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Une question aux nombreuses réponses
Quand vous dites aux gens que vous travaillez avec des familles prospères qui planifient la transition de leur patrimoine ou de leur entreprise à la génération suivante, vous recevez souvent beaucoup de questions curieuses.
Les questions partent dans toutes les directions, bien sûr, mais il ne faut généralement pas longtemps avant qu’on veuille mieux comprendre de quel niveau de richesse il est question.
Comme je répugne à avancer un montant précis en dollars à ce sujet, j’ai tendance à faire preuve de créativité dans mes réponses.
Même s’il est tout à fait vrai que le niveau de complexité d’une famille donnée est plus important que sa valeur nette, peu de gens sont satisfaits de cette réponse.
Alors cette semaine, nous allons examiner la question « Quel patrimoine est suffisant? » sous quelques angles.
Commençons par le niveau le plus élevé
Bien sûr, la version la plus élevée de la question est une version plus existentielle, c’est-à-dire « Combien, c’est assez? », et celle-ci trouve aussi écho auprès de la même clientèle.
Ceux qui sont motivés à bâtir une entreprise continuent souvent de travailler à accumuler toujours plus de richesse, même lorsqu’ils ont déjà accumulé plus qu’ils ne pourraient jamais dépenser de leur vivant.
Je suppose que ceux qui, comme moi, travaillent avec ces gens devraient être reconnaissants qu’ils existent, parce que sans eux, nous aurions beaucoup moins de travail!
Mais cet article ne porte pas sur cette version de la question.
L’étincelle de ce blogue est venue d’une conversation à l’heure du dîner, lors d’une conférence récente, avec une personne à côté de qui je me trouvais assis ce jour-là.
Existe-t-il un « juste milieu » dans la pyramide de la richesse?
La personne avec qui je dînais travaille elle aussi avec des clients familiaux dans une tranche semblable de la « pyramide de la richesse », c’est-à-dire pas à la base, avec ceux qu’on qualifie généralement de « masse aisée » ou de « penta-millionnaires ».
On ne nous demande pas non plus normalement de travailler avec ceux qui sont tout en haut, que l’on pourrait appeler les « méga-milliardaires », ou même simplement les milliardaires « ordinaires ».
Entre les deux, il y a un espace qu’on range normalement dans la catégorie des personnes à « très haute valeur nette » (UHNW, pour Ultra High Net Worth).
Les montants en dollars que diverses personnes attribuent aux limites supérieure et inférieure de cette catégorie fluctuent avec le temps et dépendent, bien sûr, de la personne à qui l’on pose la question.
Par souci de simplicité, je vais vous donner les chiffres que j’ai entendus le plus souvent, qui situent le bas de la fourchette autour de 30 à 50 millions de dollars, et le haut quelque part entre 500 millions et 1 milliard de dollars, à une erreur d’arrondi près.
Compter les familles, les branches ou les ménages?
Notre conversation est devenue plus intéressante quand nous en sommes arrivés au nombre de membres de la famille avec lesquels nous travaillons, sujet qui est probablement venu quand j’ai parlé de complexité.
Mais j’ai alors proposé plutôt ma mesure simplificatrice préférée, qui consiste à regarder le nombre de ménages que le patrimoine familial doit faire vivre.
Allons-y maintenant, parce que c’est de là qu’est venu mon moment eurêka lors de cette discussion.
Le fondateur lance une entreprise pour faire vivre un seul ménage, celui de sa famille immédiate.
Une génération plus tard, en supposant qu’il a trois enfants, cela devient quatre ménages, puisque chaque branche fonde sa propre famille nucléaire.
Quand on répète cela une génération plus tard, les chiffres peuvent augmenter rapidement.
Numérateur et dénominateur, d’une génération à l’autre
Alors qu’au début de cet article nous regardions le numérateur de l’équation, nous ne pouvons pas oublier le dénominateur, c’est-à-dire les personnes ou les ménages.
La complexité augmente à mesure que le niveau de richesse et le nombre de membres de la famille augmentent.
Mais venons-en au moment eurêka que j’ai annoncé plus haut.
Au bas de l’échelle des UHNW, quand on pense à une famille dont la valeur nette est, disons, de 40 millions de dollars, c’est considérable tant qu’on parle d’un seul ménage.
Si cette somme doit maintenant faire vivre 5 ménages (en supposant quatre branches), on parle maintenant d’un montant à sept chiffres pour chacun, et le seuil pour servir une telle famille n’est peut-être plus atteint.
Neuf chiffres, pour qu’il en reste huit après la division
Ma « révélation » pendant cette discussion, c’est qu’il faut presque viser un montant à neuf chiffres pour une famille, afin qu’après la transition générationnelle suivante, on parle encore de huit chiffres par ménage.
Investir le temps et les efforts dans la gouvernance familiale n’a pas de sens à tous les niveaux de richesse.
Les familles ne feront ces investissements que lorsqu’elles peuvent en voir la valeur à long terme, et leur tranche dans la pyramide de la richesse peut jouer un grand rôle.


