Quand vous mettez délibérément vos réflexions par écrit chaque semaine, et que vous le faites depuis plus de dix ans, vous finissez par recycler des idées que vous avez déjà soulevées.
À l’occasion, vous croyez avoir trouvé quelque chose de nouveau, pour vous rendre compte que vous l’avez déjà abordé, et vous voilà devant un dilemme.
Bien sûr, il y a toujours de nouvelles façons de présenter quelque chose et de lui donner une nouvelle saveur, alors normalement, je poursuis tout simplement, parce que quelque chose m’a poussé à « aller là », même si « là » est un endroit où je me suis déjà aventuré.
Nous revenons donc, encore une fois, au thème de l’addition par la soustraction.
Voir Addition by Subtraction in the Family Business (2024).
Section 01
Une expression que j’adore… et que je déteste
Si j’ai ressenti le besoin d’écrire de nouveau sur cette expression, c’est en partie parce que j’aime vraiment utiliser la formule « l’addition par la soustraction ».
Je ne sais pas si c’est parce qu’elle est courte ou en raison de la juxtaposition ironique de ses deux mots principaux, mais elle est devenue une formule qui me vient spontanément chaque fois qu’une situation laisse ne serait-ce qu’entrevoir la possibilité de faire plus avec moins.
Mais comme mon terrain de jeu professionnel habituel concerne généralement des personnes qui ont des liens de parenté, chaque fois qu’une telle situation se présente, même à peine, je déteste en fait cette expression.
Chaque fois que l’idée d’écarter un membre de la famille pour améliorer les choses est ne serait-ce qu’envisagée, cela ressemble à une forme d’échec.
Section 02
Il est plus facile de l’ignorer en espérant que ça passe
Comme je ne fais pas partie des familles que je sers, ma perspective doit toutefois être différente.
Pour les membres de la famille, la moindre allusion à l’idée de faire « sortir » un membre de la famille semble être une zone interdite.
Il est tellement plus facile d’ignorer le problème et d’espérer simplement qu’il se réglera par miracle.
Hélas, espérer un miracle n’est pas une stratégie, comme vous l’avez sûrement déjà entendu.
Section 03
« Ils l’ont mis dehors parce qu’il était trop paresseux »
Il y a quelque temps, un ami de longue date qui travaille dans un autre domaine, mais qui a aussi quelques clients en entreprise familiale, me parlait d’une entreprise familiale locale qu’il sert.
Sans que je le lui demande, il m’a confié que plusieurs frères et sœurs étaient en train de reprendre l’entreprise de leur père.
Il a ensuite ajouté qu’un des frères ne participait pas à cette reprise parce que
« ils l’ont mis dehors parce qu’il était trop paresseux ».
Cette phrase m’est restée en tête, et je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce qu’elle a été dite avec une certaine franchise brutale qui la rend mémorable.
Je ne sais pas non plus si cette formulation est l’interprétation de mon ami ou si c’est ainsi que les membres de la famille l’ont présenté quand ils lui en ont parlé.
Section 04
Trop d’exemples pour les compter
Quand je pense aux familles que je connais où les membres ont essayé de rester ensemble pour le simple fait de rester ensemble, j’ai plusieurs exemples où ils se sont accrochés trop longtemps.
J’en ai même un où les avocats sont sur le point d’entrer en scène et où je pourrais finir par devoir faire une déposition.
Toute famille qui réussit à maintenir une forme d’entreprise sur plusieurs générations doit faire un certain « élagage » en cours de route; autrement, les choses deviennent tout simplement trop lourdes à gérer.
Voir Pruning the FamBiz Ownership Tree.
Section 05
Retour aux trois cercles, encore une fois
Je viens de nous ramener, sans le vouloir, aux trois cercles en mentionnant la propriété.
Voir Three Circles + Seven Sectors = One A-Ha Moment (de 2013!).
Les familles doivent décider qui peut être propriétaire de l’entreprise et qui le sera, ainsi que qui peut y travailler et qui y travaillera.
Mais la famille reste la famille, quoi qu’il arrive, n’est-ce pas?
Le seuil pour être exclu de la famille est certainement plus élevé que pour les deux autres cercles.
Lors d’un récent congrès sur les entreprises familiales, j’ai assisté à une séance qui portait exactement sur ce sujet, c’est-à-dire : oui, vous pouvez congédier un membre de la famille, de l’entreprise, mais pas de la famille.
Section 06
La possibilité de rédemption
En réfléchissant aux situations dans lesquelles j’ai été impliqué, je me rends compte que, quand nous arrivons, nous voyons les choses d’une certaine façon et concluons que quelqu’un semble irrécupérable.
J’en vis une en ce moment où, au départ, les idées sur la façon de retirer un membre de la famille de l’entreprise étaient au premier plan, mais maintenant, les choses ont changé.
Laissée à elle-même, la famille aurait probablement abandonné et congédié cette personne à l’heure qu’il est.
Mais avec de l’intention et des efforts, nous avons pu trouver le bon rôle, où elle peut s’épanouir et apporter de la valeur à l’entreprise, pour une véritable situation gagnant-gagnant.


