Family business and legacy adviser

Des conventions qui prennent la poussière : la mauvaise et la bonne version

Un mal nécessaire qu’il vaut la peine de bien faire

Quand on travaille avec des familles entrepreneuriales, il y a beaucoup en jeu, parce qu’on essaie de préserver le patrimoine de la famille tout en se souciant de la qualité de leurs relations.

Ce travail implique toujours certaines conventions qui sont mises par écrit puis signées par les parties, censément pour s’assurer que tous les scénarios possibles ont été réfléchis, compris et acceptés.

La préparation de ces conventions est confiée à des avocats bien formés et bien payés spécialisés dans ces questions, alors tout devrait bien se passer la plupart du temps, n’est-ce pas?

Si seulement c’était aussi simple.


La gouvernance formelle est TRÈS importante

J’écris beaucoup sur la gouvernance familiale, mais rarement sur les conventions écrites formelles que les familles entrepreneuriales mettent généralement en place pour encadrer toutes les questions juridiques entourant à la fois leur entreprise ou leur patrimoine et sa propriété.

La gouvernance sur laquelle je travaille habituellement avec les familles touche leurs relations familiales, et elle est donc généralement beaucoup plus informelle.

Bien sûr, ces trois cercles sont interreliés, et la façon dont ils sont gouvernés ne peut donc pas être examinée de façon indépendante, mais plutôt de façon interdépendante.


La gouvernance ne se limite pas aux conventions écrites

Même si ma spécialité est la gouvernance de la famille, je participe, lorsque c’est approprié, à la façon dont les conventions écrites concernant l’entreprise et sa propriété sont préparées et signées par les membres de la famille.

Mon rôle, et mon objectif, est de m’assurer que les membres de la famille concernés comprennent pleinement ce qu’ils signent, afin qu’ils sachent à quoi ils s’engagent.

Ces conventions sont nécessaires, alors il est logique d’essayer de bien les faire, de peur qu’elles soient déficientes au moment où on en aura réellement besoin à l’avenir.

Idéalement, les relations entre les parties seront si positives qu’elles n’auront jamais besoin de s’appuyer sur ces documents, qui pourront simplement prendre la poussière.

Et ce serait une bonne chose, à mon avis.


Voulez-vous qu’elles ne fassent que prendre la poussière?

Ce sujet est revenu récemment alors que je travaillais avec une famille; le patriarche a mentionné qu’il ne voulait pas d’une convention qui ne ferait que prendre la poussière.

Il abordait la question sous l’autre angle, et de ce point de vue, je pouvais comprendre où il voulait en venir.

Cela m’a donné l’occasion de clarifier cette question avec eux tous (en plus de me donner un autre sujet de billet).

En bref, les conventions qui prennent la poussière ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi; elles sont bonnes ou mauvaises selon le contexte de ce pour quoi elles ont été conçues, et selon que les circonstances obligent ou non un jour les membres de la famille à les dépoussiérer.


Prendre la poussière : la MAUVAISE version

Certains avocats font remarquer que la majorité des conventions qu’ils rédigent ne sont même jamais signées, parce que les parties n’arrivent jamais vraiment à s’entendre sur toutes les modalités.

Alors, quand une version non signée traîne pendant un certain temps, les chances augmentent qu’elle continue simplement de prendre la poussière, parce que plus le temps passe, moins il est probable que les parties finissent par s’entendre.

Peut-être faudrait-il considérer ces conventions comme un travail en cours et consacrer un peu de temps à trouver des façons de les modifier pour que les parties s’entendent et signent… mais c’est beaucoup de travail!


Prendre la poussière : la BONNE version

En revanche, comme je l’ai expliqué au patriarche de la famille dont j’ai parlé, je crois fermement que l’objectif devrait en fait être d’avoir en place des conventions qui ne font rien d’autre que prendre la poussière.

Quelle est la principale différence dans ma version?

L’un de mes mots préférés, qui fait partie de mon vocabulaire depuis que j’ai commencé à travailler dans ce domaine, est « cocréation ».

La meilleure gouvernance familiale est celle qui est cocréée, point final.

Mais qu’en est-il quand on parle de documents rédigés par les avocats mentionnés plus haut?

Eh bien, ce sont eux qui les ont rédigés, mais ils les ont rédigés pour vous, la famille.


Vous les approprier

Vous devez donc tous « vous les approprier », ce qui veut dire que les membres de la famille ont du travail à faire pour lire et comprendre ce qui est écrit et pour s’entendre ensemble sur la façon dont ils utiliseront ces documents.

Vous voulez en fait qu’ils prennent la poussière et qu’on n’en ait jamais besoin, alors vous devez déterminer comment vous allez travailler ensemble, dans le but de ne jamais avoir à dépoussiérer ce que vous avez payé ces avocats pour rédiger.

Cela demande du temps et des efforts, et souvent un peu d’aide externe, et tout cela en vaut largement la peine au bout du compte.

Vive la poussière.

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