Les trois règles ne sont-elles pas « communiquer, communiquer, communiquer »?
Cette semaine, je veux aborder l’une des vaches sacrées du milieu de l’entreprise familiale, soit l’insistance constante sur le fait qu’améliorer la communication est LA première étape sur laquelle les familles doivent travailler.
Les lecteurs réguliers savent que je reconnais pleinement que la plupart des entreprises familiales sont assez complexes, et que la façon dont leurs membres communiquent entre eux peut donc presque toujours être améliorée, au bénéfice de tous.
Cela demeure vrai, et le restera presque certainement tant que des familles choisiront de travailler ensemble ou de partager la propriété d’actifs en tant que groupe.
Je n’ai donc pas l’intention de jeter la communication « sous l’autobus », mais je veux mettre en lumière la façon dont certaines personnes traitent le sujet tout en ignorant un aspect beaucoup moins populaire de ce qu’il faut pour que les relations soient à leur meilleur.
Alors, qu’est-ce qui est sous-estimé?
Avant d’en venir à l’élément sous-estimé, je dois saluer et lever mon chapeau à l’homme qui a mis ce sujet sur mon radar il y a quelques mois.
J’ai découvert le Vermont Center for Family Studies il y a près de dix ans, alors que j’essayais de comprendre pourquoi les gens qui travaillent avec des familles en affaires devraient se donner la peine d’apprendre la théorie des systèmes familiaux de Bowen (BFST).
À l’époque, le directeur du VCFS, Erik Thompson, était justement en train de lancer un programme de formation pour les personnes curieuses de la BFST, alors j’ai sauté sur l’occasion de plonger dans la piscine de Bowen.
J’ai vite découvert que cette piscine n’a pas de partie peu profonde, ce qui est sans doute une bonne chose, puisque j’y ai bel et bien plongé.
Vous pensez donc peut-être que comprendre les systèmes familiaux est sous-estimé par rapport à la communication, et je suppose que vous auriez en partie raison, mais c’est beaucoup plus profond que là où je veux aller.
Améliorer les relations
Les familles qui continuent de travailler ensemble d’une génération à l’autre doivent constamment travailler sur leurs relations, parce que ces relations sont essentielles pour pouvoir continuer de prendre des décisions ensemble au bénéfice du groupe familial.
Une bonne communication contribuera bien sûr à de telles relations, mais il y a beaucoup plus que simplement communiquer davantage et plus clairement.
Thompson organise maintenant des événements en ligne gratuits et réguliers sur Zoom, où il partage des idées tirées de sa formation en BFST qu’il utilise maintenant avec ses clients en coaching de leadership.
C’est lors de l’un de ces appels récents qu’il a prononcé les mots magiques qui ont inspiré ce billet :
« La communication est surestimée. L’autorégulation est sous-estimée! »
Bon, tout lecteur régulier se doutera qu’à ce moment-là, j’ai noté ces mots avec un immense sourire, sachant que je venais de me trouver un sujet de billet.
Toute communication compte deux parties
Chaque fois qu’il y a communication, il y a (au moins) deux parties : celle qui tente de transmettre le message, et une autre, qui en est la destinataire.
À votre avis, de quel côté l’autorégulation entre-t-elle en jeu?
J’avoue que c’est un peu une question piège.
Votre premier réflexe pourrait être de penser au destinataire de la communication, et à l’importance de ne pas réagir de façon excessive à ce qui a été dit (ou écrit). Et c’est tout à fait logique.
Mais, et c’est là que Thompson voulait en venir, trop souvent, ce sont les personnes qui transmettent le message qui gagneraient à travailler sur leur autorégulation.
La communication comme arme
Il a ensuite raconté un scénario tiré du domaine de la « thérapie de couple », que certains connaissent peut-être.
On encourage deux conjoints à travailler sur leur façon de communiquer. L’un d’eux plonge tête première et se met à lire, à étudier et à suivre des cours de communication, afin d’être mieux outillé pour la tâche.
Cependant, faute de l’autorégulation nécessaire, il se sert maintenant de cette position de « supériorité » pour écraser son partenaire.
« Moi, je communique correctement, pas toi! »
Voyez-vous comment la « solution miracle » de la communication a clairement raté sa cible?
Pouvez-vous imaginer un scénario semblable entre membres d’une famille qui travaillent ensemble?
Ce n’est jamais aussi simple qu’il n’y paraît
C’est encore un autre exemple où « la façon dont vous êtes » (c’est-à-dire l’être) est plus important que « ce que vous faites » (c’est-à-dire le faire).
L’autorégulation relève de « l’être », tandis que la communication relève du « faire ».
Oui, continuez à travailler sur la façon dont vous « faites » la communication.
Et, concentrez-vous aussi sur la façon dont vous vous régulez pendant que vous le faites.
