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Des leçons humaines tirées d’une famille d’oies.
Quand les gens me demandent quel est mon endroit préféré, et que je veux être vraiment précis, je mentionne le fait d’être assis dans mon kayak, sur la rivière Chockpish, derrière mon chalet au Nouveau-Brunswick.
Au fil des ans, j’ai écrit des billets sur mes séjours ici, notamment Stuck in the Mud? Don’t Wait for “MayDay”, au sujet d’un incident qui m’a longtemps marqué, ainsi que From Upstream to Downstream in the FamBiz dans lequel j’ai tiré d’un phénomène naturel quelques leçons sur la transition du patrimoine.
Mais aujourd’hui, j’écris ce billet à la suite d’une expérience toute récente que j’ai vécue tôt un lundi matin, alors que je pagayais et que je suis tombé sur une famille d’oies.
J’écris la plupart de mes blogues le vendredi et le samedi de chaque semaine, alors si je travaille si tôt sur le billet de la semaine prochaine, vous savez que quelque chose m’a interpellé.
Je ne faisais que m’occuper de mes affaires.
Je me suis réveillé tôt et j’ai décidé que la combinaison de la météo, des marées et d’un horaire léger d’appels Zoom m’offrait l’occasion d’aller explorer la rivière juste après le lever du soleil.
C’était déjà une sortie inhabituelle quand j’ai croisé un canot venant en sens inverse dans les 10 premières minutes, et j’ai lancé à la blague au couple et à leur chien que je ne m’attendais pas à autant de circulation.
J’étais loin de me douter à ce moment-là que j’annonçais beaucoup de coups de klaxon!
J’ai poursuivi ma route, en m’occupant de mes affaires, quand je me suis approché, en direction sud, de ce qu’on appellera désormais « l’île aux Oies ».
Maman oie fait preuve de sagesse; papa oie, pas tellement.
Une famille de bernaches du Canada se trouvait au complet sur cette petite île, et l’un des adultes, que j’ai supposé être la mère, m’a vu arriver de loin et s’est dirigé vers l’autre côté de l’île, puis dans l’eau.
Elle me surveillait tout le temps, et sept de ses petits se sont lentement levés et l’ont suivie dans l’eau, en s’éloignant de moi, la menace perçue qui approchait.
Bien joué, maman oie, me suis-je dit.
Puis, un instant plus tard, je remarque un autre adulte, papa oie, je suppose, qui m’a vu un peu plus tard et qui avait trois de leurs petits sous sa responsabilité.
J’avais espéré qu’il les éloignerait de moi lui aussi, mais si c’était arrivé, il n’y aurait eu ni chair de poule ni histoire à raconter.
Honk, honk, honk, crie-t-il.
Papa oie et ses trois petits, Tom, Dick et Harriet, entrent tous dans l’eau du côté de l’île où j’essaie simplement de glisser à côté d’eux pour ne pas causer de peur inutile.
Les cris incessants ont maintenant commencé, puisque papa oie essaie probablement de me faire peur et aussi d’avertir la mère de leurs oisons qu’il y a un danger parmi eux.
Ils continuent de nager vers le sud, en essayant de me distancer, et les cris deviennent plus agressifs.
J’essaie d’accélérer pour les dépasser et apaiser toute crainte, mais au contraire, je suis perçu comme une menace encore plus grande à mesure que j’accélère.
J’essaie de m’éloigner davantage, mais l’étroitesse de la rivière m’en empêche.
À un moment donné, papa se met même à voler pour me devancer encore plus.
Et puis, soudain, quelque chose a changé.
La relève à la rescousse.
J’ai baissé les yeux vers ma jambe et j’ai remarqué que j’avais la chair de poule, et j’ai été frappé par l’ironie que ce soit causé par une oie, ce qui me donne, je suppose, une histoire à raconter si jamais je participe à Jeopardy.
Soudain, l’un des oisons, probablement Harriet, a décidé de faire demi-tour et s’est mis à nager vers le nord, vous savez, dans l’autre direction!
Ses frères ont fait la même chose, je les avais enfin dépassés, et papa m’a finalement lancé un dernier cri, qui ressemblait un peu, à mes oreilles, à « fiche le camp! ».
Quelques morales de cette histoire.
Mis à part le fait que les sexes que j’ai attribués ne sont que de pures suppositions, et que toute l’affaire n’a pas duré plus de deux ou trois minutes, j’en retiens quelques leçons.
Les parents ne prennent pas toujours les meilleures décisions pour leur famille.
Ce qui est perçu comme une menace n’en est pas toujours une, et j’étais moi aussi sur les nerfs, puisque je ne voulais pas me faire pincer par une oie!
Parfois, un geste bien choisi par un membre de la famille peut finir par profiter à toute la famille, et souvent, ce membre fait partie de la relève.
Plus tard, quand je suis repassé devant l’île aux Oies au retour, ils m’ont tous simplement observé attentivement, sans le moindre cri. Ouf!
