Cette semaine, je veux vous parler du « modèle des 4 D », dont j’ai entendu David York parler à quelques reprises.
Si jamais vous pensez que le mot « modèle » est employé ici dans un sens positif, comme dans « un modèle à suivre » ou « un modèle à imiter », chassez immédiatement cette idée.
Et de plus, si vous pensez que je vais m’opposer aux idées de York, encore une fois, ce n’est pas ça non plus.
York a inventé l’expression « modèle des 4 D » pour décrire ce qui se fait depuis beaucoup trop longtemps, et nous sommes entièrement d’accord pour dire qu’il existe une meilleure façon de faire.
Contexte
J’ai rencontré David York pour la première fois à Denver il y a quelques années, lors du Rendez Vous annuel du Purposeful Planning Institute (PPI).
Les lecteurs réguliers savent que le PPI est l’un de mes organismes préférés entre tous et que le Rendez Vous, chaque année en juillet, est le seul rassemblement annuel que je ne manque jamais.
Personnellement, je vois York comme l’une des jeunes étoiles montantes de ce domaine et j’adore la façon dont il transmet son message important. Sa conférence TED en est un excellent exemple. Ses livres sont excellents aussi.
La planification successorale traditionnelle
York décrit depuis longtemps le « modèle des 4 D » traditionnel comme suit :
Déverser, Diviser, Différer et Dissiper.
Il sait aussi très bien que bon nombre de ses collègues avocats en planification successorale continuent de suivre ce modèle. Examinons les 4 D un par un.
DÉVERSER
C’est l’étape où les actifs des parents sont transférés à leurs enfants au décès, généralement après le décès du deuxième parent. On fait peu de choses pour transmettre le patrimoine du vivant des parents, parce que cela pourrait exiger une véritable réflexion.
DIVISER
Cela renvoie au fait qu’au décès, ces actifs seront automatiquement divisés à parts égales entre les enfants, peu importe les autres circonstances, comme les capacités, les besoins, etc.
DIFFÉRER
Différer, c’est surtout essayer d’éviter de payer de l’impôt jusqu’à ce que ce soit absolument nécessaire. Retarder tout transfert d’actifs fait donc aussi partie de cette stratégie, parce que si l’on ne peut pas éviter de payer l’impôt, le reporter le plus loin possible dans l’avenir est la meilleure solution de rechange.
DISSIPER
Le dernier D porte surtout sur les résultats, puisque le patrimoine de la famille se dissipe après l’application des trois premiers D.
Quand le patrimoine a été traité de cette façon, avec le patrimoine financier comme seule préoccupation, et sans qu’aucun effort n’ait jamais été fait pour faire participer ceux qui en hériteraient, il ne devrait pas être surprenant d’apprendre que, dans bien des cas, ce patrimoine financier sera géré par les héritiers d’une manière qu’on pourrait qualifier, au mieux, de sous-optimale.
Plus de sens, s’il vous plaît
Jusqu’ici, nous avons passé beaucoup de temps sur la façon de NE PAS faire le travail nécessaire pour transmettre le patrimoine d’une génération d’une famille à la suivante, et il est maintenant temps de voir quelques gestes positifs qu’une famille pourrait poser pour faire un meilleur travail.
Remarquez que j’ai dit « des gestes qu’une FAMILLE pourrait poser », parce qu’au bout du compte, c’est à la famille qu’il revient de faire ce qui est bon pour elle.
Malheureusement, la plupart des familles s’en remettent à des experts externes pour les aider dans ce travail important, et si une majorité de conseillers sont coincés dans les « vieilles façons de faire », il peut être très difficile pour les familles d’obtenir le genre d’aide dont elles ont vraiment besoin.
Faire participer plus de gens, à l’interne comme à l’externe
Si le modèle des quatre D a survécu aussi longtemps, c’est en grande partie parce qu’il est très efficace. C’est rapide et relativement facile.
Faire une planification réfléchie fait intervenir beaucoup plus de gens, alors cela prend naturellement plus de temps.
Le premier groupe de personnes supplémentaires, ce sont les autres membres de la famille. Comment peut-on faire des plans importants pour la génération suivante sans la faire participer?
Je ne le sais pas, mais c’est ainsi que la plupart des familles ont procédé.
Des conseillers multidisciplinaires
L’autre groupe de personnes supplémentaires qui doivent faire partie de la solution, ce sont les conseillers.
Tout bon plan devra intégrer l’apport de divers spécialistes externes. Idéalement, ils collaboreront pour le bien de la famille.
Mais surtout, la plupart d’entre eux ne devraient être appelés qu’après que la famille a répondu aux questions les plus importantes sur la façon dont elle veut que le patrimoine serve les générations suivantes de la famille, et non avant.
Le Rendez Vous 2019 proposera un atelier avec David York ainsi qu’un autre avec Steve Legler et Joshua Nacht. Nous espérons tous vous y voir.

