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Plus d’options à considérer de nos jours
Quand il est question de préserver le patrimoine familial au fil des générations, l’un des plus grands épouvantails qui soient, c’est le sentiment de tout mériter, et depuis des décennies, c’est ce qui empêche les familles de dormir et ce qui tient bon nombre de leurs conseillers occupés à essayer de le prévenir.
La plupart de ce que j’écris ici porte sur les défis auxquels les familles font face lorsqu’elles essaient de transmettre le patrimoine durement gagné d’une génération à la suivante, et j’y intègre presque toujours des éléments sur la façon dont l’industrie qui sert ces familles continue d’évoluer.
Cette semaine, nous allons nous pencher sur le concept d’intendance (stewardship), qui a souvent été présenté comme l’antidote au sentiment de tout mériter.
À mesure que cet écosystème gagne en maturité, nous devons accepter le fait que, même s’il est préférable que les membres de la relève adoptent une posture d’intendants plutôt que d’avoir le sentiment de tout mériter, ce n’est peut-être pas la solution ultime que certains ont prétendu.
Mieux que le contraire, mais trop passif
J’en ai brièvement parlé dans Les nombreux « -ships » du travail avec les familles, où j’ai ajouté l’intendance (stewardship) au leadership et au partenariat (partnership), entre autres.
Voici un contexte important que je recycle pour mettre les choses en perspective :
Les définitions de l’intendance comprennent des mots comme « superviser » et « prendre soin » de quelque chose, et comportent souvent des adjectifs comme « responsable » et « prudent ».
De toute évidence, quelqu’un qui veut « prendre soin » du patrimoine de façon responsable est préférable à quelqu’un qui croit avoir le droit de le dilapider.
Ce n’est toutefois peut-être pas une solution durable, selon l’importance du patrimoine, la vitesse à laquelle on peut s’attendre à ce qu’il croisse, et la taille du groupe de membres de la famille qu’il est censé servir à long terme.
Des entrepreneurs à chaque génération
Certains membres éminents du domaine de l’entreprise familiale soutiennent depuis longtemps qu’il est important que chaque génération d’une famille se renouvelle avec une nouvelle cuvée d’entrepreneurs pour que les choses continuent d’avancer et de croître, à mesure que la famille s’agrandit.
À bien des égards, créer l’attente que ceux qui suivent le créateur de richesse sont simplement censés maintenir le patrimoine ne s’harmonise pas toujours bien avec l’idée de prendre l’initiative nécessaire pour recréer quelque chose de nouveau.
Cela me rappelle le point de vue de Jay Hughes, selon lequel ceux qui suivent le créateur de richesse risquent d’être aspirés dans le « trou noir » de cette personne, qui peut exercer une forte attraction dont il peut être difficile de se libérer.
La version Wealth 3.0 : une remise en question?
Lors d’un récent webinaire du Purposeful Planning Institute sur le thème de Wealth 3.0, nous avons passé un certain temps à discuter de la place de l’intendance dans ce sujet.
Une personne participante a demandé aux panélistes comment le concept d’intendance pourrait sembler un peu différent sous l’angle de Wealth 3.0, ce qui a suscité une discussion inattendue (mais bienvenue).
Des points intéressants ont été soulevés sur la question de savoir si l’intendance devient un bon résultat pour une famille, par opposition à l’idée qu’une personne devienne intendant comme s’il s’agissait plutôt d’une « description de poste ».
On a aussi parlé du fait que, si l’intendance avait été placée sur un piédestal jusqu’à récemment, elle suscite davantage de résistance depuis quelque temps, puisque les familles envisagent la transition de leur patrimoine de façon plus holistique et moins comme une entreprise « du haut vers le bas », c’est-à-dire « tu seras l’intendant de mon patrimoine ».
Je me rends compte que la phrase de conclusion de l’un de mes billets datant de moins d’un an, Trouver le juste milieu en matière de liquidités pour votre famille est peut-être déjà dépassée.
Ce billet se terminait par « je recommande qu’ils participent aussi à la cocréation de leur avenir en tant qu’intendants du patrimoine familial. » ce qui, dans le contexte de ce texte, demeure valable, mais je le formulerais peut-être différemment aujourd’hui.
Le point de vue des « trois orientations »
Les points de vue sur cette question continuent d’évoluer, bien sûr, et un récent livre blanc de Merrill Private Wealth Management met en lumière une façon avancée d’envisager cette question. Voir Inheritance Style Whitepaper
Ce document souligne qu’il existe trois orientations différentes que les héritiers de patrimoine peuvent adopter et adoptent effectivement, selon les recherches de Merrill.
En plus des héritiers traditionnels (qui peuvent avoir le sentiment de tout mériter) et des intendants, on y introduit aussi le concept des voyageurs (Sojourners).
Il faudra peut-être un certain temps pour que ces idées se cristallisent dans l’écosystème de la transition du patrimoine familial, mais il est clair pour moi que le changement et l’évolution sont en marche sur cette question.
Même si l’intendance peut constituer une partie importante des plans de continuité du patrimoine de bien des familles pendant une certaine période (qui pourrait se mesurer en décennies, voire en générations), ce ne sera que rarement une question de « régler et oublier ».


