Il est normal de vouloir aider les gens dont on est proche, comme ses amis et les membres de sa famille.
Mais parfois, dans certains domaines, il est en fait possible d’être « trop proche », au point où cette proximité rend les choses plus difficiles.
C’est ce que nous examinerons aujourd’hui et, comme d’habitude, nous plongerons dans l’univers de l’entreprise familiale.
Chaque fois que des membres d’une famille doivent gérer des choses (une entreprise, des biens immobiliers, un patrimoine, etc.) ensemble, les choses peuvent se compliquer.
Parfois, on nous demande de l’aide
Il y a quelques semaines, j’étais sur un appel Zoom avec un collègue que j’avais rencontré à une certaine conférence au cours des deux dernières années. « Phil » me parlait d’un de ses amis qui vivait des difficultés avec certains membres de sa famille avec qui il était copropriétaire d’une entreprise.
Comme Phil était un ami et qu’il avait aussi rencontré les autres membres de la famille à l’occasion, il avait l’impression qu’il pourrait les aider à régler leurs problèmes. En fait, l’ami avait même demandé des conseils à Phil. Jusque-là, tout va bien.
Sauf que, de façon réaliste, ça ne peut pas vraiment aller plus loin.
Même si Phil aimerait aider son ami, il est en fait « trop proche » pour faire beaucoup plus que prêter une oreille compatissante pour le soutenir. S’il s’impliquait davantage, disons comme une sorte de médiateur, il entrerait assez rapidement en territoire inconfortable.
Parfois, on veut simplement aider
Environ une semaine plus tard, j’ai eu une discussion semblable avec « Molly », une autre collègue que j’ai appris à connaître à ces mêmes conférences.
Molly me demandait mon avis sur le fait d’être une ressource pour un de ses amis, qui était au départ une connaissance professionnelle, mais qui était devenu un ami avec le temps. Appelons-le son « ami avocat ».
Cet ami avocat avait parlé à Molly d’une situation dans laquelle il était impliqué avec certains membres de sa famille et, comme Molly connaît très bien le genre de problèmes auxquels les familles font souvent face, elle voulait lui offrir un peu d’aide.
Sauf que Molly a rapidement atteint la limite de ce avec quoi elle était à l’aise. Mis à part être une bonne amie et une oreille empathique, elle ne pouvait pas faire grand-chose de plus.
Même si l’ami avocat avait peut-être effectivement besoin d’une personne de l’extérieur pour l’aider à régler les choses avec les membres de sa famille, la meilleure personne pour ce rôle ne pouvait vraiment pas être Molly.
Et parfois, on est tout simplement toujours aux premières loges!
J’ai un ami d’enfance que j’appellerai Geoff, qui lit mes billets chaque semaine. Il ne fait pas partie d’une famille en affaires, mais c’est un gars intelligent et, comme moi, il a « fait un beau mariage », en ce sens que la famille de sa femme possède un certain niveau de richesse, ainsi que certaines complexités familiales qui rendent les choses intéressantes.
Geoff est « aux premières loges » pour observer bien des choses intéressantes qui se passent dans la famille de sa femme. Mais il n’est vraiment pas bien placé pour apporter un changement significatif à la situation familiale, autrement qu’en étant un « bon mari ».
Comme je le disais, Geoff est un homme intelligent; il sait qu’il vaut mieux ne pas s’aventurer sur ce terrain dans la famille de sa femme. Je salue sa retenue; je sais à quel point ça peut être difficile parfois.
Être une « ressource » plutôt que « celui qui aide »
Il y a un certain nombre de choses que ces personnes peuvent faire pour leurs amis et les membres de leur famille, et la première est d’essayer d’arrêter de penser à des façons de les « aider ».
Aider comporte une connotation de supériorité et d’infériorité, comme dans « pauvre toi, là en bas, permets-moi, d’ici en haut, de t’aider à te relever ». Ça peut sembler très condescendant et, dans la plupart des cas, ça n’aide pas vraiment.
Si elles peuvent plutôt adopter l’état d’esprit d’être une ressource pour cette personne, on se retrouve davantage sur un pied d’égalité.
Écouter, sans jugement, sans « résoudre »
Une bonne ressource est toujours aussi une excellente personne à l’écoute et, à ce titre, elle sait comment écouter sans juger. Ce n’est pas aussi facile qu’il y paraît, mais on peut apprendre à le faire, avec de la formation et de la pratique.
Soutenir quelqu’un sans se précipiter pour résoudre ses problèmes à sa place en vaut aussi la peine. Encore une fois, il faut de la pratique pour bien y arriver.
Une excellente ressource saura aussi mettre la personne en contact avec des professionnels neutres et qualifiés, comme des coachs, des facilitateurs et des médiateurs, au besoin.
Connaître ses limites est essentiel, et parfois, être trop proche nuit.
