Quand on me demande, dans une soirée, ce que je fais dans la vie, je réponds : « Je suis conseiller en entreprise familiale. » La réaction la plus fréquente est un regard perplexe, comme pour dire : « Ça existe, ça? »
Et je dois avouer que pour moi, il y a à peine quelques années, ça n’« existait » pas, dans aucun sens du terme. Toutefois, à mesure que je m’implique davantage auprès d’organisations regroupant des gens qui partagent ma vision, je suis plus convaincu que jamais à la fois du besoin de conseillers comme nous et de la demande que nous créons pour nos services.
Un article récent du Globe & Mail, Ten reasons why family businesses fail, a ramené le sujet au premier plan pour moi. L’article mentionne, comme raison no 2, le « manque de conseillers de confiance ». Il fait ensuite l’éloge de l’IFEA, l’Institute of Family Enterprise Advisors, que j’appuie naturellement moi aussi, étant à la fois membre et diplômé de son programme de formation.
Je me permettrais toutefois de nuancer un peu la formulation « manque de conseillers de confiance ». Je crois que dans la plupart des cas, les dirigeants d’entreprises familiales ont de nombreux conseillers en qui ils ont confiance. Il n’y a donc pas de manque de conseillers, à mon avis.
Est-ce que ça veut dire qu’il y a un manque de confiance, alors? Oui et non. Je fais confiance à ma mère pour bien des choses, mais je ne lui demanderais pas de conseils juridiques. Je fais aussi confiance à mon avocat, mais je ne lui demanderais pas conseil sur la façon de faire ces galettes de pommes de terre dont je me souviens depuis mon enfance. Bref, on fait confiance à différentes personnes pour différentes choses.
Qu’en est-il alors des conseillers de confiance en entreprise familiale? Cela nous ramène encore une fois à l’IFEA, et aussi à FFI (The Family Firm Institute), deux des principales associations qui réunissent des conseillers en entreprise familiale et en patrimoine familial.
L’IFEA et FFI offrent tous deux des programmes de formation et de certification aux personnes qui conseillent les entreprises familiales. Ils offrent aussi à ces personnes une communauté où partager ce qu’elles ont appris, ainsi qu’un réseau de chercheurs qui font progresser à un rythme toujours plus rapide le jeune domaine du conseil aux entreprises familiales.
Ce à quoi je faisais référence plus haut, en contestant le choix des mots « manque de conseillers de confiance », relevait davantage d’une question de sémantique : « ne pas faire confiance à leurs conseillers sur les questions les plus importantes ». J’aime toujours souligner que les entreprises familiales ont plein de conseillers pour leurs préoccupations d’affaires, mais beaucoup moins de ressources pour les aider avec leurs préoccupations familiales.
Ajoutez à cela l’affirmation selon laquelle davantage d’entreprises familiales échouent pour des « raisons familiales » que pour des « raisons d’affaires », et vous commencez à comprendre pourquoi je crois qu’il existe un énorme potentiel pour former des conseillers qui comprennent le chevauchement entre la famille et l’entreprise.
Une fois que les dirigeants d’entreprises familiales comprennent qu’il existe des conseillers comme nous, ils nous confient des questions dans ces domaines clés. Quels sont certains de ces domaines? Je suis content que vous posiez la question.
Je les divise habituellement en trois grands domaines : la facilitation, le coaching et la médiation.
La facilitation porte sur la façon dont un groupe travaille ensemble, et consiste à rendre les choses plus faciles (« plus facile » en français) en agissant comme intermédiaire et comme expert en communication interpersonnelle.
Le coaching, pour moi, consiste surtout à amener les personnes à réaliser leur plein potentiel, à les aider à surmonter les obstacles, à faire ressortir le meilleur d’elles-mêmes.
La médiation est nécessaire lorsqu’il y a entre des parties un conflit qui semble insoluble, à moins qu’elles n’obtiennent de l’aide extérieure, d’un médiateur qualifié, et jusqu’à ce qu’elles l’obtiennent. Trop de familles attendent d’en arriver là avant de faire appel à de l’aide extérieure.
Tous les conseillers en entreprise familiale que je connais préféreraient intervenir plus tôt, avant que la médiation soit nécessaire. Mais si c’est à ce moment et à cet endroit que le besoin se fait sentir, nous fournirons volontiers cette aide aussi.
