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Tant de jumelages à essayer de réussir
Quand des familles essaient de bien faire leur planification de la continuité, il n’y a jamais un seul conseiller professionnel qui peut répondre à tous les besoins de la famille.
Cette affirmation est plus que jamais acceptée aujourd’hui, et c’est une bonne chose.
Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus personne qui se croit capable de couvrir la plupart des besoins d’une famille, mais nous arrivons heureusement enfin à un point où la plupart des professionnels reconnaissent ouvertement leurs limites.
Ils reconnaissent l’importance de collaborer avec d’autres au service de leurs familles clientes.
Malheureusement, il reste un fossé immense entre dire qu’on est ouvert à la collaboration et vraiment bien collaborer de façon régulière.
Si c’était facile, nous serions plus nombreux à le faire, et à le faire plus souvent.
Voir Les principaux défis du service aux familles entrepreneuriales
Les premières présentations sont simples
Revenons à l’idée que j’ai évoquée dans le titre, soit le jumelage des familles avec des conseillers.
Un leader familial connaît souvent un conseiller ou a un ami dans une situation semblable qui va le présenter à un conseiller qu’il connaît et apprécie.
Mais après cela, il devient difficile pour ce leader familial d’évaluer si le conseiller qu’il a rencontré lui convient bien, et dans quelle mesure il peut être une bonne ressource pour sa famille.
Le plus souvent, ces relations commencent par des conseils techniques sur des questions juridiques et fiscales, ce qui, comme les lecteurs fidèles le savent, n’est pas à mon avis le point de départ idéal.
Tôt ou tard, certaines familles en arrivent à reconnaître qu’elles ont besoin de soutien pour amener les autres membres de la famille à la table et les faire participer aux discussions et à la planification.
La famille peut se rendre compte qu’elle a besoin de quelqu’un d’autre pour s’occuper des enjeux de dynamique et de relations, sans quoi une bonne partie de ce travail technique sera compromise ou peut-être vaine.
Les travailleurs autonomes : quelques avantages et inconvénients
Bon nombre des spécialistes du domaine du « cercle familial » sont indépendants, des « solopreneurs » si l’on veut, comme moi.
Un avantage majeur que nous avons est la souplesse de collaborer avec d’autres, peu importe le logo qui figure sur leur carte professionnelle (vous vous en souvenez?).
Je parle d’expérience : c’est un atout important.
Mais du côté des inconvénients, j’ai passé plus d’une décennie à attendre que la plupart des acteurs « institutionnels » comprennent et adoptent cette mentalité.
Il y a dix ans, j’espérais (peut-être naïvement) que ceux qui servent les familles sur les aspects techniques de leur planification verraient clairement qu’ils ne sont pas nécessairement bien outillés pour travailler sur les défis de dynamique familiale, et qu’ils m’inviteraient régulièrement.
La recommandation comme passation, ou une équipe intégrée
Être recommandé à une famille, c’est merveilleux, et ce serait bien que cela arrive plus souvent.
Une partie de l’hésitation à le faire vient peut-être de l’impression de « céder » un client à quelqu’un de l’extérieur de son cabinet.
Rien n’est plus faux, bien sûr, puisque tout bon consultant indépendant sait que si servir la famille passe en premier, tout juste derrière vient le fait de faire bien paraître la personne qui l’a recommandé (ne serait-ce que pour encourager, on l’espère, d’autres recommandations).
L’idée d’avoir une « équipe intégrée » commence à voir le jour dans certaines grandes institutions, qui reconnaissent l’importance d’offrir une gamme complète de services aux familles.
Mais les endroits où l’on peut trouver un « guichet unique » ne sont pas nombreux. Voir L’insaisissable solution parfaite « toute faite »
Les équipes intégrées relèvent surtout de l’idéal, du moins lorsqu’il s’agit de réunir à la fois les compétences techniques et le savoir-faire relationnel nécessaires pour travailler avec toute une famille.
Servir chaque membre d’une famille
Jusqu’ici, je n’ai parlé que des conseillers, et je n’ai même pas abordé le fait que, pour pouvoir agir comme facilitateur des réunions de famille, il faut obtenir l’approbation quasi unanime de tous les participants.
Je dis toujours que si une seule personne ne veut pas de moi, cela rend mon travail presque impossible.
Ils n’ont pas tous besoin de m’adorer, mais c’est mieux quand ils apprécient au moins la personne qui anime leurs réunions.
Il est aussi important que cette personne possède ce que certains appellent une « aisance multidisciplinaire », c’est-à-dire la capacité de comprendre ce dont les autres conseillers, plus techniques, parlent avec la famille.
Trouver le bon jumelage pour une famille peut demander du travail, mais cela en vaut la peine.


