Un autre obstacle sur la voie de la prise de décision démocratique
À mesure que je rencontre de plus en plus de familles en affaires et que je travaille avec elles, je vois des enjeux semblables surgir dans bien des endroits différents.
Chaque situation familiale est différente, bien sûr, mais quand on a le privilège de travailler avec un grand nombre d’entre elles, il est toujours avantageux d’utiliser des idées recueillies auprès d’une famille au service d’une autre.
Bien des entreprises familiales se portent bien sous la direction de leur seul et unique fondateur, pour ensuite traverser une zone de turbulences une fois que la génération suivante prend la relève.
En racontant ce genre d’histoires aux familles et à d’autres personnes qui s’intéressent au sujet, j’ai commencé à développer certaines façons de communiquer ce que j’observe, et je suis toujours heureux de travailler sur la façon de formuler ces pépites de sagesse ici, dans ce blogue.
D’un régime autocratique à un régime démocratique
Même si je sais que les entreprises dirigées par leur fondateur ne sont pas toutes gouvernées par des leaders autocratiques, beaucoup le sont, du moins à leurs débuts.
Même lorsque ces entreprises passent du « spectacle solo » à une équipe comptant beaucoup plus de leaders au fil de leur croissance, il y a encore habituellement une hiérarchie assez claire, soit énoncée expressément, soit à tout le moins généralement tenue pour acquise par tout le monde, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise.
Lorsqu’une entreprise familiale passe de la première génération (G1) à la suivante (G2, G3…), cette hiérarchie peut devenir plus floue et donc beaucoup moins claire.
Des titres comme chef de la direction et président aident souvent à garder les choses assez claires pour les gens de l’extérieur de l’entreprise, ce qui dissipe une bonne partie de la confusion possible.
À l’intérieur, toutefois, où il y a souvent plusieurs propriétaires de l’entreprise, dont beaucoup appartiennent à la même génération de membres d’une même famille (frères et sœurs, cousins et cousines), une hiérarchie tenue pour acquise devient souvent un problème.
Très souvent, lorsque plus d’une personne possède une entreprise, on s’attend à une gouvernance plus démocratique.
Transformer un problème en solution
Cette question a fait trébucher sa part d’entreprises familiales et continuera probablement de le faire.
Alors, comment une entreprise familiale peut-elle surmonter ce défi? C’est en fait assez simple, mais permettez-moi de vous rappeler que ce n’est pas parce qu’une chose est simple à expliquer qu’elle est nécessairement facile à faire.
Je lis actuellement un livre sur la philosophie de coaching de John Wooden, l’entraîneur de basketball universitaire le plus titré de l’histoire de ce sport. Voici une citation marquante de l’entraîneur Wooden qui pourrait être utile :
« Je tiens davantage à
trouver la meilleure façon
qu’à faire les choses à ma façon »
La clé pour que cela fonctionne vraiment, c’est que tout le monde adopte cette attitude et ne tienne pas absolument à ce que les choses se fassent à sa façon.
La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas à renoncer pour toujours à faire les choses à votre façon; vous devez seulement apprendre à le faire de temps en temps.
Une fois que vous apprenez que d’autres personnes ont aussi des idées valables et précieuses qui peuvent être tout aussi bonnes que les vôtres, et souvent même meilleures, il devient plus facile avec le temps de lâcher prise sur le besoin que les choses se fassent toujours à votre façon.
Assurez-vous de faire CE QUI est juste
Comme je l’ai entendu dire par une personne sage dont je ne me rappelle plus le nom, « CE QUI est juste est plus important que QUI a raison ».
Cela fait ressortir l’importance d’apprendre à prendre des décisions ensemble, en groupe, ce qui ne vient pas toujours naturellement à certains.
Le meilleur conseil que je puisse donner à toute famille qui veut travailler là-dessus, c’est : « Pratiquez, pratiquez, pratiquez ».
Et ensuite, pratiquez encore.
Quand une famille fait appel à moi pour travailler avec sa relève, la première chose que je cherche, c’est une occasion pour les jeunes de travailler sur des choses où ils devront prendre des décisions ensemble, afin qu’ils puissent commencer à cultiver cette capacité essentielle.
Peu importe à qui revient le mérite
Ils découvrent généralement que, tous ensemble, ils sont beaucoup plus intelligents que n’importe lequel d’entre eux seul.
Comme me l’a rappelé récemment un collègue perspicace : « C’est étonnant tout ce qu’on peut accomplir quand on cesse de se soucier de savoir à qui reviendra le mérite. »
Encore une fois, cependant, même si cela semble simple, c’est rarement facile.
C’est faisable, toutefois, et ceux qui essaient sont souvent surpris de constater qu’une fois qu’on a commencé et qu’on voit certains succès, cela devient plus facile avec le temps et la pratique.
Cela ne se fait pas tout seul et demande beaucoup d’intention.
Mais tout cela ne fait-il pas partie d’un bon leadership?
