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Exactement comme « NOUS » l’avons toujours voulu
À bien des égards, ce billet se faisait attendre depuis longtemps. Je rencontre des variantes de ce que je vais vous raconter cette semaine depuis des années, mais je ne me suis jamais senti obligé d’y consacrer un billet complet.
Une certaine convergence de cas dans ma tête, issus du passé et de discussions actuelles avec des clients et des clients potentiels, m’a finalement amené à m’attaquer à ce sujet difficile.
D’un autre côté, c’est tellement simple à décrire que même ceux qui connaissent peu l’entreprise familiale peuvent facilement se reconnaître dans ce genre d’histoires quand je raconte les faits de base.
Tous les parents disent qu’ils veulent ce qu’il y a de mieux pour tous leurs enfants, et chacun d’entre eux le croit quand il le dit.
Mais ils surestiment parfois ce qu’ils savent, ainsi que ce qu’ils peuvent contrôler pour que ça se réalise.
Bâtir l’entreprise familiale de rêve
Le plus près que j’en sois venu d’écrire sur une variante de ce sujet remonte à 2016, avec Quand votre plus grand désir est aussi votre plus grande crainte.
Mais ce billet portait sur le fait que les parents espèrent atteindre un niveau de richesse qui facilite la vie de tous les membres de leur famille, puis finissent par « dépasser » ce niveau, et se rendent soudain compte qu’ils font face à un tout autre défi, souvent qualifié de sentiment de droit acquis.
Cette semaine, nous examinons de nouveau les désirs des parents, mais sous un angle différent, et avec un tout autre type d’inconvénient.
Des associés improbables
La façon la plus simple de décrire le phénomène est de prendre l’exemple d’une entreprise familiale dirigée par une seule personne ou un seul couple, qui a plus d’un enfant.
Ils voudront souvent faire entrer tous leurs enfants dans l’entreprise avec eux, et diriger les choses ensemble comme la « grande famille heureuse » par excellence.
Et ça peut fonctionner un temps, surtout tant que la génération aînée reste en place pour étouffer dans l’œuf tout problème entre frères et sœurs.
Le problème survient plus tard, après le départ des parents, quand les frères et sœurs se retrouvent dans une situation où ils sont maintenant associés malgré eux.
Ils ont travaillé ensemble pendant un certain temps, mais à un niveau inférieur, avec moins d’enjeux et peut-être moins d’ego en cause.
Ils finissent par se rendre compte qu’ils sont coincés dans une association avec des personnes avec qui ils ne se seraient jamais lancés en affaires de leur plein gré.
« Des plans qui ne nous incluent pas »
Trop souvent, les parents élaborent avec des professionnels une planification successorale qui inclut une entreprise en exploitation, et parce qu’ils rêvent depuis longtemps que ce qu’ils ont bâti se poursuivra avec toute la famille à la barre, ces plans finissent par créer des associations entre frères et sœurs qui n’ont vraiment pas de grandes chances de survivre à long terme.
Voir Pourquoi la planification de la relève échoue
Quand on met la charrue (les structures juridiques) devant les bœufs (les relations entre les enfants censés bien travailler ensemble), les choses sont vouées à l’échec plus qu’au succès.
Et ça arrive tout le temps.
Avec un peu de chance, on peut s’en rendre compte à temps, les plans peuvent être modifiés, et un nouveau plan, qui tient compte cette fois de l’avis des personnes les plus touchées, peut être mis en place.
Sinon, ceux qui se retrouvent « coincés comme associés » risquent de voir leurs relations familiales endommagées parce qu’ils ne peuvent pas être à la hauteur des rêves de maman et papa.
Nous sommes meilleurs que nos parents!
J’ai même vu des variantes de cette situation où un parent espère que tous ses enfants continueront ensemble, malgré le fait qu’il a lui-même déjà travaillé avec ses propres frères et sœurs et s’est vite rendu compte que ça ne fonctionnait pas.
Ils ne pouvaient pas travailler avec leur propre frère ou sœur, et pourtant ils s’attendent à ce que leurs héritiers réussissent à travailler ensemble; ils croient sans doute que leurs propres compétences parentales sont de loin supérieures à celles de leurs parents!
Les compétences parentales ne sont qu’une variable dans cette équation, et le désir humain d’une certaine indépendance est généralement plus fort que le fait que vos parents vous aient appris à bien jouer ensemble.
Bien jouer ensemble quand on est enfants, c’est une chose; travailler ensemble à l’âge adulte, c’en est une tout autre.
L’heure de revenir à la réalité
Quand une famille fait appel à quelqu’un comme moi, c’est souvent une occasion de confronter à la réalité ces rêves dont nous parlions.
Évaluer les chances de succès est une grande partie de mon travail, et dans bien des cas (la plupart?), certaines modifications au « plan A » sont nécessaires pour augmenter leurs chances de réussite.
Le succès prend une forme différente pour chacun, mais le maintien de l’harmonie familiale est en tête de ma liste.


