Je viens d’assister à la 4e conférence annuelle de l’Institute for Family Governance (IFG) à New York et, encore une fois, ce fut une excellente expérience qui vaut la peine d’être racontée ici.
Comme j’avais aussi assisté aux trois précédentes, j’ai fait remarquer aux organisateurs que c’était à mon avis la meilleure à ce jour, parce qu’elle présentait le plus grand nombre d’exemples concrets de familles qui ont instauré une gouvernance au sein de leur famille.
En réfléchissant aux histoires que nous avons entendues de la bouche de ces familles et à leur sujet, j’ai aussi été frappé par le fait qu’elles sont toutes arrivées là où elles sont maintenant en y allant une étape à la fois, c’est-à-dire graduellement.
Bienvenue dans ce « tout nouveau monde »
La conférence annuelle de l’IFG est un excellent endroit pour découvrir ce qui est, pour beaucoup, un « tout nouveau monde », un monde où des familles multigénérationnelles ont fait les efforts considérables nécessaires pour créer des systèmes, des méthodes, des structures et des procédures afin que le patrimoine qu’elles ont créé continue de servir leur famille pendant des générations.
Au fil des ans, j’ai rencontré beaucoup de gens qui conseillent ce genre de familles, mais qui ne voient souvent qu’un seul aspect de la façon dont tout cela fonctionne pour leurs clients, c’est-à-dire la partie touchée par leur spécialité professionnelle (p. ex. le droit, la fiscalité, les fiducies, etc.)
Cette année, j’ai parlé de la conférence à une collègue que j’avais rencontrée récemment lors d’un atelier de formation en coaching et qui, après avoir appris que je me concentrais sur l’entreprise familiale, m’avait mentionné qu’elle travaillait à la première tentative de charte familiale de sa famille.
Je suis tellement content qu’elle y soit allée, parce qu’elle a pu voir ce « tout nouveau monde » dans lequel elle entrait maintenant avec sa famille, entourée de tout un groupe de gens déjà très à l’aise dans ce monde.
Chaque famille est unique, sa gouvernance aussi
Chaque histoire de famille que nous avons entendue était différente de toutes les autres, parce que chaque famille a sa propre histoire, sa composition, ses priorités et ses aspirations.
La beauté d’une telle conférence, c’est que nous avons pu entrevoir différents aspects de ce que certaines familles ont fait, et nous pouvons apprendre énormément des autres, même quand les circonstances sont très différentes de celles auxquelles nous faisons face.
Même si chaque famille est unique, elles avaient toutes certaines choses en commun.
Intention, engagement et aide extérieure
Nous avons entendu plusieurs professionnels qui travaillent avec des familles sur des questions de gouvernance raconter le processus et tout le travail acharné que les familles doivent fournir pour que la gouvernance fonctionne.
Nous avons aussi entendu plusieurs membres de ces familles, et il est devenu clair que ce travail exige beaucoup d’engagement de la part d’un grand nombre de personnes pour fonctionner.
Et quand les membres de la famille prenaient eux-mêmes la parole, ils faisaient habituellement l’éloge des professionnels de l’extérieur de la famille avec qui ils avaient travaillé, sans qui ils ne seraient pas allés aussi loin.
Une relève résiliente
Pendant la pause du dîner, les participants pouvaient choisir parmi des tables rondes, chacune animée par un ou deux facilitateurs choisis par les organisateurs.
J’ai coanimé la table sur « La communication et les bénéficiaires résilients » avec ma collègue Rebecca Meyer, de Relative Solutions. Certaines de nos discussions valent la peine d’être partagées, car nous avons reçu d’excellentes contributions de conseillers comme de membres de familles.
Laisser vos enfants faire leurs propres erreurs, et résister à l’envie d’aller régler les choses à leur place, a été un thème récurrent.
On a aussi beaucoup parlé de normaliser l’échec, en demandant à la génération dirigeante de raconter ses propres erreurs et les défis qu’elle a dû relever, que ses enfants ne connaissent pas toujours.
Beaucoup d’efforts, mais ça en vaut vraiment la peine
Au bout du compte, la gouvernance est surtout une affaire de communication, et les familles devraient chercher davantage d’occasions de se parler et de partager leurs expériences.
À mesure que le contrôle du patrimoine d’une famille passe d’une génération à l’autre, tous ses membres devront apprendre à travailler ensemble pour le bien de toute la famille.
Ça ne vient pas nécessairement naturellement à toutes les familles, alors commencer petit et apprendre ensemble est habituellement une bonne idée.
Toutes les familles mentionnées à la conférence y travaillent depuis au moins quelques années, et elles continuent toutes d’améliorer et de peaufiner ce qu’elles font ensemble, graduellement, mais sûrement.
Est-il temps pour votre famille de commencer?
