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Placer les bonnes personnes dans les bons rôles
Servir des familles qui espèrent faire passer leur entreprise ou leur patrimoine à la génération suivante est toujours complexe.
Les lecteurs réguliers savent que j’encourage ceux qui servent ces familles à collaborer pour le bien de la famille, et c’est souvent plus facile à dire qu’à faire.
Tant de spécialistes participent à l’élaboration des plans « parfaits » qu’il devient difficile de garder les choses assez simples pour que la famille les comprenne et puisse les mettre en œuvre efficacement.
Avec autant d’intervenants externes, il faut souvent des compétences particulières pour communiquer le tout de façon à ce que toutes les parties prenantes se sentent entendues et puissent ensuite travailler ensemble avec les plans qui ont été créés.
Encore une fois inspiré par un groupe de pairs
Le billet de cette semaine m’a été inspiré par une remarque d’un membre d’un groupe de pairs, qui a formulé quelque chose d’une façon que je n’avais jamais entendue, du moins pas dans un contexte d’entreprise familiale.
Puis, dans un autre groupe une semaine plus tard, un autre collègue que j’estime beaucoup a formulé quelque chose de façon complémentaire, ce qui a fait de ce billet un incontournable pour moi.
Entre les organismes auxquels je me suis joint et les groupes de pairs dont j’ai eu le privilège de faire partie au cours de la dernière décennie, mes échanges avec des professionnels qui partagent ma vision sont en tête de liste de mes occasions d’apprentissage, et de mes sources d’inspiration pour mes billets.
Tant d’experts du contenu issus des « STIM »
La première occasion s’est présentée pendant une étude de cas que j’animais lors d’une rencontre mensuelle que j’organise.
Nous parlions d’un bureau familial (family office) où de nouvelles recrues éprouvaient certaines difficultés dans leurs communications avec les membres de la famille.
L’un des pairs du groupe a fait remarquer qu’il semblait y avoir beaucoup de gens issus des STIM (sciences, technologie, ingénierie, mathématiques) dans l’équipe de professionnels de ce bureau familial, mais qu’il ne semblait y avoir personne issu des arts libéraux.
Une ampoule s’est évidemment mise à clignoter dans ma tête, puisque j’avais maintenant une nouvelle façon de réfléchir à ce sujet.
Les arts libéraux à la rescousse?
J’ai deux enfants qui ont récemment obtenu un baccalauréat dans de très bonnes universités et, même s’ils ont les deux mêmes parents, ils ne pourraient pas être plus différents.
Le premier a étudié en génie et poursuit maintenant des études en analytique d’affaires; il est donc tout à fait issu du moule des STIM.
Le second a un baccalauréat en philosophie, politique et économie (« PPE »), qui est, je crois, l’un des plus anciens et des plus classiques domaines d’études des établissements d’arts libéraux, puisqu’il a vu le jour à Oxford il y a environ un siècle.
Quand je me suis demandé lequel de mes deux enfants serait le mieux placé pour relever le défi auquel faisaient face les professionnels du bureau familial, la réponse était évidente.
Ils ne manquaient pas de savoir-faire technique, mais leur capacité à gérer le côté humain des choses brillait par son absence.
Une belle collaboration « cerveau gauche » / « cerveau droit »
Sept jours après cet appel, j’étais avec un autre groupe qui se réunit en français chaque mois.
Ce groupe est composé d’environ deux tiers de praticiens axés sur le processus et les personnes, et d’un tiers de spécialistes du contenu et de spécialistes techniques.
Nous discutons de toutes les questions liées à la relève dans l’entreprise familiale, et au fil des années où nous nous sommes réunis, quelques collaborations ont vu le jour.
Pendant notre proverbial tour de table sur Zoom pour prendre des nouvelles (nous ne nous étions pas vus depuis juin), une membre nous a annoncé une nouvelle au sujet d’une collaboration qu’elle avait récemment menée avec un autre collègue de notre groupe.
Comme elle est axée sur les personnes et que son collaborateur est ingénieur, elle a fait remarquer qu’ils formaient une excellente équipe « cerveau gauche / cerveau droit ». (En fait, « cerveau gauche / cerveau droite »!)
Des compétences complémentaires, c’est la clé
Il est encourageant de voir que ceux d’entre nous qui se spécialisent dans les personnes et le processus sont de plus en plus perçus comme des éléments importants de l’univers complexe des plans de relève d’entreprises familiales et de transfert du patrimoine familial.
Malheureusement, ce n’est généralement qu’après que les spécialistes techniques se sont heurtés à un obstacle qu’ils ressentent le besoin de faire appel à des renforts du côté humain.
Plus la famille est grande et plus le scénario est complexe, plus les enjeux sont importants. Et plus les enjeux sont importants, plus il faut s’assurer que tout est bien communiqué et compris par toutes les parties prenantes.
Trop souvent, les experts appelés à gérer les subtilités structurelles et financières ne sont pas très habiles avec l’élément humain, et même mal à l’aise dans ce genre de rôle.
Assurez-vous qu’il y ait des gens issus des arts libéraux pour compléter ces profils STIM.


