Des mots très importants à comprendre pour les familles
Cette semaine, je vais aborder des thèmes qui sembleront assez familiers aux lecteurs réguliers, mais en combinant certains éléments de façons nouvelles.
Je prends souvent le temps de réfléchir aux mots précis que nous utilisons quand nous parlons d’idées liées au travail avec les familles, et il en sera aussi un peu question.
Et bien sûr, la genèse de l’idée de ce blogue fera aussi partie du décor, parce que cette semaine, elle vient de personnes que je considère à la fois comme des amis et des mentors.
Que le spectacle commence.
Enseigner la gouvernance familiale aux conseillers
Je suis fièrement membre du corps enseignant du Family Firm Institute depuis quelques années, où l’on m’a fait venir comme l’un des formateurs du cours sur la gouvernance familiale. C’est un sujet qui me tient à cœur et qui fait depuis longtemps l’objet de mes écrits ici.
Quand je me suis joint au corps enseignant, il y avait déjà des gens formidables qui donnaient les nombreux cours faisant partie du programme Global Education Network (GEN) de FFI.
Parmi eux se trouvent Kirby Rosplock et Dennis Jaffe, qui ont tous deux été mes professeurs quand j’étais étudiant, et dont l’expérience dans le domaine dépasse de loin la mienne.
Ça a vraiment été un honneur qui rend humble de travailler avec eux, surtout lorsqu’on nous a récemment confié la tâche de mettre à jour le matériel du cours.
C’est au cours de l’une de ces réunions que la phrase du titre de ce billet a été prononcée, puis répétée.
C’est là que j’ai su qu’elle deviendrait un billet de blogue.
Un vocabulaire en évolution et le choix des bons mots
Les membres de FFI sont surtout des conseillers qui travaillent avec des familles entrepreneuriales, et ils s’inscrivent au programme GEN pour apprendre des autres; utiliser la bonne terminologie fait donc partie du jeu.
Personnellement, j’ai essayé d’éviter d’utiliser le terme « relève » (succession), au profit de « continuité », mais la plupart des gens utilisent encore « succession », surtout avec la popularité de la série télévisée Succession ces temps-ci.
Alors quand Kirby a lancé « La relève sans gouvernance, c’est le chaos », qui étais-je pour contester ses paroles?
Et puis, plus tard, quand Dennis a repris ses paroles mot pour mot, ça y était, j’avais ma citation clé.
Elle résume vraiment beaucoup de choses, surtout en seulement cinq mots.
Alors, qu’entend-on par gouvernance?
Je sais depuis longtemps que le terme « gouvernance », surtout lorsqu’il est associé à une famille, peut susciter des soupirs, du scepticisme et une « réaction allergique » générale chez bien des gens, sinon la plupart.
J’essaie normalement d’adoucir les choses en ajoutant que la gouvernance familiale se résume essentiellement à 3 questions :
- Comment allons-nous prendre des décisions ensemble?
- Comment allons-nous communiquer?
- Comment allons-nous résoudre les problèmes ensemble?
J’en parle encore, mais aujourd’hui je veux leur donner un peu plus de substance, parce qu’elles semblent juste un peu trop simples et théoriques quand on y regarde de près.
Ces questions sur le « comment » mènent à un besoin de clarifications supplémentaires, autour d’autres questions qui commencent par « qui », « quand » et « où » et qui se perdent généralement dans le brouhaha jusqu’au moment de mettre en œuvre la gouvernance.
Et le chaos, comment l’éviter?
L’idée que le « chaos » découle du fait d’ignorer la gouvernance à l’approche d’une relève intergénérationnelle en est une dont certains pourraient douter.
Eh bien, si vous voulez tenter le sort, « restez dans le coin et vous verrez bien », pour reprendre un mème récent (une version plus polie de FAFO : voir Urban Dictionary).
Les questions de base posées ci-dessus ne se répondront pas d’elles-mêmes, et il vaut mieux en discuter :
- bien avant que des enjeux surviennent,
- dans un climat aussi collégial que possible, et
- avec autant de membres des deux générations que vous pouvez en faire participer
Des réunions régulières et récurrentes pour discuter et s’entendre
Le secret, s’il y en a un, est de commencer à tenir une série de réunions régulières où, lentement mais sûrement, vous commencez à apprendre à travailler ensemble pour trouver les réponses à ces questions.
Vous ne pouvez pas être pressés de finir, parce que vous ne finirez jamais. Vous jouez à un jeu infini : tout est dans le parcours, sans destination.
Ça peut être difficile à saisir pour bien des gens, mais il est nécessaire de développer cette attitude, et elle peut être contagieuse.
Il n’y aura probablement pas une seule réunion mémorable, simplement de nombreuses petites décisions, prises ensemble, au fil du temps, qui permettront à votre famille de réussir sa relève, sans le chaos.
Parce que la relève sans gouvernance, c’est bel et bien le chaos.
