D’entrée de jeu, je me rends compte que mon titre cette semaine est un peu moins clair que d’habitude quant à mon sujet, alors merci d’être passé outre et de lire quand même.
Nous allons revenir à des notions de l’école primaire, puis nous passerons assez rapidement à des sujets plus avancés. Ce devrait être un parcours intéressant.
La conjugaison des verbes
J’ai fait mon primaire en français, contrairement à mes sœurs aînées qui ont fréquenté l’école anglaise. (On ne s’attendait pas à ce qu’elles reprennent l’entreprise de papa, alors que moi, oui; mais c’est un autre sujet pour un autre jour.)
En classe et dans nos devoirs, nous passions BEAUCOUP de temps à conjuguer chaque verbe que nous rencontrions, toujours dans le même ordre :
Je, tu, il; Nous, vous, ils.
Nous commencions par le singulier, première personne, deuxième personne, troisième personne; puis nous les reprenions au pluriel, première, deuxième, troisième personne.
Ainsi, pour « le verbe avoir », c’était : J’ai, tu as, il a, nous avons, vous avez, ils ont.
Pour « aimer », c’était J’aime, tu aimes, il aime, nous aimons, vous aimez, ils aiment.
Comparer les devoirs entre frères et sœurs
Mes sœurs étaient parfois curieuses de voir mes devoirs, puisque leur école anglaise ne semblait pas être obsédée par la conjugaison des verbes autant que mon école française.
Mais bien sûr, on ne sait jamais quand cela pourrait servir, disons 45 ans plus tard, en écrivant un blogue sur les familles en affaires.
Je n’avais jamais imaginé quoi que ce soit de tel dans mon avenir.
Ce que ce travail répétitif m’a apporté, c’est une compréhension de toute la notion de « première personne », c’est-à-dire moi, de « deuxième personne », c’est-à-dire vous, et de « troisième personne », c’est-à-dire il/elle, ainsi que des versions plurielles correspondantes : « nous », « vous » et « ils ».
Cultiver de meilleures relations interpersonnelles
Beaucoup plus récemment, après avoir suivi plus que ma part de formations en coaching, en facilitation, en médiation et en systèmes familiaux, certains thèmes communs ont émergé dans mon esprit.
L’un de ces thèmes est l’importance que nous devrions accorder à la façon dont nous adressons nos commentaires aux autres, de manière plus propice à des relations harmonieuses, par rapport à d’autres façons moins habiles qui peuvent produire des résultats moins qu’optimaux.
Vous l’avez deviné, réfléchir à tout cela en termes de « première personne », « deuxième personne » et « troisième personne » peut être utile.
Se sentir « accusé » provoque la réactivité
Je commencerai par un principe de base que la plupart d’entre nous peuvent confirmer par expérience personnelle.
Quand vous avez l’impression qu’on vous accuse de quelque chose, vous réagissez généralement d’une façon ou d’une autre, et dans bien des cas, cette réaction sera loin d’être amicale ou positive.
Nous ne le faisons pas nécessairement de façon réfléchie et consciente, ça arrive tout simplement, quand nos émotions sont déclenchées. J’ai abordé une partie de ce sujet il y a quelques années dans Your Response Is Your Responsibility.
Et quand avons-nous généralement l’impression qu’on nous accuse?
Je pense que lorsque quelqu’un commence par le mot « Vous » (ou « Tu »), c’est souvent une grande partie du problème.
Laisser tomber le « vous », utiliser le « je » et le « il » ou « elle »
Alors, à quel point serait-il difficile de perdre l’habitude d’utiliser le « vous »?
À mon avis, c’est quelque chose qu’on peut apprendre à faire, avec le temps et la pratique, comme d’autres habitudes de langage.
Je connais beaucoup de gens qui ont appris à remplacer « mais » par « et » dans bien des cas, avec des résultats positifs.
J’ai vu des suggestions selon lesquelles on peut parler de sa propre réaction aux choses pour atténuer le coup de l’accusation en « vous », par exemple : « Quand j’entends le mot _____, je me sens _____ », plutôt que « Quand vous dites ____, vous _____ ».
Mon exemple préféré de la version plurielle est l’utilisation de « vous autres » et son effet négatif sur Ross Perot pendant sa campagne présidentielle de 1992, lorsqu’il a répété sans cesse « Vous autres, vous devriez… » pendant un discours devant une salle remplie d’Afro-Américains. Ça n’a pas été bien reçu.
Et le il ou le elle?
Quant à l’utilisation de la troisième personne, elle convient naturellement aux situations où plus de personnes sont dans la pièce, et c’est quelque chose qu’un bon facilitateur ou médiateur ferait couramment.
Amener les gens à raconter l’histoire à la tierce personne, en présence de la personne concernée, peut vraiment permettre à cette dernière « d’entendre » l’histoire de façon à pouvoir y répondre, plutôt que d’y réagir.
Quoi qu’il en soit, le simple fait d’apprendre à laisser tomber le mode deuxième personne constituera une énorme amélioration.
Apprendre à formuler les choses à partir d’une « position du je » peut aussi aider, tout comme faire appel à une tierce partie neutre et formée.
