Ma femme et moi discutions récemment d’un enfant qui joue dans une équipe sportive avec l’un de nos enfants, et à un moment donné, j’ai prononcé une phrase qui m’a littéralement arrêté net.
L’enfant en question semble très immature pour son âge, surtout en ce qui concerne les interactions sociales.
« Terry agit toujours comme un vrai bébé, plus comme un enfant de première année que comme un élève de “X”e année », disait mon enfant. Selon ma femme, les parents de l’enfant sont responsables de cette situation.
Notre discussion s’est ensuite tournée vers le fait que les parents de l’enfant sont divorcés, et que les deux parents font donc probablement de la « surparentalité » avec l’enfant, à son détriment. C’est là que j’ai dit : « l’enfant s’en porterait mieux si ses parents choisissaient plutôt de le négliger ».
Wow! Vraiment? Est-ce que je viens de dire ça?
Est-ce que je pensais vraiment ce que j’ai dit, et est-ce que je pouvais le justifier? Eh bien, essayons au moins de l’expliquer.
Ce que je vois chez cet enfant, et chez d’autres dans des situations semblables, c’est que leurs parents ont toujours été là pour tout faire à leur place, et qu’en conséquence, ces enfants sont incapables d’avoir une relation normale, quelle qu’elle soit, avec les autres.
L’une des autres mères de l’équipe est enseignante en deuxième année, et elle a dit qu’elle en est témoin très souvent. Les parents s’efforcent tellement d’être de bons parents, et en font tellement pour leurs enfants afin de les « aider », que ceux-ci deviennent rapidement incapables de faire quoi que ce soit par eux-mêmes.
Nous pouvons probablement tous nommer quelques personnes que nous connaissons qui fonctionnent bien dans la vie de tous les jours, et qui sont ce qu’on appellerait des personnes « bien adaptées » et conscientes d’elles-mêmes.
Nous connaissons tous des gens qui vivent plutôt à l’autre extrémité du spectre, des gens qui n’arrivent à rien comprendre par eux-mêmes, qui ne peuvent prendre une décision sans beaucoup d’avis extérieurs, et qui passent d’un échec à l’autre dans la vie.
Qu’ont en commun les gens du premier groupe, et qu’ont en commun ceux du deuxième groupe? Qu’est-ce qui distingue les deux groupes?
Pour moi, le premier groupe fait preuve d’un certain degré de confiance, d’indépendance, d’estime de soi et d’aptitudes interpersonnelles pour bien s’en tirer dans la vie.
Le deuxième groupe se laisse facilement déstabiliser, manque d’estime de soi, a de la difficulté dans ses relations et est généralement insatisfait de son sort.
L’éducation qu’ils ont reçue pendant leur enfance pourrait-elle avoir quelque chose à voir avec la catégorie dans laquelle ils finissent par se retrouver? (C’était une question rhétorique!)
Il est très facile de prendre l’habitude de faire les choses à la place de nos enfants. Cela me rappelle l’époque où mes enfants étaient beaucoup plus jeunes et voulaient m’« aider » à faire quelque chose, et quand j’étais pressé, je répondais : « Non merci, je vais le faire moi-même », parce que le faire avec leur aide prendrait en fait plus de temps.
Mais qu’en est-il de mon commentaire selon lequel la négligence serait préférable pour l’enfant? Eh bien, si je ne pouvais choisir qu’entre les deux extrêmes que sont la négligence et une surparentalité sévère, ce serait un choix difficile, mais la négligence pourrait bien l’emporter.
Heureusement, personne n’a à faire un choix aussi tranché pour ses enfants. La clé, comme pour tant de choses, c’est l’équilibre.
Si vous laissez vos enfants se débrouiller un peu plus seuls, tout en restant là en coulisses « au cas où », vous leur rendez probablement service à long terme.
Apprendre à lâcher prise n’est pas nécessairement facile, mais ça peut s’apprendre. Nous avons des choix à faire, et l’un des premiers consiste à choisir de nous détacher et de laisser nos enfants sans laisse, pour qu’ils aillent courir, se salir et peut-être même se faire mal.
Vous mourrez fort probablement avant vos enfants. C’est maintenant qu’il faut commencer à vous assurer qu’ils seront autonomes.