Family business and legacy adviser

« Je ne peux pas entendre » ou « Je ne peux pas écouter »?

kid closing ears

La plupart de mes billets de blogue sont inspirés d’événements de la vie réelle qui m’amènent à réfléchir plus en profondeur à ce qui vient de se passer.

Ils deviennent ensuite une plateforme dont je me sers pour essayer d’en tirer des leçons (je l’espère) utiles pour les familles.

Quand je réussis aussi à y glisser un peu d’humour et des tournures de langage inattendues, je prends encore plus de plaisir à les écrire.

Bien sûr, j’espère toujours que les lecteurs en retirent quelque chose eux aussi!

Un exemple de problème de communication

L’incident « inspirant » de cette semaine provient d’un appel Zoom auquel j’ai récemment participé avec une personne d’un pays européen où l’anglais n’est pas la langue principale.

Nous essayions de démarrer l’appel, mais la personne à l’autre bout éprouvait des difficultés à cause d’un problème technique. Je l’entendais très bien, mais elle ne pouvait pas m’entendre.

Pour mettre les choses en contexte, c’était une personne à qui je n’avais jamais parlé auparavant, même si nous avions échangé quelques courriels pour fixer le moment de cet appel.

Sans entrer trop dans les détails, disons simplement que cette personne exerçait aussi un certain pouvoir sur moi à ce moment-là.

« I Cannot Listen to You » (je ne peux pas vous écouter)

Alors imaginez, si vous le voulez bien, ce que j’ai ressenti dans mes tripes quand les premiers mots que je l’ai entendue prononcer ont été : « I cannot listen to you » (je ne peux pas vous écouter).

Elle l’a ensuite répété à quelques reprises, apparemment de plus en plus fort chaque fois, comme cela arrive souvent quand des personnes de langues maternelles différentes essaient de communiquer.

Il m’a fallu quelques secondes, qui m’ont paru plus longues sur le moment, pour comprendre que ce qu’elle essayait de me dire, c’était que simplement, elle ne pouvait pas m’ENTENDRE.

Elle était bel et bien disposée à m’écouter, et c’était d’ailleurs le but principal de l’appel dans ce cas-ci, mais elle avait de la difficulté avec le premier élément essentiel pour y arriver, soit m’entendre.

La confusion n’a été ressentie que de mon côté et, heureusement, elle n’a pas duré longtemps. Juste assez longtemps pour que je rie (intérieurement) et que je note l’histoire pour un prochain blogue.

Les versions propres aux familles en affaires

Quiconque a déjà côtoyé des entreprises familiales et les familles en affaires qui les dirigent pourra instantanément raconter quelques anecdotes sur les différences entre entendre et écouter.

Les plus courantes mettent sans doute en scène quelqu’un que nous appellerons « papa », dont l’ouïe est très bonne, mais qui pratique ce que certains appelleraient « l’écoute sélective ».

Le côté frustrant de la chose peut parfois être simple, mais il se complique à mesure que cela devient une habitude. Laissez-moi développer.

Aigu ou chronique

Une situation occasionnelle où quelqu’un dit quelque chose, mais où le destinataire visé ne l’entend pas correctement, tomberait dans une catégorie que j’appellerai « aiguë » ou « ponctuelle ».

On pourrait y voir la version la plus simple de ma citation préférée sur la communication, gracieuseté de George Bernard Shaw :

« Le plus grand problème de la communication

est l’illusion qu’elle a eu lieu »

Une fois la situation reconnue, elle peut être corrigée, idéalement avant que trop de dommages aient été causés, et peut-être que les personnes concernées apprendront même quelque chose sur la façon d’éviter que cela se reproduise.

Toujours la même rengaine

Quand ces choses arrivent tout le temps, la situation serait mieux décrite comme « chronique » ou « habituelle »

Là, vous devenez vraiment frustré parce que la personne, apparemment, refuse tout simplement d’écouter.

Cela peut être difficile dans une entreprise familiale, surtout quand celui qui refuse d’écouter est le parent, et que ses descendants (c’est-à-dire les anciens « enfants », maintenant adultes) pensent encore qu’ils peuvent amener le parent à écouter.

Si ça n’a pas fonctionné depuis 10 ans, pourquoi est-ce que ça fonctionnerait maintenant?

Reconnaître ses limites

Il vaut généralement mieux reconnaître les limites de son pouvoir de persuasion avec ce genre de personnes et trouver des façons de faire avancer les choses sans s’attendre à ce qu’elles se mettent soudainement à écouter.

En fait, il y a des situations qui pourraient être pires, et nous allons maintenant boucler la boucle avec le début de ce billet.

Cela se produit peut-être davantage entre frères et sœurs qu’entre générations différentes, mais le « je ne peux pas vous écouter », au sens propre, est probablement le pire problème de communication qu’on puisse trouver dans une entreprise familiale.

À ce stade, la meilleure chose à faire est peut-être de trouver comment chacun peut suivre son propre chemin. Voir : FamBiz Conflict: In PIECES for the Sake of PEACE?

Même les grands amateurs d’entreprises familiales doivent reconnaître que rien ne dure éternellement.

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