C’est plus qu’une simple différence de sens
Parfois, le vocabulaire qu’on utilise peut faire une grande différence dans la façon dont notre message est reçu, et je fais partie de ces gens qui portent attention à ce genre de détails.
J’espère pouvoir éclairer ici, cette semaine, quelques éléments que les lecteurs trouveront utiles, en examinant une distinction en particulier que j’ai rencontrée à plusieurs reprises récemment.
Bien sûr, on pourrait soutenir que changer un mot ou deux ici et là ne devrait pas changer grand-chose, mais permettez-moi d’être en désaccord.
Je pense que si on passe suffisamment de temps à renforcer certains messages de façon répétée sur une longue période, ça peut faire une énorme différence.
Commençons, pour que je puisse vous montrer ce que je veux dire.
Tout n’est pas un problème… pas encore!
D’abord, je veux reconnaître que la plupart des gens ne portent pas autant attention à ces choses que moi, et que c’est probablement moi qui suis l’anormal.
Quand il est question d’enjeux et de problèmes, certaines personnes utilisent les deux termes de façon interchangeable dans bien des situations, et ce n’est généralement pas grave.
Mais quand on travaille avec des membres d’une famille qui possèdent et dirigent une entreprise ensemble, parfois les petites choses peuvent nous faire trébucher et finir par devenir de grandes choses.
Alors pour moi, un enjeu est une situation qui, selon moi, exige de l’attention, maintenant ou bientôt, pour que nous puissions prendre les devants à mesure que les choses évoluent, dans l’espoir de pouvoir faire des ajustements avant que les choses tournent au problème.
Je donnerai quelques exemples liés à l’entreprise familiale un peu plus loin, mais pour l’instant, il y a deux ou trois autres nuances que je veux aborder.
À qui appartient ce problème, au fond?
Il y a beaucoup de situations qui sont clairement un problème pour une personne, alors que pour quelqu’un d’autre, même au sein de la même famille, cette même situation peut ne même pas être perçue comme une préoccupation mineure.
Ça peut être crucial, parce que lorsqu’une personne dans une famille souffre d’un problème, parfois son meilleur espoir d’obtenir du soutien ne vient que lorsque les autres reconnaissent que le problème exige de l’attention.
Bien sûr, dans une entreprise familiale, parfois le problème d’une personne est directement causé par un autre membre de la famille, mais c’est une tout autre question pour un autre billet de blogue.
Je veux simplement souligner que parfois, un problème n’existe que pour certains, et non pour tous, et que cela peut rendre les choses plus faciles ou plus difficiles à surmonter, selon les détails particuliers.
Repérer les enjeux à l’avance
Quand il s’agit de pouvoir repérer les enjeux avant qu’ils deviennent des problèmes, il est généralement plus facile pour une personne de l’extérieur, qui ne fait pas partie de la famille, de remarquer les choses qui pourraient finir par mal tourner.
Une personne qui a travaillé avec d’autres familles en affaires a peut-être vu des situations et des schémas analogues qui lui donnent l’avantage d’une certaine expérience pour prévoir où les choses pourraient finir par faire trébucher une autre famille.
J’ai travaillé avec des gens précisément pour les aider à « voir au-delà du prochain virage », afin de pouvoir les aider à éviter de commettre certaines erreurs prévisibles.
J’ai travaillé avec d’autres où je devais constamment mettre en garde différents membres de la famille contre le fait de dire certaines choses aux autres, parce que je savais qu’elles seraient mal reçues.
Parfois, je secouais la tête en me demandant pourquoi ils ne voyaient pas ces choses eux-mêmes, puis je me rendais compte que c’était justement pour ça qu’ils m’avaient engagé!
Servir ceux qui vous engagent
Parlant de m’engager, parfois, lors d’une rencontre préliminaire avec une famille, on apprend l’existence de situations dont on peut déjà prédire qu’elles deviendront des problèmes à l’avenir, mais que la famille ne reconnaît même pas comme un enjeu auquel elle devrait réfléchir.
Mais si elle finit par choisir de ne pas travailler avec moi, eh bien, que suis-je censé faire? Je sers les personnes qui m’engagent et me paient, et ce n’est pas tout le monde qui le fait.
L’une de ces familles a modifié ses pourcentages de propriété par branche pour favoriser le frère ou la sœur qui dirigeait les opérations, puis quelques années plus tard, cette personne a annoncé ses projets de retraite.
On dirait que cet enjeu pourrait vite devenir un problème.
Surveillez votre langage!
Le dernier point que je veux partager, c’est que parfois, qualifier quelque chose de problème empire les choses.
Par exemple, c’est beaucoup plus doux pour moi de dire « j’ai un enjeu avec telle ou telle chose » que de dire « j’ai un problème avec ça ».
Et dans les situations familiales, la douceur fonctionne presque toujours mieux.
