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C’est ce que c’est, et ce que ce sera
Il m’arrive de dire, avec un certain cynisme, que le secret du bonheur, c’est d’avoir de faibles attentes.
Les réactions que suscite cette affirmation varient, bien sûr, mais il est rare que les gens la relèvent pour en discuter.
Cette semaine, j’ai donc envie d’approfondir la question de ce que nous sommes prêts à accepter, et de la façon dont y réfléchir peut être utile pour se gérer soi-même, surtout dans le contexte du travail avec des membres de la famille.
Ce sera peut-être un peu difficile à suivre, alors je m’excuse à l’avance, mais j’espère que vous resterez avec moi jusqu’à la fin pour voir comment tout cela va se dérouler.
Accepter qu’il faut accepter les choses
Je ne peux contrôler personne à part moi-même.
Et vous non plus, mais bien sûr, on parle maintenant de « vous-même », et plus de moi!
Bien trop souvent, nous souhaiterions pouvoir contrôler les autres, et nous croyons même que nous leur rendrions service en le faisant.
Si vous êtes parent, vous avez probablement une certaine perspective à ce sujet que d’autres ne peuvent peut-être pas comprendre.
Si vous êtes parent de jeunes enfants, essayer de contrôler vos enfants fait effectivement partie de votre responsabilité pendant que vous les préparez à devenir des adultes responsables.
Mais à un moment donné, ils deviennent bel et bien des adultes, et à partir de là, les contrôler n’est plus le travail de leurs parents.
Tôt ou tard, vous devez accepter que l’enfant que vous avez élevé jusqu’à l’âge adulte est maintenant un adulte, et qu’il n’est plus votre responsabilité.
Ça vient souvent avec l’âge
Il y a certainement une corrélation entre l’âge d’une personne et sa capacité à accepter qu’elle ne peut plus contrôler ses enfants.
Mais l’âge n’est qu’un des éléments, car je connais des gens qui vivent depuis bien des décennies et qui n’en sont toujours pas arrivés là, et je connais aussi des personnes plus jeunes qui ont déjà compris, malgré leur jeunesse.
Je souhaiterais seulement que ceux qui n’en sont pas encore arrivés là reconnaissent à quel point il est libérateur de lâcher prise sur ce désir de faire en sorte que les autres se conforment à leurs volontés.
C’est vraiment un principe de base : je fais ma vie, et vous faites la vôtre.
Très simple, et pourtant pas nécessairement facile.
Une fois que vous apprenez à accepter que les autres vont faire ce qu’ils veulent, et non ce que vous voulez, vous vous enlevez beaucoup de pression.
Un exemple concret inattendu
Quand j’ai rencontré « Lou » pour la première fois, il était très énergique, mais aussi plutôt nerveux.
C’était un voisin à mon chalet, alors je le voyais pendant l’été, puis pendant l’hiver, on se perdait de vue.
Un printemps, il est venu me voir et il semblait tellement plus calme, au point où je le lui ai fait remarquer.
Son divorce récent lui avait causé tellement de stress que son médecin avait dû avoir une discussion sérieuse avec lui au sujet des conséquences négatives sur sa santé.
« Alors, est-ce qu’il t’a prescrit des médicaments? », lui ai-je demandé.
Non. Il m’a dit de lâcher prise.
Il y avait plus que ça, bien sûr, mais c’était l’essentiel. Je suis content que Lou ait pu prendre le message à cœur, parce que sinon, je crains qu’il ne soit plus parmi nous.
Le médecin de Lou l’a aidé à voir que le stress qu’il croyait causé par son ex-femme était en fait quelque chose qu’il pouvait contrôler, en lâchant prise.
Arriver à votre propre prise de conscience
Chaque personne arrive ou non à cette conclusion, mais comme je l’ai dit plus tôt, quiconque y est arrivé peut vous dire à quel point c’est libérateur.
Êtes-vous conscient que vous vous faites du tort en continuant à vous accrocher à ce désir de voir les autres se comporter comme vous le souhaiteriez?
C’est l’angle de la conscience de soi auquel je faisais allusion dans mon titre.
J’ai déjà abordé ce sujet par le passé, dans Reposez en paix, de votre vivant, et dans L’équanimité, à vous pour seulement 250 millions $.
Si vous consacrez ne serait-ce qu’une petite partie de l’énergie et des émotions que vous dépensez à ruminer sur la façon dont les autres vivent leur vie, et que vous décidez plutôt de vous concentrer sur votre propre vie, vous aussi pouvez en profiter.
La plus grande ironie dans tout ça
Un aspect de tout cela qui me frappe toujours, c’est que ceux qui sont les plus coupables de ce travers sont généralement des exemples parfaits de personnes qui ont elles-mêmes agi tout à fait à l’encontre des désirs de leurs propres parents.
Vous les avez élevés pour qu’ils deviennent des adultes, maintenant laissez-les être des adultes.


