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Réglons d’abord un ensemble de complexités
L’un des avantages de jouer divers rôles dans le domaine du conseil aux entreprises familiales, c’est que je me retrouve dans toutes sortes de situations où l’on discute de transitions du patrimoine familial.
Il n’est pas étonnant que le niveau de connaissance et de compréhension des façons de bien réussir ces transitions varie énormément.
Le fait d’être en contact avec des experts chevronnés comme avec des gens qui découvrent à peine ce domaine m’a donné des perspectives formidables, dont bon nombre que je partage ensuite ici.
C’est le cas du sujet de cette semaine, que j’ai entendu soulever par des nouveaux venus, probablement parce qu’ils travaillent à partir d’une base plus théorique que pratique.
Permettez-moi de m’expliquer et, je l’espère, de dissiper quelques mythes en cours de route.
« Tant qu’à y être, travaillons sur la suivante »
Je vous épargne les détails des histoires de fond, mais je vais vous en donner les grandes lignes.
Il m’arrive de discuter de situations où des familles en sont aux premières étapes de la planification de la transition de leur entreprise ou de leur patrimoine d’une génération à l’autre.
Ces transitions peuvent prendre beaucoup de temps et exiger beaucoup de planification, habituellement avec le soutien d’une grande variété de conseillers professionnels en cours de route.
De temps à autre, un conseiller bien intentionné va trop vite en besogne et se demande si, tant qu’à y être, il ne faudrait pas aussi mettre en place des plans pour la transition générationnelle suivante.
Pour être clair, je parle de planifier une transition des grands-parents aux parents (G1 à G2), ce qui est déjà complexe, et où quelqu’un suggère alors que, tant qu’à y être, on planifie la suivante, de G2 à G3.
Arrêtez, s’il vous plaît. S’il vous plaît, résistez à la tentation d’aller trop loin.
Quand la fiscalité mène la danse
Bien sûr, je sais que beaucoup de professionnels qui accompagnent les familles dans ces transitions sont très épris du concept de maximisation des économies d’impôt pour leurs clients, et j’aime moi aussi payer moins au gouvernement plutôt que plus, chaque fois que c’est possible.
Mais, et c’est un gros mais, les décisions prises dans le but de réduire les impôts doivent l’être en comprenant pleinement tous leurs effets secondaires, et non en supposant que toutes les autres choses vont simplement se régler d’elles-mêmes, comme par magie.
Quand je parle de « toutes les autres choses », mes lecteurs réguliers reconnaîtront que je m’intéresse ici aux relations familiales et au côté humain de ces transitions de patrimoine.
Si G1 possède et contrôle le patrimoine aujourd’hui, et que G2 est censée le posséder et le contrôler dans une ou deux (ou trois) décennies, c’est déjà un plan à très long terme, qui comporte, espérons-le, une certaine souplesse.
Quand ceux qui sont aux commandes aujourd’hui tentent de regarder plus loin dans l’avenir, bien au-delà de leur propre date d’expiration, je pense que vous courez au-devant des problèmes.
Arriver à assumer les rôles de leadership
Ceux qui sont appelés à assumer des rôles de leadership familial après la prochaine transition peuvent commencer à réfléchir à ce que ce sera et planifier bien à l’avance la façon dont ils assumeront ces rôles, et c’est une bonne chose.
Mais tant qu’ils n’y sont pas arrivés, qu’ils n’ont pas réellement vécu cette réalité et marché un bout de chemin dans ces souliers, il n’est pas réaliste de s’attendre à ce qu’ils planifient en détail la façon dont ils géreront la transition vers leur propre génération suivante.
Et quand une planification trop rigide a déjà été faite avant qu’ils prennent eux-mêmes le contrôle, les enfermant dans un carcan quant à ce qu’ils pourront faire au moment de passer le relais à leurs enfants, le ressentiment qu’ils éprouveront envers leurs prédécesseurs pourrait être énorme.
Une transition générationnelle à la fois, s’il vous plaît, comme je l’ai dit dans mon titre.
Pavé des meilleures intentions
Dans presque tous les cas, ceux qui créent des plans très structurés le font avec les meilleures intentions.
Ils veulent que le patrimoine qu’ils ont créé dure des générations, alors ils se donnent beaucoup de mal pour essayer de s’assurer que rien de mauvais ne puisse arriver et empêcher que ça se produise.
Les générations suivantes de leur famille hériteront donc d’un patrimoine considérable, mais bien sûr, ce patrimoine s’accompagne aussi d’un certain nombre de structures et de restrictions.
Malheureusement, les professionnels qui conseillent ces clients fortunés peuvent parfois devenir davantage une partie du problème qu’une partie de la solution.


