Communiquer et prendre des décisions ensemble
L’un des sujets auxquels je reviens le plus souvent ici est la gouvernance familiale.
Il y a quelques raisons à cela, notamment le fait qu’elle explique en grande partie pourquoi certaines familles ont réussi à transmettre leur patrimoine d’une génération à l’autre, ainsi que le fait qu’elle demeure un domaine plutôt mal compris par les familles qui n’en sont tout simplement pas encore là.
En repensant à la façon dont j’ai traité ce sujet par le passé, j’ai été content de retrouver ce billet de 2017, Old MacDonald Had Family Governance (E-I-E-I-O).
Les voyelles de cette chanson pour enfants correspondaient bien à certains adjectifs auxquels j’avais pensé en réfléchissant à la gouvernance familiale.
Ce qu’une famille doit FAIRE ensemble
Une si grande partie des discussions sur la gouvernance familiale porte sur les choses que la famille doit faire ensemble. En un sens, il s’agit de créer un « modus operandi » pour la famille.
Je dois lever mon chapeau à Walid Chiniara pour cette idée, puisque c’est son livre récent, Dynastic Planning, qui a semé il y a quelques semaines le germe de ce billet.
Bien sûr, il y a beaucoup de choses que toute famille doit apprendre à faire ensemble et qui deviennent le fondement de sa gouvernance.
De la communication et la prise de décision à la création de forums, en passant par l’apprentissage de la résolution de problèmes ensemble, il y a toujours plus à faire.
Méthode, protocole
Quand je suis allé sur Shutterstock pour chercher une image pour accompagner ce billet et que j’ai entré « modus operandi », j’ai obtenu quelques résultats avec ces mots exacts, mais aussi d’autres suggestions qui m’ont fait réfléchir.
Les deux qui m’ont frappé sont « méthode » et « protocole », qui pourraient être des notions à garder en tête pendant que votre famille (ou votre famille cliente) travaille à établir la façon dont elle fera les choses ensemble, en se préparant à ce que le patrimoine familial passe un jour à la génération suivante.
Mais bien sûr, le titre de ce billet promettait qu’il y a bien plus à la gouvernance familiale qu’un modus operandi, et c’est donc vers cela que je veux me tourner maintenant.
Et c’est là que l’inspiration tirée du livre de Chiniara prend vraiment tout son sens.
La façon dont une famille doit ÊTRE ensemble
J’ai l’impression d’avoir souvent parcouru ce territoire, mais c’est si important que ça vaut quand même la peine de le répéter.
Ce « territoire », c’est la distinction entre « faire » et « être ».
C’est aussi simple que la différence entre demander à un enfant « qu’est-ce que tu veux être quand tu seras grand? » plutôt que « qu’est-ce que tu veux faire? ».
Et oui, je me rends bien compte que les deux sont étroitement liés, alors pour bien des gens, c’est peut-être une distinction sans grande différence.
Mais dans le domaine de la gouvernance familiale, la façon dont une famille apprend à être ensemble est toujours quelque chose qui vaut la peine d’être travaillé.
La gouvernance familiale informelle
Une si grande part de ce qui finit par orienter la gouvernance d’une famille est en réalité très informelle, surtout quand une famille est encore en train de démêler tout ça.
Avant que les « protocoles » et les « méthodes » ne soient vraiment officialisés, la plupart des familles naviguent plus ou moins à vue pendant un certain temps, et c’est parfaitement correct dans les premières étapes.
Et alors que la partie formelle devient un « modus operandi », la partie informelle est bien davantage un « modus vivendi ». (Merci, Walid)
Vivendi se traduit par « de vivre », et il s’agit de la façon dont les membres de la famille apprennent à vivre ensemble et à être ensemble en travaillant sur leur gouvernance.
Bien sûr, quand vous cherchez « modus vivendi » sur Google, les premiers résultats vous dirigent vers une marque de sous-vêtements qui porte ce nom; j’imagine que c’est un nom plutôt astucieux pour cette couche intime de vêtements.
Pratiquer, pratiquer, pratiquer
Pour reprendre la chute de la blague « Comment se rend-on à Carnegie Hall? », la réponse ici est aussi « Pratiquer, pratiquer, pratiquer ».
Les membres de la famille dont on attendra qu’ils travaillent ensemble pour prendre des décisions pour le bien de la famille à l’avenir doivent s’exercer à travailler ensemble et à prendre des décisions ensemble avant d’être plongés dans des situations vraiment importantes.
Plus la piste d’élan est longue, mieux c’est. Que les aînés se tiennent à l’écart et observent comment leurs enfants agissent et se comportent réellement lorsqu’ils planifient et réalisent ensemble des événements et des idées.
Le modus vivendi qu’ils créent ensemble deviendra le fondement nécessaire pour soutenir la transition du patrimoine que vous visez.
