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Ce n’est pas aussi universel qu’on pourrait le croire
L’inspiration de ces missives hebdomadaires est venue de toutes sortes d’endroits au cours de la décennie pendant laquelle j’ai partagé mes points de vue ici.
C’est sûrement la première qui découle d’un billet écrit il y a deux ans, que j’ai mentionné récemment à un client en coaching, puis de l’expérience que j’ai ensuite partagée avec ma coach.
Vous pourrez donc voir comment l’idée a évolué au fil des années, à mesure que j’ai continué à réfléchir à ce sujet.
Commençons par ce vieux billet de 2021, intitulé Le HUG familial que nous recherchons tous.
« Tout le monde veut les trois mêmes choses »
Ce billet a été écrit dans la foulée d’un cours sur la gouvernance familiale que j’avais donné pour le Family Firm Institute. (GEN 502, pour les plus curieux).
Pendant le webinaire de synthèse cette année-là, un étudiant a affirmé que toutes les familles veulent les trois mêmes choses, soit l’harmonie, l’unité et la croissance (Harmony, Unity, Growth), que j’ai ensuite regroupées sous l’acronyme évident HUG (câlin, en anglais).
À l’époque, j’étais à peu près d’accord avec l’idée que c’étaient des choses auxquelles toutes les familles entrepreneuriales s’intéressent vraiment et dont elles se préoccupent.
Oui, ce sont tous des objectifs louables, comme le soulignait ce billet, mais récemment, j’ai commencé à remettre en question l’universalité de ce triumvirat.
Pas si vite! Mon accompagnement d’un client
Récemment, pendant un appel Zoom avec un client en coaching avec qui je travaille depuis quelques années maintenant, il a mentionné quelque chose tiré d’un billet que j’avais écrit récemment.
Je dois dire que c’est assez génial qu’un client mentionne quelque chose que vous avez écrit pour un vaste public, mais qui lui a parlé personnellement, même si je ne pensais pas à sa situation quand je l’ai écrit.
Il s’agissait du billet Sur l’évolution, l’émergence et la renaissance.
Ce billet se terminait par quelques réflexions sur le fait que rien ne dure éternellement, et que des branches familiales qui suivent chacune leur propre chemin ne devraient pas automatiquement être vues comme un échec.
Ce client travaille à mobiliser sa génération montante de plusieurs façons, et il commençait maintenant à douter de lui-même.
Partager l’expérience avec ma coach
Quelques jours plus tard, alors que je faisais un retour là-dessus avec ma coach, j’ai pu repasser à travers tout ça et j’ai eu une sorte de révélation à ce sujet.
Je lui ai expliqué l’acronyme HUG et j’en suis ressorti avec une nouvelle perspective.
Bien sûr, toutes les familles veulent l’harmonie, nous pouvons pratiquement tous nous entendre là-dessus.
Mais qu’en est-il de l’unité? Eh bien, c’est certainement agréable quand elle se produit naturellement, ou même quand elle exige un peu d’encouragement, mais est-ce vraiment quelque chose pour toutes les familles?
Et si pousser trop fort l’unité commence à affaiblir l’harmonie, qu’est-ce qu’on fait?
Peut-on même s’entendre sur la croissance?
À mesure que j’avançais, le HUG a commencé à s’effriter.
Mon client a la chance d’avoir atteint un niveau de patrimoine où l’idée de le faire croître encore davantage n’est pas vraiment une priorité.
C’est difficile à comprendre pour bien des gens du 99 %, mais au-delà d’un certain point, avoir plus de patrimoine peut être plus difficile à gérer que d’en avoir moins.
Pour revenir au scénario du HUG, toutefois, si vous visez l’unité, alors vous avez en fait besoin de la croissance, parce qu’autrement la famille continuera de s’agrandir, et le patrimoine a intérêt à croître lui aussi!
Le simple fait d’en parler m’a permis de repartir avec un regard neuf sur ceux qui, dans mon domaine, gagnent leur vie en servant de telles familles.
Le balancier est-il allé trop loin?
Il y a dix ans, je déplorais habituellement le fait que la plupart des familles ignoraient le « cercle de la famille » et ne faisaient appel à des professionnels que pour le volet structurel de leur planification de la transition.
Maintenant, je commence à me demander si nous sommes allés trop loin dans certains cas, au point où les familles ont l’impression qu’elles doivent travailler sur l’unité, sinon c’est qu’elles ont tort ou qu’elles sont fautives.
Je suis à peu près certain que nous ne sommes pas allés trop loin de façon générale, mais l’idée qu’il existe quelque chose que « toutes les familles » veulent ou dont elles ont besoin doit être remise en question.
Qu’est-ce qui a du sens pour CETTE famille, maintenant?
Ma conclusion pour ceux d’entre nous qui travaillent avec des familles qui se préparent à transmettre leur patrimoine à la génération suivante est de les aider à envisager toutes les façons dont elles peuvent s’y prendre.
À mesure que nous comprenons leur réalité, nous pouvons ensuite les soutenir pendant qu’elles évaluent quelle voie a du sens dans leur situation particulière.
Et nous devons aussi tenir compte de l’endroit où elles se trouvent sur l’arc du temps de leur transition. Si nous essayons de les pousser sur une voie précise trop tôt, cela peut aussi se retourner contre nous. Soyez prudents, s’il vous plaît.


