Le vert et le jaune, ça va; le rouge? Attention!
Ayant récemment agi comme conseiller et médiateur auprès de certaines familles où les relations pouvaient difficilement être qualifiées d’harmonieuses, je veux parler cette semaine de l’importance d’essayer de garder ces situations sous contrôle, et de ne pas les laisser déborder.
J’ai déjà écrit sur certains aspects de cette question, alors il y aura quelques liens vers des billets précédents en cours de route.
En 2017, avec Yellow Light Family – Proceed with Caution (Famille au feu jaune : avancez avec prudence), nous avons examiné « l’axe de la dynamique familiale » d’un modèle qui place les familles dans une zone particulière selon les feux de circulation, auxquels la plupart des gens peuvent facilement s’identifier.
Les familles au feu vert sont formidables à accompagner; quand le feu passe au jaune, il y a quelques défis de plus que bien des conseillers ayant une certaine expérience peuvent souvent aider les familles à surmonter, mais quand le feu passe au rouge, tout peut arriver et bien des conseillers préfèrent prendre la poudre d’escampette.
Embrasser pour de vrai sa proverbiale sœur
Quelques années plus tard, dans Kissing your Sister – Playing for a Tie in FamBiz, (Embrasser sa sœur : jouer pour la nulle en entreprise familiale), j’ai partagé cette citation tirée d’une diapositive que j’avais vue lors d’une présentation sur la gouvernance familiale :
Un précepte général de l’entreprise familiale :
Dans une famille, si vous jouez pour gagner, vous perdez;
Dans une famille, si vous jouez pour perdre, vous perdez;
Dans une famille, si vous jouez pour l’égalité, vous gagnez
Richard Goldwater, M.D.; Boston (Massachusetts)
J’ai trouvé cela si parfaitement approprié à la plupart des situations d’entreprise familiale que je devais tout simplement le partager.
Il y a quelques semaines, j’ai écrit Getting Legal Advice for your FamBiz vs. Lawyering Up (Obtenir des conseils juridiques pour votre entreprise familiale ou sortir l’artillerie juridique). Dans ce billet, j’ai partagé des leçons tirées d’un mandat récent que j’étais en train de mener, où je voyais mon rôle et mon objectif comme étant d’empêcher les frères et sœurs d’intenter toute poursuite judiciaire les uns contre les autres.
Pour ce que ça vaut, jusqu’à maintenant, j’ai réussi. Mais les choses semblent encore plus « conflictuelles » que je le souhaiterais.
Laisser retomber la pression
Pour une raison ou une autre, le mot « adversarial » (conflictuel) m’est venu à l’esprit récemment pendant que je réfléchissais à la façon d’aborder ce billet.
Comme je le fais parfois, voyons ce qui ressort quand je cherche le mot dans Google :
« impliquant des personnes qui s’opposent ou sont en désaccord les unes avec les autres »
Hum, je ne pensais vraiment qu’à la partie « s’opposer », et pas à l’aspect plus simple du « désaccord ».
Quand des gens travaillent ensemble, des désaccords surviennent souvent, c’est tout à fait naturel, et nous devons apprendre à pouvoir les surmonter.
Une expression à ce sujet que j’adore consiste à apprendre à « être en désaccord sans être désagréable », et c’est quelque chose qu’on me demande souvent de faire quand je travaille avec des membres d’une famille.
Quand des points de vue opposés créent des adversaires
Les situations qui suscitent davantage de points de vue opposés tournent souvent autour d’un jeu à somme nulle, où tout ce qu’une personne gagne se fait aux dépens de quelqu’un d’autre.
Les familles au feu vert mentionnées plus haut ont habituellement des entreprises où les choses vont déjà bien et où l’on s’attend à ce qu’elles continuent ainsi, et même s’améliorent.
Quand on fait une plus grosse tarte, au sens figuré, la bataille pour savoir qui obtient quelle pointe passe au second plan.
Chaque fois qu’une famille limite sa vision à ce qui existe déjà, et qu’il n’y a aucun plan pour augmenter ce qui est disponible à partager entre tous, les risques que des adversaires prennent parti augmentent.
Pouvez-vous trouver des façons d’élargir l’enjeu au-delà de ce que tout le monde voit déjà? Il faut parfois élargir ce que vous cherchez à accomplir et plutôt considérer certains éléments immatériels.
Bien des formes de patrimoine et de capital
Cela nous amène à certains de mes autres sujets préférés : examiner ce que sont réellement le patrimoine et le capital.
Trop de familles, et leurs conseillers professionnels, semblent croire que le patrimoine financier est de loin la considération la plus importante pour chaque famille.
Bien que le patrimoine financier ne soit certainement pas à négliger, les familles qui travaillent aussi sur leur capital social et leur capital humain ont en fait de meilleures chances de réussir avec toutes les formes de capital.
Plus tôt dans ma carrière, je gérais un patrimoine financier au quotidien, un œil sur mon écran d’ordinateur et l’autre sur CNBC. (Non, cette époque ne me manque pas.)
Un gourou des marchés, dont j’ai oublié le nom, parlait des deux types de capital : financier et émotionnel. Il rappelait à ses adeptes de ne pas trop dépenser leur capital émotionnel, parce que c’est une ressource limitée.
Les familles qui se disputent pour de l’argent finissent par gaspiller beaucoup de temps et d’énergie à gérer des situations négatives, jusqu’à l’épuisement ou à l’effondrement. Ce n’est tout simplement pas sain.
Ont-ils toujours été des adversaires?
Si des membres de la famille sont actuellement des adversaires, j’aime leur demander s’ils ont toujours été ainsi, ou s’il y a eu un moment dans leur vie où ils coopéraient davantage et travaillaient vers des objectifs communs.
Qu’est-ce qui a changé? Peuvent-ils revenir en arrière?
Enterrer la hache de guerre peut faire du bien à l’âme. Je l’encourage.
