J’aime me considérer comme un bon gars. Je pense que la plupart des gars aussi. Mais les gentils ne finissent-ils pas toujours derniers? Ce n’est pas vrai, n’est-ce pas?
Il y a quelques semaines, mon associé Tom est arrivé au bureau en déplorant le fait qu’il était « trop gentil » et qu’il avait parfois l’impression que les gens profitaient de lui pour cette raison.
Je lui ai dit que je ressentais souvent la même chose. Mais je lui ai aussi dit que je ne pensais pas qu’il pourrait ou devrait un jour changer. Et je suis à peu près certain qu’il ne changera pas. Ce n’est tout simplement pas dans son ADN. Ni dans le mien.
Mais cela ne veut pas dire que nous laissons simplement les gens nous marcher sur les pieds, car ce n’est pas le cas non plus. Tom et moi avons beaucoup de traits en commun, et bien sûr, nous sommes aussi différents à bien des égards.
L’un de nos traits communs est l’empathie. Nous sommes tous les deux assez doués pour voir les choses du point de vue des autres, puis pour comprendre ce qu’ils ressentent face à une situation. C’est exactement ce que Tom voulait dire quand il parlait d’être trop gentil.
Pour revenir à la conversation que nous avons eue ce matin-là, je lui ai demandé si ces sentiments survenaient plus souvent dans sa vie personnelle ou dans sa vie professionnelle. Je savais déjà qu’il répondrait « personnelle » quand je lui ai posé la question.
J’ai travaillé avec Tom dans de nombreuses situations et je l’ai vu agir pour quelqu’un d’autre que lui-même. Quand il représente une entreprise, un client ou une autre personne, il reste poli et généralement amical. Mais quand les choses se corsent, il peut rapidement laisser tomber son personnage de « bon gars ».
Je ne sais pas trop pourquoi, mais il m’est aussi beaucoup plus facile d’endosser le rôle du « méchant » quand je représente quelqu’un d’autre. Peut-être que nous n’aimons tout simplement pas devoir recourir à des tactiques dures pour notre propre bien. Voulons-nous vraiment passer pour un trou de c–? Pas vraiment.
L’autre jour, j’expliquais cette idée de blogue à ma fille, qui a 11 ans. Je lui ai dit que lorsqu’il s’agit de représenter quelqu’un d’autre, je trouve plus facile de jouer le méchant et de poser les questions difficiles. Ou de hausser le ton quand c’est nécessaire.
Elle adore son cours d’art dramatique et a suivi des cours d’improvisation et de théâtre, alors je lui ai dit que lorsque je suis en position de représenter quelqu’un d’autre, je vois cela un peu comme un rôle, ou, comme je l’ai dit, un « numéro ».
Elle m’a entendu hausser le ton plus d’une fois, et elle se souvient aussi de son grand-père et du fait qu’il valait mieux rester dans ses bonnes grâces. « Penses-tu que je peux jouer le rôle du méchant quand il le faut? », lui ai-je demandé. Elle a hoché la tête et m’a lancé ce regard qui voulait dire « oh que oui ».
Nous avons tous vu des séries policières où l’on utilise la technique du « bon flic, méchant flic » pour essayer de faire avouer un suspect. Ce dont je parle est différent, mais pas complètement.
Mon associé et moi préférons tous les deux être le bon flic, et le bon flic peut généralement gérer 90 % des situations auxquelles on fait face. Mais dans les situations qui l’exigent, il faut parfois passer au numéro du méchant. D’après notre expérience, il est toujours plus facile d’être le méchant flic quand on le fait pour quelqu’un d’autre. Sinon, on risque de passer pour le trou de c–.