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Ajuster votre vitesse est toujours une priorité
L’un des nombreux défis auxquels font face les gens comme moi qui travaillent avec des familles, c’est de s’assurer d’avancer au bon rythme pour la famille avec laquelle on travaille.
Pour bien des professionnels qui servent des familles entrepreneuriales, ça peut être beaucoup plus simple, puisqu’ils font généralement la plus grande partie de leur travail avec une ou deux personnes seulement à la fois.
Comme ce travail est en grande partie technique et que le produit du travail consiste surtout en documents, les échanges entre l’expert externe et la famille sont relativement simples dans la plupart des cas.
Mais quand on se spécialise dans le « cercle de la famille », comme je l’appelle souvent, tout ça vole en éclats.
Et je sais que je ne suis pas le seul à le reconnaître.
Les avantages des groupes de pairs
Depuis que j’ai commencé ce travail il y a une dizaine d’années, j’ai toujours cherché d’autres personnes qui servent aussi les familles de cette façon, et au fil des ans, mon réseau s’est agrandi.
Au début de 2020, juste avant que « vous-savez-quoi » nous frappe tous, j’avais lancé une rencontre mensuelle de groupe de pairs avec des collègues sympathiques de divers endroits, surtout en Amérique du Nord.
Nous nous réunissons une fois par mois pendant une heure; chaque fois, nous présentons un cas, recevons des commentaires et apprenons les uns des autres.
Avec le temps, nous avons commencé à créer des liens encore plus enrichissants et avons développé des relations étroites et de confiance.
Ce travail peut parfois sembler solitaire, et la plupart d’entre nous n’avons pas, près de chez nous, de groupe de pairs qui comprend nos défis dans ce créneau.
Prendre les devants, ou suivre derrière
Vers la fin d’un appel récent, la conseillère qui présentait son cas (DS) a mentionné qu’elle voulait « garder une longueur d’avance » sur la direction que prenait la famille cliente, ce qui était parfaitement logique pour elle.
Est alors venue la réponse d’un autre membre du groupe (PE), qui a fait remarquer que son style était différent, et a affirmé qu’il n’allait jamais nulle part avant que son client l’y mène.
Je dois admettre que ce point de vue m’a fortement interpellé.
Mais l’un a-t-il raison et l’autre tort?
Non, je ne le pense pas du tout. Et je n’essaie certainement pas de plaider pour l’une ou l’autre approche.
La vérité, cependant, c’est que chacun de nous aura ses préférences dans sa façon d’interagir avec les familles clientes, et qu’elles se situeront probablement quelque part sur le continuum allant de complètement proactif à complètement réactif.
Et cela variera aussi probablement d’une situation à l’autre.
Les membres de la famille avancent à des vitesses différentes
Revenons au sujet du début, le nombre de membres de la famille différents avec lesquels nous traitons.
Contrairement aux spécialistes techniques, les facilitateurs familiaux traitent avec de grands groupes de membres de la famille, et ils n’avancent pas tous à la même vitesse.
Cela peut tenir à leur niveau de compétence, à leur motivation, à leur intérêt, aux autres choses qui se passent dans leur vie, à des conflits avec d’autres membres de la famille, ou simplement à leur façon d’être.
Ou à une poignée d’autres raisons que nous ne comprendrons jamais.
Quand vient le temps d’ajuster ma vitesse à celle de la famille, j’essaie de le voir comme « diriger à partir du milieu ». Alors que DS souhaitait prendre les devants et que PE préférait suivre derrière, nous ne pouvons pas oublier d’essayer de rester avec la masse critique de la famille.
L’analogie du guide touristique
Il y a des années, en visitant des collèges et universités avec mes deux enfants, j’ai fait une vingtaine de visites de campus.
L’analogie du guide touristique me parle, parce qu’on ne peut pas simplement courir en avant et s’attendre à ce que tout le grand groupe suive.
Les bons guides disaient : « Nous allons là-bas », en pointant du doigt, et certains membres du groupe s’y dirigeaient naturellement en avance.
Mais on ne peut pas non plus s’attendre à ce que tout le groupe parte devant et se rende là où on essaie d’aller, alors on ne peut pas non plus être le dernier wagon du train.
Si vous arrivez à rester au centre du groupe, en guidant les leaders naturels vers l’avant tout en vous assurant que les retardataires ne se perdent pas en chemin, vous vous y prenez probablement aussi bien que possible.
Quand il n’y a pas de destination
Bien sûr, toutes ces visites se terminaient, habituellement à leur point de départ.
Quand on travaille avec une famille, il n’y a pas de destination.
Vous ne serez peut-être pas toujours là pour la guider, mais vous devez essayer de garder ses membres assez près les uns des autres et avancer à la bonne vitesse pour l’aider à progresser.

