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Les choses prennent toujours plus de temps, et c’est correct
Cela fait maintenant un peu plus d’une décennie que j’ai découvert l’univers des transitions en entreprise familiale et que j’y suis entré à titre de conseiller auprès des familles.
Ayant vécu le parcours de ma propre famille et suivi de près celui de la famille de ma femme, j’y suis arrivé avec beaucoup d’expérience vécue, mais pas grand-chose d’autre. (D’accord, avec beaucoup de passion et de curiosité aussi.)
En me plongeant à fond dans des formations en coaching, en facilitation, en résolution de conflits et en systèmes familiaux, je cherchais tous les moyens possibles d’apprendre à bien faire ce travail.
Ayant décidé de me spécialiser dans le cercle de la famille (par opposition aux cercles de l’entreprise ou de la propriété), j’avais du rattrapage à faire.
Les lecteurs réguliers savent aussi que je me suis joint à toutes les organisations de pairs possibles, puisque mes interactions avec elles ont inspiré bon nombre de mes missives hebdomadaires ici.
En compagnie d’un groupe de psychologues
L’un de ces groupes de pairs a été fondé il y a trente ans par plusieurs psychologues qui souhaitaient créer un lieu où les personnes ayant cette formation, et qui ont aussi développé une pratique au service des familles entrepreneuriales, pourraient se réunir et former une communauté d’apprentissage.
Il y a quelques années, deux de ses membres m’ont approché en me disant que je pourrais être un ajout intéressant à leur groupe.
Au début, j’ai refusé en disant que je n’étais pas psychologue et que je n’étais donc probablement pas « qualifié » pour en être membre.
Quelques paroles rassurantes, un peu de tordage de bras et quelques citations de Groucho Marx sur le fait d’« être membre d’un club qui accepterait quelqu’un comme moi comme membre » plus tard, j’en faisais partie.
Je reviens tout juste de ma troisième fin de semaine annuelle en personne avec eux (après deux ans de rencontres virtuelles grâce à vous-savez-quoi) et je veux vous faire part de certaines de mes réflexions.
Apprécier le processus
Je trouve étonnant qu’après une décennie dans ce travail, j’aie encore bien des moments « Eurêka ».
Passer du temps de qualité pendant une fin de semaine avec des professionnels qui partagent ma vision et qui essaient tous d’apprendre à mieux faire ce travail en a encore une fois été rempli.
Travailler avec des familles qui se préparent à transmettre leur patrimoine à la génération suivante est entièrement une question de processus, par opposition au contenu.
Le « livrable » est donc assez difficile à définir.
Les psychologues, dans leur pratique individuelle, voient généralement leurs clients en tête-à-tête, ou parfois en couple.
Le livrable pour leurs clients est aussi difficile à définir, mais ces clients (patients?) sont généralement en mesure de déterminer si le fait de continuer à voir leur professionnel de la santé mentale vaut le temps, l’effort et la dépense.
Ils passent du temps à partager leurs réflexions avec leur thérapeute et examinent comment ils vont et quels changements ils peuvent et devraient envisager d’apporter à leur façon de vivre.
Prendre le temps de rendre régulièrement visite à une telle personne est entièrement une question de processus.
Respecter le temps d’assimilation de chacun
De même, dans mon travail de coaching avec mes clients, je les aide à réfléchir à ce qui se passe dans leur vie, je leur offre une perspective nouvelle et je les encourage à apporter des changements positifs dans leurs actions quotidiennes.
Même si leur temps avec moi dure peut-être une heure, c’est pendant les semaines entre les séances que se fait la plus grande partie de l’assimilation.
Et chacun assimile les choses à son propre rythme.
Une grande partie de la complexité qui survient quand on travaille avec une famille entière vient du fait que ses membres assimilent rarement les changements qu’ils doivent apporter au même rythme.
Pendant cette récente fin de semaine entre pairs, l’un d’eux a fait remarquer que travailler avec une famille entière, c’est comme aller à la montagne et ne chercher que les pistes double losange noir.
Si vous survivez à celles-là, tout le reste est un jeu d’enfant.
Non seulement nous composons avec les émotions familiales, mais nous y ajoutons une entreprise familiale, et il y a beaucoup en jeu à chaque réunion.
Les membres de la relève dans la trentaine et la quarantaine ont des désirs et des priorités très différents de ceux de leurs parents, qui sont dans la soixantaine et la soixante-dizaine.
Guider le processus pour la famille
Travailler avec une famille sur sa transition, c’est un peu comme être un guide touristique. Voir Choosing your FamBiz Tour Guide
Un bon guide ajuste son rythme pour permettre à chacun d’assimiler le parcours et garde tout le monde ensemble.
Le plus difficile peut parfois être de ralentir ceux qui veulent avancer vite.
S’assurer que tout le monde a eu assez de temps pour assimiler les changements aidera toujours.


