification de la continuité est-il en danger?

L’équation est la suivante :

Personnes + actifs = héritage

Si vous n’incluez aucune planification concernant les personnes et que vous déterminez seulement quoi faire avec les actifs, il vous manque quelque chose.

Bureau familial : problème ou solution?

J’ai commencé à écrire davantage sur les bureaux familiaux (family offices) ici, alors voyons comment les choses se présentent de leur point de vue.

Un bureau familial fait-il partie du problème ou de la solution? La réponse, bien sûr, est : « ça dépend ».

Si le bureau familial s’occupe surtout de gestion du patrimoine financier, il fait probablement partie du problème, puisqu’il sera axé sur la production de plus de bâtons de dynamite.

Si, toutefois, le bureau familial aide aussi la famille avec sa gouvernance, ses valeurs et sa vision, ainsi que l’alignement familial, il peut alors faire grandement partie de la solution.

Le capital humain

Tout cela revient à considérer ces héritiers sous l’angle de leur capital humain.

Comme York l’a souligné, la plupart des familles adoreraient que leur relève soit capable de très bien se débrouiller même si elle n’héritait pas d’un seul dollar de ses parents.

Et, a-t-il ajouté, ces mêmes parents adoreraient aussi avoir tellement confiance en leurs enfants qu’ils ne craindraient pas de tout leur laisser.

Y a-t-il quelqu’un dans votre cercle de conseillers qui vous aide avec ces questions?

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