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Un conseil parental utile
De temps à autre, j’ai la chance d’entendre une grande perle de sagesse, je réussis à la noter, et elle devient un titre parfait pour un billet de blogue.
Celle-ci provient d’une présentation à laquelle j’ai assisté lors du récent congrès du FFI à Boston.
Bon nombre des billets que j’écris sont bien sûr fondés sur la sagesse des autres, et je pense que je fais un assez bon travail pour reconnaître le mérite de chacun quand il est dû, du moins quand il est logique pour moi de le faire.
Plongeons dans les détails pour ensuite décortiquer un peu plus ce sujet, en lien avec le patrimoine familial et sa transition éventuelle.
Les jeunes adultes ne prennent pas toujours leur envol comme on le souhaite
La présentation en question était un atelier intitulé « Emerging Adults: Moving forth the family firm ».
Elle réunissait trois présentateurs qui ont partagé des idées et des stratégies pour aider les familles à obtenir des résultats positifs pour leurs entreprises familiales, en s’assurant que les membres de leur relève étaient bien préparés à ce qu’on attend d’eux.
L’une des présentatrices, Diana Clark de l’O’Connor Professional Group, m’a fourni la citation clé, vers la fin de la discussion.
Ayant travaillé dans le domaine des dépendances pendant des décennies, elle avait une mise en garde pour tous les parents.
« Ne faites pas d’avoir des enfants “heureux” votre objectif principal; assurez-vous que ce soit un effet secondaire », a-t-elle dit. « Sinon, a-t-elle poursuivi, ils finiront par venir me voir. »
Qu’y a-t-il de mal à être heureux?
Soyons clairs : elle ne disait pas qu’avoir des enfants heureux n’était pas quelque chose à rechercher.
Elle lançait toutefois une mise en garde dont, à mon avis, tous les parents devraient tenir compte, c’est-à-dire : ne faites pas de leur bonheur la priorité principale.
Le refrain familier que nous avons tous entendu (et probablement même dit), « Je veux juste que mes enfants soient heureux », peut entraîner bien des conséquences indésirables.
J’ai abordé une partie de cette question il y a longtemps, en 2015, dans le billet « La surparentalité : pire que la négligence? »
Ce que j’avais appelé « surparentalité » à l’époque comprenait quelques exemples où l’on ne laisse pas les enfants se débrouiller par eux-mêmes, ce qui prend racine dans le désir de les garder « heureux ».
Je pense que ce que Clark voulait dire, c’est que faire du bonheur de vos enfants la priorité principale est en fait une sorte de solution de facilité.
De dépendant à autonome
Quand on réfléchit aux rôles que les parents sont censés jouer, je ne suis même pas sûr que le bonheur soit censé figurer près du haut de la liste.
Pour moi, il s’agit beaucoup plus d’un phénomène récent, bien loin du « les enfants doivent être vus, mais pas entendus » qui était populaire il n’y a pas si longtemps.
Je suis parent depuis plus de vingt ans maintenant, et c’est assurément un travail en cours.
De plus, les temps ont continué d’évoluer, et il est souvent difficile de nager à contre-courant quand on vit dans une société de gratification instantanée.
J’ai toujours pensé que l’une des principales responsabilités parentales est de s’assurer que nos enfants passent d’un état de dépendance envers leurs parents à un état d’indépendance par rapport à eux.
Ce dont un enfant a besoin que son parent fasse pour lui à 5 ans est différent de ce dont il a besoin à 10 ans, à 15 ans, à 20 ans et à 25 ans.
D’autonome à interdépendant
Pour les familles avec lesquelles je travaille professionnellement, celles qui ont bâti un patrimoine important qu’elles espèrent transmettre à la prochaine génération de leur famille, s’assurer que leurs enfants sont autonomes n’est que le début.
J’encourage fortement ces familles à tendre vers un état d’interdépendance, parce que c’est ce qui est nécessaire pour augmenter les chances de succès.
Je crois que Clark serait d’accord pour dire qu’essayer de s’assurer que ceux qui nous succèdent deviennent autonomes, et capables de fonctionner comme des adultes à tous égards, est beaucoup plus important que de s’assurer qu’ils sont heureux en tout temps.
En fait, quand les parents y parviennent, leurs enfants seront plus probablement heureux, comme effet secondaire, comme elle le suggérait.
Une histoire vieille comme le monde
Cela peut devenir assez complexe, et la difficulté de bien faire les choses est une histoire qui existe depuis toujours.
Réussir son rôle de parent est délicat, surtout quand on peut tout faire pour ses enfants. C’est difficile de dire « non ».
Mais faire en sorte qu’ils n’aient jamais besoin d’un traitement pour une dépendance, c’est probablement quelque chose dont nous pouvons tous convenir que c’est une bonne chose.
Bonne chance (ça aide aussi!)
