De temps en temps, j’entends une expression qui me frappe en plein front, et je sais que je dois y réfléchir davantage et finir par écrire à son sujet ici. C’est ce qui s’est produit récemment pendant l’un des webinaires hebdomadaires du Purposeful Planning Institute (PPI) auxquels j’aime assister.
Et encore une fois, la citation que j’en ai retenue avait peu à voir avec le sujet principal de la séance.
J’ai décidé de faire de cette citation le titre de ce billet. Elle vient de Dwight Eisenhower, dont le mandat de président des États-Unis s’est terminé avant ma naissance, mais rien qu’à cause de cette citation, j’aime bien Ike!
Tant de contrastes, si peu de temps
Quand je pense aux différences entre les plans que nous faisons et le processus d’élaboration de ces plans, surtout lorsqu’il s’agit de mon sujet préféré (les familles en affaires), tellement de possibilités me viennent à l’esprit.
Je devrai probablement m’arrêter avant de toutes les couvrir, alors entrons tout de suite dans le vif du sujet.
Les lecteurs réguliers remarqueront peut-être que, dans ce billet, je vais répéter des choses que j’ai déjà dites bien des fois ici, et c’est habituellement une bonne chose.
Quelqu’un m’a récemment complimenté parce que ce que je lui avais dit de vive voix concordait avec ce qu’on trouve dans mon livre. Je me demande encore pourquoi il semblait trouver cela si exceptionnel.
Le « voyage » plutôt que la « destination »
Une façon de voir pourquoi le processus de planification est plus important que le résultat final, c’est la vieille idée selon laquelle « le voyage est plus important que la destination ».
Comme je l’ai écrit l’an dernier dans Il n’y a pas de destination , au fond, nous ne vivons que dans le présent, alors c’est littéralement un voyage du début à la fin.
En fait, trop de gens se trompent et se concentrent tellement sur l’achèvement du plan qu’ils croient qu’un plan terminé leur conférera une sorte de pouvoir magique.
Il ne faut pas sous-estimer la valeur de prendre le temps de travailler avec d’autres pour faire des plans, ni l’expérience commune que cela crée.
Processus ou contenu
Cela m’amène tout naturellement à la prochaine façon dont je veux aborder la question de la planification par opposition aux plans. Toute cette idée cadre parfaitement avec le contraste entre « processus et contenu ».
Le « plan », c’est le produit fini, le contenu ou le « livrable ».
Cela me fait penser à ce que produirait un consultant, ce qui évoque ensuite l’image d’un rapport qui reste ensuite sur une tablette, à ramasser la poussière, c’est-à-dire inutile.
Comparez cela avec ce à quoi participerait un consultant en processus, comme un facilitateur ou un coach . C’est tout le processus de travail avec un groupe de personnes qui, ensemble, cocréent ce plan.
Le plus souvent, le fait de travailler ensemble en équipe devient un résultat plus important que le plan lui-même.
Dépassé avant même d’être terminé
Une autre façon encore de comprendre pourquoi les plans eux-mêmes sont surestimés, c’est qu’ils sont souvent dépassés avant même que la version finale soit terminée.
Quand l’accent est mis sur l’achèvement d’un beau plan, il vient un moment où la planification elle-même doit prendre fin pour que le rapport final puisse être rédigé.
Mais une fois la planification arrêtée pour rédiger le rapport, la vie continue, et la version finale du rapport est peut-être déjà dépassée.
Peut-être aurait-il mieux valu simplement continuer la planification, pour rester au fait des changements en cours?
Actif ou passif
Ensuite, l’activité de planification est, de par sa nature, « active ». C’est quelque chose que les gens « font ». Un plan est quelque chose de stagnant et d’inanimé, c’est quelque chose qui a été « fait », et qui est maintenant passif.
J’aime la façon dont l’« activité » s’agence si bien avec le « voyage » et le « processus », et avec toute l’« expérience de cocréation ».
Le QUI
L’élément non dit que j’avais en tête doit maintenant être dit. Un plan peut très bien avoir été rédigé par une seule personne, peut-être un leader de la famille ou un consultant embauché.
Mon parti pris, comme je pense l’avoir bien fait comprendre dans La gouvernance familiale : des filaments aux DEL , c’est que bien peu de bon peut sortir des idées d’une seule personne et de son travail, si ce travail est censé être au profit d’un groupe de personnes.
Les personnes pour qui la planification est faite DOIVENT y participer si on s’attend à ce qu’elle fonctionne.
Alors, je vous en prie, continuez de planifier en équipe, et oubliez le plan final.
