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Chaque génération a son propre échéancier
Travailler avec plusieurs générations d’une même famille est toujours un défi, pour bien des raisons.
L’une de celles qui est presque toujours présente, c’est que chaque membre de la famille a son propre échéancier, selon son âge et son étape de vie.
Même si ça peut sembler contre-intuitif, les plus jeunes, qui ont vraisemblablement une plus longue vie devant eux, sont généralement moins patients, alors que ceux qui sont plus près de la sortie sont rarement pressés de changer les choses.
Cette semaine, nous allons regarder sous le capot certains de ces enjeux du point de vue d’un praticien qui travaille avec une famille et qui tente de concilier certaines de ces différences naturelles.
Un atelier du FFI comme source d’inspiration
Les lecteurs réguliers ont l’habitude d’apprendre que bon nombre de mes idées pour ces billets viennent des congrès auxquels j’adore assister, où des pairs partagent leur travail pour le bien de tout l’écosystème.
Il y a quelques semaines, à Boston, au congrès du FFI, j’ai eu le privilège de présenter deux chers amis qui animaient un tel atelier, et le plus difficile dans mon rôle d’hôte, c’est que j’étais aussi chargé de terminer à l’heure, alors que personne dans la salle ne voulait partir!
J’ai pris beaucoup de notes, mais l’une d’elles continuait de me sauter aux yeux, et c’était cette citation : « Oui, mais grand-papa n’est pas encore rendu là ».
Mon ami conférencier racontait l’histoire d’une petite-fille qui était frustrée par le rythme du changement dans sa famille, ce qu’elle avait confié au coach et facilitateur de la famille.
Celui-ci était coincé dans un rôle que je connais bien, tout comme bien des gens dans la salle ce jour-là : celui de la personne qui travaille entre les générations et tente de les rapprocher.
Une situation qui me touche de près avec mes propres clients
Ce n’est pas toujours grand-papa.
Cette anecdote m’a parlé en pensant à un parent avec qui je travaille présentement, dont la relève montre une certaine impatience devant le rythme de changement que le leader de la famille est prêt à accepter.
Un patrimoine durement gagné s’accompagne généralement de certains traits de caractère qui rendent ceux qui en sont responsables réticents à céder le contrôle qu’ils ont toujours eu.
Ce relâchement du contrôle sur les décisions se fait rarement rapidement, et l’impatience des plus jeunes membres de la famille est malheureusement la norme dans la plupart des cas.
Il n’y a pas de solution rapide, et c’est simplement une autre illustration de la nécessité d’aborder ces questions comme un long processus plutôt qu’un événement unique.
Ça prendra un certain temps avant que grand-papa y arrive, et c’est parfaitement normal et compréhensible,
L’angle du capital humain
L’ébauche de ce billet me trottait dans la tête l’autre jour pendant un appel entre pairs qui l’a ramenée au premier plan.
Une collègue faisait part de sa frustration à l’égard d’un client, fondateur d’entreprise, et elle a fait remarquer qu’il faisait preuve de peu d’empathie.
D’autres participants ont souligné que c’est malheureusement assez courant chez les fondateurs très ambitieux.
Comme je crois fermement à l’importance du capital humain, ça m’a dérangé.
Quand je pense au capital humain d’une famille, ça veut dire que chaque membre de la famille a la possibilité de devenir la meilleure version de lui-même.
Toute famille qui a accumulé un patrimoine important est en mesure d’utiliser une partie de ce patrimoine au profit de chaque membre de la famille.
Le patrimoine comme loupe
Comme bien d’autres complexités qui touchent les familles et leurs relations entre leurs membres, le patrimoine agit souvent comme une énorme loupe.
Une famille aux moyens plus modestes peut avoir des problèmes semblables, mais la présence d’un patrimoine important peut rapidement faire prendre des proportions démesurées aux choses.
C’est malheureux quand je vois des familles qui ont le potentiel d’utiliser leur patrimoine de façon positive pour le capital humain de la famille, mais où le manque d’empathie des leaders familiaux crée de la résistance et, en fait, le diminue.
Un guide pour accompagner la famille dans ce parcours
Terminons en examinant le rôle qu’un coach ou un facilitateur peut jouer pour guider une famille dans un tel parcours.
Quand des personnes de chaque génération peuvent s’asseoir ensemble et avoir des conversations civilisées et productives sur des sujets délicats comme celui-ci, on peut faire des progrès.
Ce n’est pas facile pour les familles d’avoir de telles discussions par elles-mêmes, alors les plus courageuses font appel à un spécialiste externe et indépendant pour tenir l’espace pour elles.
Ça peut faire (et ça fait!) toute la différence du monde.
Nous pouvons amener grand-papa à y arriver, avec un peu de temps et de patience.


