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La différence entre savoir quoi faire et savoir comment le faire
Écrire chaque semaine sur un sujet aussi pointu que les défis de la transition des entreprises familiales et du patrimoine m’amène forcément à répéter certaines idées, d’autant plus que je le fais chaque semaine depuis bien plus d’une décennie.
C’est le cas cette semaine : j’ai failli revenir sur un sujet que j’avais abordé en 2021, avec beaucoup trop de recoupements, mais je m’en suis aperçu à temps pour réajuster ce billet.
Comme cela arrive parfois, voir quelqu’un présenter une idée d’une nouvelle façon juste à temps pour que je puisse l’intégrer ici a été un heureux hasard.
Alors qu’au départ, j’avais pensé opposer seulement les compétences et les connaissances, ajouter la notion d’attitude donnera à mes réflexions un angle plus neuf.
Alors, allons-y.
Les connaissances ne suffisent pas
L’idée principale de ce texte devait être de souligner que pour travailler avec les familles comme facilitateur dans le domaine de la gouvernance, les connaissances, c’est-à-dire « quoi faire », ne suffisent pas.
Parce que ce travail porte davantage sur le processus que sur le contenu, et davantage sur les relations que sur les structures, posséder les compétences en communication nécessaires pour guider une discussion est une nécessité absolue.
L’idée d’écrire sur les compétences m’est venue récemment en voyant une publicité télévisée qui encourageait les jeunes à se diriger vers les « métiers spécialisés », afin de commencer à s’attaquer à certains des vents contraires économiques du Canada, comme notre pénurie de logements.
Il ne suffit pas de « savoir » que nous avons besoin de plus de logements, il nous faut des gens qui ont les compétences pour les construire.
Et pour que les gens aient envie d’acquérir ces compétences, nous devons commencer à changer leur attitude envers ces métiers.
Le désir d’acquérir les compétences requises
Pour revenir à notre sujet, lorsqu’on travaille avec des familles qui veulent transmettre leur entreprise ou leur patrimoine à la génération suivante, savoir ce qu’elles devraient faire n’est que la première question, et la plus petite.
Avoir les compétences pour interagir avec elles afin qu’elles puissent avoir les conversations importantes entre elles sur la meilleure façon d’y arriver, compte tenu de leur situation particulière, est probablement encore plus important.
Trop souvent, des professionnels très compétents ont fait un excellent travail pour aider ces familles à mettre en place les structures qui détiendront et feront fructifier leur patrimoine, en réfléchissant très peu à la façon dont les membres de la famille devront interagir entre eux pour que tout fonctionne.
Je suis heureux de constater que de plus en plus de ces experts commencent à reconnaître la nécessité d’aller plus en profondeur avec ces familles clientes, et cherchent à perfectionner leurs compétences pour interagir de cette façon avec elles.
L’attitude envers ces compétences évolue dans le bon sens.
L’attitude précède-t-elle les compétences?
En 2021, dans Skills Vs. Knowledge in Family Enterprises, nous avons examiné l’idée que les compétences interpersonnelles sont un atout important que les conseillers doivent développer s’ils espèrent aider les familles.
Bien que de nombreux conseillers craignent de devenir trop personnels avec leurs clients, si vous voulez fidéliser les familles que vous servez, il devient essentiel d’adopter l’attitude voulant que vous deviez leur montrer que vous vous souciez d’elles.
Lors d’un récent appel de leaders d’opinion du PPI, David York, dont j’ai partagé les idées ici à plusieurs reprises au fil des ans, a abordé ce point.
Il a fait remarquer que même si certains conseillers évitent les sujets personnels par crainte de devenir le thérapeute de leur client, ce n’est pas la meilleure façon de voir les choses.
« Vous n’avez pas besoin d’être leur thérapeute pour poser des questions, pour leur montrer que vous vous souciez d’eux, pour être leur ami », a-t-il dit.
Encore une fois, tout commence par un changement d’attitude.
Pratiquer, pratiquer, pratiquer
Comme pour tant de compétences, plus vous pratiquez, meilleur vous devenez.
Mais tout commence par l’adoption de la bonne attitude envers ce travail.
Vous n’avez pas besoin d’en arriver au point de vous sentir comme le thérapeute de quelqu’un pour lui poser des questions sur les membres de sa famille.
Les connaissances qui permettent aux professionnels de servir les propriétaires d’entreprise sont ce qui leur permet de s’asseoir à la table.
Mais développer les compétences nécessaires pour avoir des conversations plus profondes avec leurs familles clientes, c’est ce qui les rend indispensables.
Adopter l’état d’esprit d’un ami bienveillant est probablement la façon la plus simple de voir les choses et de se lancer.
Ensuite, continuez à pratiquer, et cela deviendra plus naturel avec le temps.
Les compétences s’apprennent, et les progrès peuvent aussi venir assez rapidement.


