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Contrats prénuptiaux : Engaged Healthy, Wealthy & Wise

Prenuptials: Engaged Healthy, Wealthy & Wise
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Contrats prénuptiaux : Engaged Healthy, Wealthy & Wise

Balado Let’s Talk Family Enterprise, épisode no 44

L’animateur Steve Legler s’entretient avec Coventry Edwards-Pitt au sujet de son troisième livre, Engaged Healthy, Wealthy & Wise, qui raconte les histoires vraies d’héritiers et de leurs conjoints, et la façon dont ils ont composé avec les situations entourant les contrats prénuptiaux que les conseillers bien intentionnés de la famille leur ont demandé de signer.



Points clés à retenir
[0:26] Steve Legler présente l’invitée du jour, Coventry Edwards-Pitt, et l’invite à parler un peu de son troisième livre,
Engaged Healthy, Wealthy & Wise.
[1:46] Covie situe son plus récent livre dans le contexte plus large des deux premiers : Healthy, Wealthy & Wise et Raised Healthy, Wealthy & Wise.
[3:48] Renverser les questions habituelles liées aux fiançailles!
[6:04] Covie parle de la souffrance qu’elle a entendue lors des entrevues pour le livre, qui l’a amenée à voir ce qui ne fonctionne pas dans la façon dont les familles fortunées et leurs conseillers abordent la question des fiançailles et du mariage.
[8:25] Personne n’aborde jamais vraiment le sujet de ce processus; raconter ces histoires est une façon d’alléger le fardeau émotionnel tout en essayant de trouver une meilleure façon de faire.
[10:50] Le problème de David contre Goliath auquel font face les jeunes couples, au-delà de la perte de leur sentiment d’autonomie, de loyauté, d’égalité et d’unité entre eux.
[12:36] Covie raconte une histoire qu’elle considère comme la norme d’excellence.
[14:10] Covie explique l’histoire du contrat prénuptial et son évolution au fil du temps.
[16:22] Si la grande majorité des couples sont formés d’un héritier et d’une personne qui ne l’est pas, comment bâtir un meilleur processus de contrat prénuptial afin de ne pas semer la discorde chez les jeunes couples?
[17:23] La question n’est pas de savoir s’il faut un contrat prénuptial, mais comment le faire. Covie explique comment le rôle du conseiller pourrait être modifié pour mieux aborder le « comment » des contrats prénuptiaux.
[19:45] Covie présente des pratiques exemplaires et parle des relations entre frères et sœurs et des défis particuliers qu’elles peuvent poser en matière de contrats prénuptiaux.
[23:12] L’autonomie et la capacité d’agir sont un objectif de la nouvelle génération; Covie en donne un exemple.
[25:20] Covie fait part de ses réflexions sur la façon dont les conseillers peuvent mieux soutenir leurs familles.
[30:28] Covie partage sa recommandation de lecture ainsi que ses conseils pour les conseillers.
[35:00] Steve remercie Coventry Edwards-Pitt d’avoir partagé une si grande partie de ce qu’elle a appris et donne rendez-vous le mois prochain.

Points clés à retenir
[0:26] Steve Legler présente l’invitée du jour, Coventry Edwards-Pitt, et l’invite à parler un peu de son troisième livre,
Engaged Healthy, Wealthy & Wise.
[1:46] Covie situe son plus récent livre dans le contexte plus large des deux premiers : Healthy, Wealthy & Wise et Raised Healthy, Wealthy & Wise.
[3:48] Renverser les questions habituelles liées aux fiançailles!
[6:04] Covie parle de la souffrance qu’elle a entendue lors des entrevues pour le livre, qui l’a amenée à voir ce qui ne fonctionne pas dans la façon dont les familles fortunées et leurs conseillers abordent la question des fiançailles et du mariage.
[8:25] Personne n’aborde jamais vraiment le sujet de ce processus; raconter ces histoires est une façon d’alléger le fardeau émotionnel tout en essayant de trouver une meilleure façon de faire.
[10:50] Le problème de David contre Goliath auquel font face les jeunes couples, au-delà de la perte de leur sentiment d’autonomie, de loyauté, d’égalité et d’unité entre eux.
[12:36] Covie raconte une histoire qu’elle considère comme la norme d’excellence.
[14:10] Covie explique l’histoire du contrat prénuptial et son évolution au fil du temps.
[16:22] Si la grande majorité des couples sont formés d’un héritier et d’une personne qui ne l’est pas, comment bâtir un meilleur processus de contrat prénuptial afin de ne pas semer la discorde chez les jeunes couples?
[17:23] La question n’est pas de savoir s’il faut un contrat prénuptial, mais comment le faire. Covie explique comment le rôle du conseiller pourrait être modifié pour mieux aborder le « comment » des contrats prénuptiaux.
[19:45] Covie présente des pratiques exemplaires et parle des relations entre frères et sœurs et des défis particuliers qu’elles peuvent poser en matière de contrats prénuptiaux.
[23:12] L’autonomie et la capacité d’agir sont un objectif de la nouvelle génération; Covie en donne un exemple.
[25:20] Covie fait part de ses réflexions sur la façon dont les conseillers peuvent mieux soutenir leurs familles.
[30:28] Covie partage sa recommandation de lecture ainsi que ses conseils pour les conseillers.
[35:00] Steve remercie Coventry Edwards-Pitt d’avoir partagé une si grande partie de ce qu’elle a appris et donne rendez-vous le mois prochain.
Transcription

Let’s Talk Family Enterprise explore des idées, des concepts et des modèles du monde entier qui aident les conseillers en entreprise familiale à mieux servir leurs clients familiaux; ce balado vous est présenté par Family Enterprise Canada. Tous les points de vue, renseignements et opinions exprimés dans ce balado n’engagent que les personnes concernées et ne représentent pas nécessairement ceux de Family Enterprise Canada.

0:34
Bonjour et bienvenue à un autre épisode du balado Let’s Talk Family Enterprise. Je m’appelle Steve Legler, et c’est un plaisir d’être votre animateur encore une fois. Notre sujet ce mois-ci se trouve au croisement de l’amour et du patrimoine familial. Et je suis sûr que nous avons tous entendu parler de situations où cela a causé des drames. Notre invitée aujourd’hui est Coventry Edwards-Pitt. Elle est chef de la création chez Ballentine Partners, une firme de gestion stratégique de patrimoine située près de Boston, au Massachusetts. Le plus récent livre de Covie, son troisième, vient d’être publié. Et s’il ressemble le moindrement aux deux premiers, vous voudrez mettre la main sur un exemplaire. Le titre du livre est Engaged Healthy, Wealthy & Wise. Et il est rempli d’histoires vraies sur la façon dont des héritiers et leurs conjoints ont parcouru ce territoire. Nous avons beaucoup de terrain à couvrir. Alors saluons notre invitée et lançons la discussion. Coventry Edwards-Pitt, merci de vous joindre à nous aujourd’hui. Bienvenue au balado Let’s Talk Family Enterprise.

1:34
Merci, Steve. Je suis très heureuse d’être ici.

1:37
J’ai mentionné que c’est votre troisième livre. Et ils commencent tous par un mot, suivi de Healthy, Wealthy and Wise. Pouvez-vous nous présenter rapidement les deux premiers et le public auquel ils s’adressaient, pour que nous soyons bien dans le contexte de ce que vous avez déjà fait?

1:53
Bien sûr. Mon premier était Raised Healthy, Wealthy and Wise, et il s’adresse vraiment aux parents qui tentent d’élever des enfants dans la richesse ou l’abondance, pour qu’ils ne soient d’aucune façon démotivés par la richesse, mais qu’ils mènent plutôt une vie ancrée, satisfaite et autonome. Je l’ai écrit à partir d’entrevues que j’ai menées avec des enfants qui avaient été élevés dans ces circonstances, mais, et malheureusement, vous savez, les statistiques tendent à donner une mauvaise image de cela, et c’est pourquoi j’ai écrit le livre pour me concentrer sur les histoires positives, des gens qui ont fini par mener une vie très satisfaite et heureuse. J’ai donc simplement demandé à ces personnes : qu’avez-vous entendu de vos parents qui vous a permis de devenir la personne que vous êtes aujourd’hui? Et ce livre résume ces leçons. Puis, pour mon deuxième livre, les gens avaient bien réagi à ce premier livre. Je pense qu’ils aiment vraiment les histoires, ils aiment l’approche positive. J’ai donc voulu utiliser ce format positif, fondé sur des histoires de vraies personnes, et tourner l’objectif vers un autre sujet énorme dans notre domaine, celui du vieillissement : non seulement comment utiliser mes ressources pour bien vieillir, je l’espère, et avoir moi-même une fin de vie dynamique, mais comment m’assurer de ne laisser d’aucune façon un problème à mes héritiers quand je ne serai plus là? Vous savez, j’ai accumulé toute cette bonne fortune dans ma vie, mais qu’est-ce que je laisse vraiment si je regardais d’en haut, vous savez, dans 30 ans, et que je voyais ce que mon patrimoine a produit dans ma famille? Est-ce que j’en serais satisfait? Il s’agit donc vraiment d’interviewer des gens aux étapes plus avancées de leur vie sur la façon dont ils vivent bien eux-mêmes et restent engagés, motivés et guidés par un but, mais aussi sur la façon dont ils prennent les mesures importantes pour bien planifier le moment où ils ne seront plus là, afin que leur famille puisse continuer à s’épanouir et à entretenir des relations positives, sans être en quelque sorte déchirée par des querelles d’héritage. Voilà pour celui-là, et cela m’a menée à celui-ci, Engaged, qui porte vraiment sur le troisième enjeu très important, je dirais très peu examiné, malheureusement très peu examiné, dans notre domaine : ce moment où l’héritier rencontre l’âme sœur, et ce, du point de vue de ce couple. Je pense que notre secteur a malheureusement tendance à voir cela du point de vue de la famille fortunée. « Oh, ce jeune héritier nous a dit qu’il a rencontré quelqu’un et qu’il veut l’épouser; que pouvons-nous faire en tant que famille fortunée? Devrions-nous parler d’un contrat prénuptial? Devrions-nous parler d’intégration? » Tout cela, en quelque sorte, est au cœur de la conversation, qui porte sur l’intégration de cette personne dans la famille fortunée. Et je voulais en quelque sorte renverser cela et dire plutôt : au milieu de tout ce tourbillon, vous savez, de tous ces rouages qui se mettent en branle dans notre secteur du conseil en patrimoine, il y a un jeune couple amoureux. Qu’est-ce que ça fait d’être ce jeune couple? Et comment parviennent-ils réellement à parcourir ce terrain d’une façon qui les mette sur la voie d’une belle relation, qui durera très longtemps, espérons-le?

5:04
Formidable. J’aime le fait que vous, vous savez, fassiez référence à notre secteur et à la façon dont nous traitons ces situations, parce que le public, le public principal de ce balado, ce sont les conseillers en entreprise familiale qui, au Canada, ont suivi le programme FEA, qui existe depuis plus d’une décennie maintenant, et nous sommes près de 500, et nous venons tous de domaines différents. Mais nous avons souvent le point de vue de la génération actuelle, celle des créateurs de richesse, ceux qui en ont la responsabilité aujourd’hui. Et donc, le réflexe a toujours été en quelque sorte : comment protéger cette génération? Et le contrat prénuptial est en quelque sorte devenu l’option par défaut. Mais l’une des choses que nous avons apprises dans le cours que nous avons suivi pour obtenir ce titre, c’est que nous devons apprendre à travailler ensemble, et pas seulement sur le patrimoine financier. Donc toute cette histoire de contrat prénuptial, c’est le réflexe par défaut : c’est la pratique exemplaire, c’est ce qu’on fait. « Oh, ils se marient? Oh, je suppose qu’il nous faut un contrat prénuptial. » Vous remettez en question tout cela, je suppose.

6:12

Oui, je le suis. Eh bien, ce qui se passe, c’est que j’ai parlé à une cinquantaine de personnes, dont 22 couples, qui en sont tous encore à leur premier mariage. Vous savez, ces gens avaient de 30 à 70 ans. Et j’ai posé des questions très ouvertes, vous savez, toutes les discussions portaient sur cette période délicate de la vie où ils se sont rencontrés, où ils se sont mariés, où ils ont eu leurs premiers enfants. Et donc, on constate, quand on pose des questions à des couples, et j’avais vraiment l’impression d’être en terrain sacré, vous savez, de parler à des gens. Bien souvent, j’avais les deux membres du couple au téléphone en même temps, et je pouvais les entendre rebondir l’un sur l’autre. Mais je leur posais des questions comme : racontez-moi comment la richesse s’est manifestée la première fois quand vous vous êtes rencontrés, vous savez, comment le sujet est-il apparu? Comment avez-vous appris que votre partenaire venait d’une famille fortunée? Comment le sujet s’est-il présenté autour de votre mariage? Comment s’est-il présenté quand vous discutiez de l’éducation des enfants? Quand on pose ces questions ouvertes, surtout celle du milieu, sur le mariage, ce qu’on entend en retour, ce sont des histoires incroyables, dont les gens se souviennent dans les moindres détails, parfois 35 ans plus tard, sur à quel point le processus du contrat prénuptial avait été douloureux. Il y avait encore des larmes. Il y avait encore de la rancœur sur la façon dont quelque chose s’était passé. Et j’ai simplement appris en posant ces questions et en entendant à quel point ces souvenirs étaient encore à vif. Mais quelque chose cloche dans la façon dont notre industrie a tendance à aborder ce sujet, qui, vous savez, d’après tout ce que j’avais lu jusqu’à ce que je fasse ces entrevues, c’est que, vous savez, c’est une case à cocher. C’est tout à fait normal, sans émotion, tout ça. Je suis sûre qu’on a tous entendu ça. Et puis on entend la réponse réelle, à savoir que c’est encore chargé d’émotion. Et ça m’a donné beaucoup de prises de conscience sur ce qui ne fonctionne pas dans le processus habituel. Et sur ce que nous, comme conseillers, pouvons faire pour vraiment essayer de notre mieux de ne pas faire de mal à ces jeunes couples. Alors je raconte des histoires. On peut entrer dans les détails si vous voulez en entendre parler. Je serai heureuse de les partager.

8:21
Vous parlez de poser ces questions ouvertes à ces couples, et je ne peux m’empêcher de penser que, pour beaucoup de ces couples, c’était la première fois que quelqu’un les interrogeait sur ce sujet. Est-ce que mon intuition est juste?

8:36
Je pense que vous avez raison. Oui, je pense que vous avez raison. Et je pense que c’est en fait une partie de la raison pour laquelle certaines émotions sont encore très vives. Et honnêtement, dans certaines de ces situations, je m’inquiétais : je ne voulais d’aucune façon causer de la douleur à un couple en l’obligeant à se remémorer tout ça. Mais je pense que ce que j’ai vraiment essayé de dire, c’est : racontez-moi l’histoire pour que je puisse la partager avec d’autres. Vous savez, s’il y a eu des choses douloureuses ou qui n’étaient pas bonnes, aidez-moi à aider notre industrie à comprendre ce qui doit changer. Et je pense que j’ai senti chez les gens un réel soulagement, et presque comme un, un devoir qu’ils me transmettaient, vous savez, comme : il faut que vous le disiez aux gens, il faut que vous disiez ces choses aux gens. Et j’ai aussi eu l’impression, pour revenir à ce que vous disiez, Steve, que notre industrie fonctionne vraiment pour servir la génération actuelle, la Now Generation. Je suis tout à fait d’accord avec vous, et ce que ça finit par vouloir dire, c’est que souvent, les gens à qui je parlais ont l’impression d’être seuls à mener une sorte de combat contre toute une industrie. Vous savez, l’avocat, le conseiller, les parents. Et donc je pense qu’il y avait ce sentiment : vous pouvez partager ces histoires et nous aider à ne pas nous sentir seuls. Vous savez, si quelqu’un devait faire, beaucoup de gens m’ont dit : j’aurais aimé avoir ce livre. J’aurais aimé l’avoir il y a 30 ans. Alors j’ai ressenti une réelle obligation de faire passer le message. Une fois que j’ai entendu ça, ces, ces histoires qu’on m’a confiées

10:10
Eh bien, j’imagine que c’était probablement assez cathartique. Et comme n’importe qui qui se rend compte ensuite d’avoir vécu quelque chose, appelons-le poliment sous-optimal, ils veulent essayer d’aider d’autres personnes à éviter de ressentir ça. Et de la façon dont vous le décrivez, ce n’est vraiment pas un combat équitable. J’imagine David contre Goliath. Il y a ce jeune couple. Et il n’y a pas seulement la famille et la génération aînée de la famille, mais aussi tous ces experts bien payés autour d’eux qui disent : vous devez faire ça. Eh bien, c’est simplement ce qu’on fait. Et ça peut certainement causer des problèmes. Je me demande, je veux dire, vous vous êtes concentrée sur ceux qui ont eu de bons résultats. Je suis sûr que quelqu’un pourrait écrire un livre où on trouverait des cas où, où le contrat prénuptial a causé la perte des couples.

10:59
Oui, je suis sûre que c’est le cas. Et vous savez, il y a une femme que j’ai interviewée, elle s’appelle Laurie Israel, et elle a écrit un livre merveilleux, que j’encourage les gens à lire, intitulé The Generous Prenup. Et elle est d’accord avec ce concept. Je pense que c’est elle qui a lancé ce concept selon lequel ce n’est pas le contrat prénuptial lui-même qui est horrible. C’est le processus habituel, où le contrat prénuptial est généralement mis sur la table par quelqu’un d’autre que ce jeune couple. Vous savez, elle appelle ça les parties de l’ombre, mais il y a quelqu’un, un acteur en jeu qui a son propre programme. Et il met ça sur la table. Et elle explique ensuite ce qui cloche tant là-dedans. Mais elle est très claire dans ce livre : elle pense que le processus habituel du contrat prénuptial, qui suit ce déroulement, augmente effectivement la probabilité de divorce. Et vous savez, ça ne me surprend pas, parce que ce dont je parle, c’est de la façon dont le processus du contrat prénuptial, tel qu’il se fait habituellement, interfère avec certaines choses essentielles entre les membres du couple, vous savez, leur sentiment d’autonomie, leur sentiment de loyauté l’un envers l’autre, leur sentiment d’égalité l’un par rapport à l’autre, leur sentiment d’unité. Et vous pouvez imaginer que, vous savez, quelque chose qui interfère avec ces choses au sein d’un couple, c’est probablement destructeur. Et je parle ensuite non seulement de la façon dont les gens ont surmonté cette interférence et en sont ressortis plus forts, mais aussi d’un couple qui disait : on a adoré notre contrat prénuptial. Et ils étaient l’exception qui confirme la règle. Et ce qui est intéressant, c’est que dans leur situation, ces quatre facteurs n’ont pas été touchés, parce qu’ils avaient tous deux hérité directement. Ils avaient conservé un sentiment d’autonomie. Ils avaient l’impression d’avoir le contrôle. Ils étaient unis dans cette décision. Il y avait beaucoup de, c’était comme enfiler une aiguille à travers l’ensemble des circonstances qui ont fait que ce fut une expérience positive pour eux, de partager leur histoire, ainsi qu’une dernière histoire sur un couple qui a vécu un processus de contrat prénuptial un peu plus ordinaire, comme on le concevrait tous, sauf qu’il y avait certaines différences cruciales. Et c’est un peu la norme d’excellence, la pratique exemplaire que je mets de l’avant : ils ont suivi un processus de médiation. Et il y a beaucoup plus de détails, mais ils ont fini par en ressortir en se sentant beaucoup mieux et en ayant l’impression d’être du même côté de la table. Et ils ont quand même pu créer des choses qui les aidaient à sentir qu’ils investissaient dans leur mariage, qu’ils unissaient leurs actifs et qu’ils bâtissaient quelque chose ensemble, plutôt que d’être perpétuellement séparés, etc. Mais il y a beaucoup, il y a beaucoup plus de détails là-dedans.

13:23
Alors souvent, je suppose que ces contrats prénuptiaux qui arrivent comme quelque chose d’attendu, ou qui tombent du ciel, peuvent chambouler une relation. C’est souvent dans une situation qu’on appelle parfois, dans l’industrie, des inégaux financiers. N’est-ce pas : il y a une famille où il y a beaucoup de richesse, et quelqu’un qui s’y joint par le mariage et qui vient d’un milieu socioéconomique différent, moins élevé. Et je me souviens que lorsque je vous ai entendue en parler au FFI en octobre dernier, vous disiez que les contrats prénuptiaux, à leurs débuts, étaient conçus pour protéger en quelque sorte la personne la moins nantie, et qu’ils ont changé au fil du temps pour protéger le partenaire le plus fortuné. Est-ce que, est-ce que je m’en souviens correctement? Oui. Vous savez,

14:14

c’était intéressant, quand je faisais mes recherches là-dessus, si on pense, vous savez, que le concept de contrat prénuptial ou de contrat dans le mariage, vous savez, remonte à la nuit des temps, pratiquement. Je veux dire, il y a diverses traditions religieuses. Mais ce qui est intéressant, c’est que si on regarde vraiment ce qu’étaient généralement ces choses, vous savez, imaginez l’époque où les femmes n’avaient aucun droit, vous savez, et où un mari pouvait être tué sur le champ de bataille. S’il n’y avait pas eu de documents en place, cette femme ne pouvait pas être propriétaire de sa maison. Elle ne pouvait probablement pas garder les enfants, vous savez, tout ça. Et donc, beaucoup des exemples historiques de contrat de mariage étaient conçus pour conférer des droits à la partie qui arrivait dans le mariage avec naturellement moins de droits, plus ou moins. Et ce qui est intéressant, c’est que maintenant, ce n’est évidemment pas fini, on est allé exactement dans le sens contraire. Jusqu’au bout. Exactement. Ce qui est intéressant, c’est que si vous cherchez simplement « prenup » sur Google ces temps-ci, du moins aux États-Unis, vous entendez souvent : oh, beaucoup de jeunes couples font des contrats prénuptiaux, ça devient beaucoup plus populaire. Ce n’est pas seulement pour les gens fortunés. Ce que je trouve intéressant là-dedans, c’est que beaucoup d’entre eux reviennent à ce concept plus traditionnel. Beaucoup des jeunes couples qui concluent des contrats prénuptiaux le font pour protéger l’autre partie, leur conjoint, contre les créanciers qui pourraient les poursuivre après un décès. C’est vraiment un geste généreux plutôt qu’un geste de protection défensif. Et pourtant, dans notre secteur, dans les cercles qui gravitent autour de la partie fortunée et de la famille fortunée, ça demeure tout à fait un geste d’atténuation des risques, pour s’assurer qu’un mariage ne se termine pas par la dissolution du patrimoine, et c’est vraiment ainsi que le perçoit la partie qui arrive avec moins d’argent. Et c’est en partie ce qui crée ce problème d’égalité. Tous ceux à qui j’ai parlé le savent plus ou moins, même les gens… même le conjoint arrivant, qui venait d’un milieu moins fortuné, qui comprenait… était plus ou moins d’accord avec le concept du contrat prénuptial parce qu’ils l’ont vu dans les films et qu’ils ont tous cette idée : oui, non, je comprends, vous savez, les gens riches ont besoin de protéger leur argent. Et j’ai trouvé tellement intéressant que ce soit essentiellement l’hypothèse que notre secteur a créée. Et ce qui est intéressant, pour revenir à la question des inégaux sur le plan financier, c’est que la majorité, une forte majorité, presque 80 % des couples que j’ai interviewés, étaient des couples où l’un se définissait comme héritier issu d’un milieu fortuné et l’autre non. Et donc, j’en ressors en disant, vous savez, c’est de loin la norme : une personne qui vient d’une famille fortunée finit par trouver un partenaire qui n’en vient pas, alors il faut vraiment examiner ça, vous savez, c’est la norme. Que faisons-nous de ce processus pour ne pas créer de discorde dans ces couples?

16:57
Donc, je suppose que ce n’est pas une question de faire un contrat prénuptial ou de ne pas en faire, c’est plutôt : eh bien, si vous devez le faire, comment allez-vous le faire? C’est plutôt la zone des nuances, et je pense que, de façon générale, le secteur qui sert les familles fortunées s’oriente vers une approche qui ne regarde pas seulement les solutions structurelles et juridiques, mais qui s’intéresse davantage au côté humain des choses. Et donc votre livre, je suppose, vise à faire bouger encore plus les choses dans cette direction. Ai-je raison?

17:31
Oui. Vous savez, je dis essentiellement que je pense vraiment que la raison pour laquelle le contrat prénuptial est mis sur la table, vous savez, 90 % du temps, c’est qu’on le voit comme une pratique exemplaire, la pratique exemplaire étant définie comme la préservation du patrimoine. Et je dis, éclairée par toutes ces entrevues, qu’il faut élargir… je suis d’accord avec vous, le secteur va dans cette direction, mais faisons-le encore davantage, particulièrement sur cette question du mariage et du contrat prénuptial. Élargissons la définition à la fois de la pratique exemplaire et de l’atténuation des risques pour y inclure les éléments humains. Donc, vous savez, si chaque conseiller devait entamer une discussion sur un contrat prénuptial et non seulement dire : oui, un contrat prénuptial pourrait vous aider à préserver vos dollars au maximum. Mais s’il devait aussi divulguer les risques humains en jeu : mais il pourrait créer des tensions dans la relation conjugale, ou il pourrait créer des tensions entre, vous savez, la personne qui entre dans la famille et la belle-famille, ou entre les deux belles-familles, ou, vous savez, s’ils divulguaient les risques humains, je pense que ce serait une conversation très différente. Ce qui se passe en ce moment, c’est que ces risques humains sont généralement simplement laissés de côté dans la discussion. Et je pense que c’est rendre un mauvais service à nos clients.

18:45
Eh bien, pour bien des décisions, on a historiquement plus ou moins tenu pour acquis que le côté humain allait se régler tout seul, avec toutes sortes d’ententes juridiques. Les gens vont voir leurs conseillers. Et on leur dit quoi faire, et d’accord, ils signent, et alors, qu’en est-il de la famille? Oh, tout va se mettre en place, et comme on le sait, pendant les premiers jours, les premières semaines et peut-être les premiers mois, ça fonctionne, mais tôt ou tard, le côté humain risque de réagir. Et c’est quelque chose qu’on essaie d’anticiper, et c’est vers ça que notre secteur s’en va, je pense. Il y avait quelques histoires, je pense, quand je vous ai entendue présenter, au sujet de situations où, disons, l’aîné ou l’un des enfants d’une famille avait fait le contrat prénuptial, puis un frère ou une sœur se mariait plus tard. Et il y a eu un non catégorique. Et puis c’était comme : d’accord, tu ne fais pas le contrat prénuptial, et on se retrouve avec une situation où certains des enfants ont un contrat prénuptial et d’autres ont réussi à s’en défiler. Est-ce une situation courante?

19:52
Vous savez, je ne parle pas nécessairement de cet ensemble de circonstances précis, même si j’en ai certainement entendu parler. Et il y a certainement une histoire que j’ai racontée où il y a eu un non catégorique. Et ça concernait davantage la discussion du couple entre eux, le type de mariage qu’ils voulaient et le sentiment d’unité qu’ils voulaient chez leurs parents, et le sentiment que signer le contrat prénuptial perturberait cela, et essentiellement, le fait d’être finalement prêts à renoncer à l’héritage pour ne pas avoir à introduire cette dynamique dans leur mariage. Mais ce que je dirai, c’est que je pense que les relations entre frères et sœurs sont difficiles. J’en entends beaucoup parler : les gens ne se sentent pas nécessairement libres de faire quelque chose de différent de ce que leur frère ou leur sœur a fait. Et ce que j’encouragerais les familles à faire, c’est de permettre l’autonomie et le choix entre plusieurs enfants. Je présente donc quelques pratiques exemplaires, en quelque sorte, du point de vue de la génération actuelle, comme vous l’avez dit, de la génération qui a créé la richesse. Ce que je considère comme une pratique exemplaire sur cette question, c’est, vous savez, d’informer leurs enfants, de les informer qu’un contrat prénuptial, c’est quelque chose qu’on peut faire, puis de leur donner un réel pouvoir d’agir et une réelle autonomie en disant : vous décidez, vous savez, toi et ton partenaire décidez ensemble, et ça nous est égal si toi, notre enfant, et ton partenaire le faites de cette façon, et toi, notre enfant, et ton partenaire le faites de cette autre façon. Je pense qu’il y a tout un autre thème dans ce livre : je pense que parfois, notre secteur confond le fait d’être ensemble avec la pratique exemplaire de préservation du patrimoine, d’une manière qui va au-delà de ce qui est nécessaire. Vous savez, on n’a pas vraiment besoin de travailler en parfaite synchronie pour préserver le patrimoine. Enfin, pas dans tous les cas, et on n’a même pas du tout besoin de patrimoine pour vivre de merveilleux moments heureux de complicité en famille. Et ce que j’ai vu dans toutes ces entrevues, c’est qu’il y a une attraction tout simplement naturelle, générationnelle, vers l’autonomie. Par rapport à ses frères et sœurs, à ses cousins, un désir de pouvoir, avec son propre partenaire et sa propre famille nucléaire, définir une vie à sa façon. Et j’ai entendu des histoires de gens qui disaient : c’est tellement ironique, parce qu’on a du mal en ce moment à se séparer de cette, vous savez, situation où on est en quelque sorte coincés avec d’autres membres de la famille. Et ce système dont on essaie de sortir a été conçu, vous savez, il y a 35 ans, exactement pour cette raison, pour que cette génération-là puisse se séparer des autres membres de sa famille. Et donc je dis en quelque sorte : si c’est normal, et il y a beaucoup de statistiques sur à quel point c’est normal, vous savez, 98 % des enfants adultes finissent par congédier le conseiller de leur famille, s’il est normal que les gens veuillent suivre leur propre chemin, acceptons simplement que c’est normal et aidons les gens dans ce processus, plutôt que de le stigmatiser en disant que c’est vraiment terrible que des gens fassent quelque chose de différent de ce que fait leur frère ou leur sœur. Ou, vous savez, je dis,

22:56
ça revient à la même chose que pour tant d’autres choses. Si on en parle bien à l’avance, ouvertement et en toute transparence, et que les gens ont un certain pouvoir d’agir et une certaine capacité à contribuer aux décisions qui sont prises pour eux, les choses vont mieux. Quand elles arrivent un peu à la dernière minute et qu’elles sont imposées d’en haut, les choses ne vont pas aussi bien.

23:19

Oui, vous savez, et l’une des histoires de bonnes pratiques en matière de contrat de mariage que je raconte correspond exactement à cet ensemble de faits que vous décrivez : il s’agissait, vous savez, d’une famille de sixième génération, avec essentiellement une très grosse fiducie commune. Et donc tous les jeunes membres de cette famille se faisaient dire à l’adolescence qu’ils devraient avoir un contrat de mariage, ne serait-ce que pour cette fiducie. Et l’une des histoires que je raconte est celle d’une femme qui s’est fait dire ça à l’adolescence. Quand elle a rencontré son partenaire au début de la vingtaine, elle le lui a simplement dit, vous savez, carrément, dès les premiers rendez-vous, en se disant : ça ne mènera probablement nulle part, alors je vais mettre ça sur la table, vous savez, et si ça le fait fuir, ça le fera fuir. Et ce que je trouve si brillant là-dedans, c’est qu’en faisant ça, elle a donné à son partenaire le pouvoir d’agir : il pouvait alors choisir si ça le dérangeait ou non. Et ça voulait aussi dire que tout ce qui a suivi dans la construction de leur relation au cours, vous savez, des cinq à sept années suivantes, ou peu importe, avant même qu’ils soient officiellement fiancés, reposait sur cette prémisse. Tout le monde savait donc à quoi s’en tenir, et ils ont pu bâtir des fondations sur la bonne prémisse. Alors je pense que c’était une autre merveilleuse histoire montrant comment préserver le pouvoir d’agir et la liberté de choix des deux partenaires, ce qu’elle a pu faire parce qu’elle le lui a dit aussi tôt qu’elle l’a fait,

24:45
parce qu’elle le savait suffisamment à l’avance et qu’elle était à l’aise d’en parler. Et si souvent, les problèmes viennent du fait que les gens n’ont pas le courage d’avoir ces discussions, ou qu’ils gardent les choses cachées plus longtemps qu’ils ne le devraient probablement. Exactement. Notre auditoire, comme je l’ai mentionné, est surtout composé de conseillers qui travaillent avec des familles, des familles fortunées, des entreprises familiales, des familles qui ont une entreprise familiale. Je me demande, à part acheter votre livre et en donner un exemplaire à nos clients, quelles sont d’autres façons dont nous, les gens qui conseillent les familles, pouvons utiliser votre travail pour aider les familles à obtenir de meilleurs résultats?

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Eh bien, j’apprécie vraiment la question, et je dirais, vous savez, qu’après avoir écrit ce livre, j’ai commencé à réaliser qu’il y avait là toute une conférence juste pour les conseillers, parce que je suis sortie de cette recherche avec une liste d’au moins sept à 10 choses que je ne ferai plus jamais de la même façon en tant que conseillère, à cause de ce que j’ai entendu. L’une concerne toute cette discussion sur le contrat de mariage : vous savez, je ne l’aborderai plus jamais comme, vous savez, une case à cocher sans émotion. Mais aussi d’autres choses qui sont, vous savez, pas si énormes. Vous savez, il y avait beaucoup d’histoires de jeunes qui avaient du mal à s’individualiser parce que le bureau familial ne cessait de leur offrir de l’aide, vous savez : on va s’occuper de tous vos… d’accord, on va faire tout ça. Et ils sont encore, vous savez, 15 ans plus tard, à se dire : je n’ai pas besoin… je ne sais pas comment faire les choses que mes autres amis adultes savent faire. Et la liste s’allonge encore et encore. Alors ce que je dirais, c’est que j’encourage les conseillers à lire ce livre en ayant en tête une question : wow, qu’est-ce que je sens que je dois changer dans ma propre pratique, d’après ce que j’entends de ces gens? Parce que je pense vraiment que les personnes interviewées à qui j’ai parlé, en racontant leurs histoires, nous transmettent à bien des égards un grand message à tous. Sur la façon dont nous devrions changer une partie de ce que nous faisons pour y répondre, afin que nos actions tiennent compte de la façon dont elles sont reçues par cette génération qui hérite.

26:51
Donc un peu d’autoréflexion, oui, après avoir lu le livre ou certaines des histoires du livre. Et réaliser que souvent, même si nous sommes en principe là pour aider, nous faisons en réalité partie du problème.

27:05
Oui. Et vous savez, je pense que nous sommes tous de bonnes personnes, n’est-ce pas? Je veux dire, je pense que nous sommes tous bien intentionnés, et je pense que nous essayons; beaucoup d’entre nous sont attirés par ce travail pour aider les familles et aider les gens. Et ce que j’ai appris de ces héritiers à qui j’ai parlé, c’est qu’il est très difficile de les aider quand nous nous concentrons uniquement sur ce qui est utile à leurs parents. Ce n’est fondamentalement pas la même question. Et nous confondons parfois ces questions parce que nous disons… regardez juste le langage que nous employons. Nous aidons les familles, entre guillemets. Qu’est-ce que ça veut dire? Vous savez, qui est ce client, qui en bénéficie ultimement? Dans la plupart des cas, c’est le parent créateur de richesse, ou le parent plus âgé, qui paie, vous savez, et ça tend à faire en sorte que ces jeunes ont l’impression que leurs intérêts ne sont pas vraiment ceux qui sont au centre de l’attention des personnes impliquées. Et je pense qu’ils ont raison, alors je pense que nous pouvons les aider en essayant de garder ça en tête.

28:05
Toute cette question de savoir qui est mon client est omniprésente, et ça fait partie de ce que nous avons appris dans le programme : la famille est le client. C’est facile à dire, mais ce n’est pas toujours facile à faire réellement. C’est ça, c’est ça. Oui, le livre, je suppose qu’il est rempli d’histoires vraies de personnes que vous avez interviewées, et donc il n’est pas rempli de données ni de quoi que ce soit de technique. Ce sont vraiment des histoires que les gens, je suppose, pour revenir à notre point de départ, étaient en quelque sorte contents de pouvoir enfin raconter, et il y a donc une authenticité qui se dégage de ces histoires, et je suppose que vous avez beaucoup appris en posant ces questions.

28:44
Oui, et je reviens à l’angle d’approche, vous savez : non seulement l’angle était entièrement centré sur cette génération qui hérite, ce qui est assez unique, je pense, mais une attention égale était accordée à la personne qui se marie dans la famille fortunée. Et donc, vous savez, j’avais les deux partenaires, et c’était vraiment intéressant; vous vous en rendez compte, et je m’en suis rendu compte en posant ces questions, que ces jeunes qui se marient dans la famille ne se font presque jamais demander : comment ça s’est passé pour vous? Vous savez, comment avez-vous vécu ça? Qu’est-ce qui vous a fait du bien, qu’est-ce qui ne vous a pas fait du bien? Comment vous êtes-vous senti en tant que partenaire dans une relation avec cette personne que vous aimez? Et quand vous posez ces questions, je veux dire, j’ai entendu à quel point la personne se sent seule, pour revenir à la discussion sur le contrat de mariage. Vous savez, une personne a dit, vous savez : on vous dit simplement d’aller vous trouver un avocat. Elle disait, vous savez : je mène une vie très réussie. J’ai une carrière prospère. Vous savez, je suis dans la trentaine, je n’ai jamais eu à aller simplement me trouver un avocat. Les gens disent ça comme si c’était normal. Et, vous savez, il y a juste beaucoup de… c’est juste révélateur. C’était, de façon générale, très révélateur d’entendre le point de vue de personnes à qui nous avons tendance à ne pas demander : comment ça s’est passé pour vous et quel effet ça a eu sur votre vie?

29:57
Eh bien, je suppose qu’il faut d’abord s’en soucier, alors merci de vous en être suffisamment souciée pour nous donner des histoires qui peuvent nous aider tous à comprendre qu’il y a tout un autre côté à cette question, et ces personnes qui se marient dans la famille… Ça a été formidable. Malheureusement, nous arrivons à la fin de notre temps ensemble. Alors, comme d’habitude, nous allons terminer avec quelques dernières demandes avant de conclure. Je dois donc vous demander une recommandation de livre, quelque chose que vous avez lu et que vous aimeriez faire connaître aux autres. Et la dernière sera un conseil d’une conseillère d’expérience qui travaille avec les familles à d’autres qui travaillent aussi avec des familles. Alors, pouvons-nous commencer par une recommandation de livre?

30:35

Bien sûr. J’ai lu beaucoup de livres pour la recherche, dans ma revue de la littérature pour ce livre, parce qu’il y a beaucoup de gens brillants dans notre domaine, et je ne voulais surtout pas réinventer la roue. Et j’ai cité un certain nombre de livres merveilleux d’autres personnes, mais je dirais que l’un de mes préférés, parmi ceux que j’ai lus en préparation de l’écriture de ce livre, était de Christian Heaney. Is he a any why, il s’intitule In Three Generations. Et c’est une histoire, c’est en quelque sorte une histoire de relève en entreprise familiale, mais ce qui est intéressant, c’est que c’est basé, c’est structuré comme une parabole. Je dirais donc qu’il s’inspire de sa propre expérience personnelle. Il est peut-être librement inspiré de sa propre expérience personnelle d’héritière dans une situation d’entreprise familiale. Mais c’est en raison de cette nature de parabole, en quelque sorte, qu’il est très profond. Je l’ai trouvé être l’un des livres les plus profonds sur le plan spirituel que j’aie lus qui touchent à notre domaine, et il est au bout du compte très positif. Alors je le recommande, c’est un bon livre. Et le seul conseil que je donnerais, c’est un peu de revenir à ce que je disais tout à l’heure : reconnaissez le rôle vraiment important que nous jouons tous dans ces dynamiques humaines avec nos clients, et mettez un peu plus en valeur le point de vue de ces jeunes dans tout notre travail. Vous savez, je vais vous donner un exemple précis, qui est que, vous savez, souvent on nous demande, le parent de la génération créatrice de richesse, oh, il y a une peur qui s’exprime : oh, mon enfant est allé rencontrer cette personne. Et je ne sais pas ce que je pense de cette personne. Et j’ai l’impression que, vous savez, mon enfant est peut-être en train de changer à cause de cette personne. On entend beaucoup de peur et de perte de contrôle. Alors qu’en réalité, quand on écoute le point de vue de ces jeunes, c’est normal pour les jeunes d’aller s’individualiser dans leur vie. Et ce que j’ai constaté, c’est que la norme est qu’ils trouvent souvent un partenaire qui agit presque comme le miroir qui leur renvoie l’image de la personne qu’ils veulent être, que les deux partenaires trouvent essentiellement dans l’autre partenaire de vie la personne qui les aide à revenir à la personne qu’ils veulent être, et souvent, cela semble différent de la personne qu’ils avaient l’impression d’être quand ils étaient enfants dans leur famille d’origine, et les parents perçoivent souvent cette individuation comme menaçante, ou voient le partenaire comme quelqu’un qui a changé leur enfant, alors qu’en réalité l’enfant devient simplement lui-même, et quelle chance merveilleuse qu’il ait rencontré quelqu’un qui l’aide à y arriver. Et je pense que si nous pouvons aborder tout notre travail avec la génération créatrice de richesse à travers le prisme de la compréhension de ce que disent ces jeunes, nous pouvons vraiment aider ces parents. Vous savez, maintenant que j’ai pu rapporter ces voix dans mon travail avec les parents, j’ai aidé des parents à comprendre ce que pensent leurs enfants. Et je pense que ça a en fait été très bénéfique pour les relations parents-enfants de pouvoir aider les parents à comprendre le point de vue de ces jeunes.

33:36
Et nous pouvons, et devrions probablement, faire un meilleur travail pour défendre ces voix plus discrètes dans les familles et les faire entendre à l’autre génération, parce qu’elles sont en quelque sorte désavantagées dès le départ, et je pense qu’en ce qui concerne l’atténuation de ce phénomène, vous savez, la relève change de conseillers, je pense que si nous le reconnaissons, que nous commençons à prendre les devants et à défendre leurs intérêts, nous aidons certainement la famille, et nous nous aidons nous-mêmes à long terme à garder ces clients.

34:08
Je pense que c’est tellement vrai. Vous savez, une question que j’ai posée, et qui vient en fait, je pense, de la voix de la relève. Donc, vous savez, Jay, Keith et Susan, c’était, vous savez : est-ce que ce conseiller me défend, moi? Vous savez, je pense, n’est-ce pas? Je pense que malheureusement, beaucoup d’héritiers et leurs partenaires répondraient non, vous savez, et ce n’est pas bon. Bien sûr, on veut remplacer cette personne.

34:30
Il faut, il faut changer ça, pour le bien de tout le monde. Vous savez, quand vous avez fait votre recommandation de livre, j’avais un sourire jusqu’aux oreilles, parce que je connais Kristen et je la considère comme une très bonne amie et une collègue de confiance. Et quand j’ai lu son livre, je venais de la rencontrer, et je suis immédiatement allé écrire une critique cinq étoiles sur Amazon. Vous pouvez donc aller voir ça. Nous mettrons un lien vers le livre de Kristen. Et si vous allez sur Amazon, vous verrez qu’il y a une critique cinq étoiles de Steve Legler datant de quelques années, donc nous n’avons pas répété ça, mais c’est drôle comme le monde est petit, et c’est formidable de pouvoir s’y connecter avec des gens extraordinaires pour faire ces balados. Alors, merci encore. Covey, le temps a filé. Merci de vous être jointe à nous et d’avoir partagé votre expertise avec notre auditoire.

35:17
Merci, Steve. Je vous en suis vraiment reconnaissante. Que le monde est petit.

35:21
Oui, il l’est. Chers auditeurs, si vous ne vous êtes pas encore abonnés, faites-le pour être sûrs de ne manquer aucun de ces épisodes mensuels. Merci encore à tous de vous être joints à nous. Je suis Steve Legler. À la prochaine,

35:35
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