Régler la dynamique familiale : avant ou après
Mon parti pris a un gagnant évident
Cette semaine, nous revisitons une vieille idée, mais sous un nouvel angle. Il y aura quelques retours en arrière et une juxtaposition intéressante issue d’un appel entre pairs qui a inspiré ce billet et ce regard en arrière.
Nous examinerons aussi deux façons de faire quelque chose d’important, qui se produisent chacune assez fréquemment, et pour lesquelles j’ai un net parti pris pour l’une plutôt que l’autre, même si elle est beaucoup moins populaire que l’autre.
Un retour de 8 ans en arrière dans le blogue
Quand je me suis assis pour écrire ce texte, j’ai commencé par quelques notes d’un appel récent qui m’ont donné un bon point de départ, mais ce n’était pas encore bien formé, et trouver un titre s’avérait difficile.
En le tournant et le retournant dans ma tête, je me suis rappelé un billet de 2014, puis j’ai dû secouer la tête en faisant le calcul et en me rendant compte que j’avais écrit sur une autre version de ce sujet il y a plus de 8 ans.
La bonne nouvelle, c’est que je n’ai pas changé d’avis et que mon parti pris demeure intact. Au contraire, il s’est renforcé.
En 2014, inspiré par un webinaire du Purposeful Planning Institute, j’ai écrit Pre-Mediated Planning, Sounds Good to Me.
Ce billet avait été inspiré par Dean Fowler, un psychologue qui aide depuis longtemps les familles entrepreneuriales à composer avec les subtilités d’une transition intergénérationnelle du patrimoine.
Arrivé à ce travail il y a plusieurs décennies comme médiateur, souvent appelé par les avocats des parties en litige, Fowler préconisait de désamorcer les mines potentielles avant qu’elles deviennent problématiques.
La course de 6 mois et le nettoyage de 4 ans
Pour revenir à l’appel entre pairs récent, l’un des animateurs a évoqué le cas d’une famille qui avait bâclé une partie de la planification structurelle d’une transition à venir en environ six mois, et qui était ensuite contente que ce travail soit derrière elle.
Or, voilà qu’une fois que certains membres de la famille qui n’avaient pas été impliqués jusque-là ont appris certaines des modalités convenues par la direction familiale, des problèmes sont vite apparus.
Quand plusieurs des idées que certains considéraient comme un « fait accompli » ont été jugées déficientes aux yeux de ceux qui étaient en fait les plus touchés, il est devenu évident que les choses allaient rapidement s’enliser.
Au bout du compte, il a fallu à cette famille environ quatre ans de travail pour élaborer un plan viable et remettre les choses en ordre.
Le processus de 4 ans bouclé en 6 mois
Au cours de la discussion qui a suivi, quelqu’un a mentionné que l’inverse aurait pu être une voie plus facile.
Quand on lui a demandé ce qu’elle voulait dire, la réponse a été : « Eh bien, et si la famille avait plutôt pris quatre ans pour discuter et négocier le genre de scénario qui conviendrait à tout le monde? »
« Ensuite, elle aurait facilement pu boucler le travail juridique en moins de 6 mois! »
Ce n’est que plus tard que j’ai compris que c’était essentiellement ce à quoi Fowler faisait référence quand il parlait de « pré-médier » les plans.
Mon parti pris par rapport à ce qui se passe habituellement
J’ai une forte préférence pour accompagner les familles dans le long processus qui consiste à déterminer ce qu’elles veulent et ce qui fonctionnera réellement, idéalement avant qu’elles prennent des engagements écrits ayant des conséquences juridiques.
Cependant, je sais aussi que ce n’est pas ainsi que les choses se passent habituellement.
Les dirigeants familiaux, ne sachant pas exactement comment procéder, consultent des professionnels qui ne demandent pas mieux que de faire des suggestions fondées sur le travail qu’ils ont fait pour d’autres, dont la situation ressemble probablement à celle de cette famille, mais en diffère aussi de façon importante.
Les dirigeants familiaux, voulant faire confiance aux experts, espérant quelque chose de rapide et simple, et ne sachant pas mieux, suivent généralement le mouvement.
Et c’est comme ça qu’on règle tout en six mois, pour ensuite avoir besoin de quatre ans pour tout réparer.
La même histoire, encore et encore
En écrivant les lignes ci-dessus, je me suis rappelé un autre billet que j’ai écrit à ce sujet, Successful Planning, Who Should Be Involved.
La citation clé de ce billet, que j’ai écrit en 2015, est la suivante :
« Les plans qui portent sur nous, mais qui ne nous incluent pas, ne sont pas pour nous ».
Si vous avez l’impression que je me répète, c’est probablement le cas. La bonne nouvelle, je suppose, c’est que lorsque j’ai écrit ces billets précédents il y a 7 et 8 ans, la bataille semblait davantage « en montée ».
Elle l’est encore, c’est certain, mais avec une pente moins abrupte, espérons-le, en 2022.
