Family business and legacy adviser

Porte de sortie ou corridor de sortie?

Le billet de la semaine dernière sur la « planification de la sortie » a semé une certaine confusion, et celui de cette semaine tentera de clarifier les choses.

Quitter réellement une entreprise familiale, surtout une entreprise que vous avez fondée, entretenue et fait croître, n’est pas une décision que l’on prend à la légère. Le faire selon ses propres conditions, et à la satisfaction de toutes les parties prenantes, est un véritable exploit, et rare. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile que nous ne pouvons pas essayer d’y arriver.

Un lecteur s’est interrogé sur le fait que fixer une date de sortie trop éloignée dans l’avenir pourrait en fait « démotiver » la génération montante, si cette date était trop lointaine. Un autre m’a demandé à quelle date je faisais référence quand je parlais de la « date de sortie » : s’agissait-il de la gestion de l’entreprise ou de la propriété?

Ce sont deux questions légitimes, bien sûr, puisqu’elles invitent à poursuivre la discussion. Selon moi, il n’y a pas de « questions stupides »; la seule question stupide, c’est celle que vous avez peur de poser, de crainte d’avoir l’air stupide.

Le propos du billet de la semaine dernière était que SI nous arrivons à amener le fondateur à choisir une date (en fait, simplement une année) dans l’avenir où il ne serait plus impliqué dans l’entreprise qu’il a fondée, nous pourrions utiliser cette année comme point de référence, ou comme ancrage.

L’idée, c’est que le simple fait d’obtenir un « engagement » est un point de départ important, et que si nous n’arrivons pas à cet engagement, aucune véritable discussion utile des enjeux n’aura jamais lieu.

Le titre du billet, « Promettez moins et livrez plus dans votre plan de sortie », servait à souligner le fait qu’une fois la date fixée, l’engagement dans le processus peut commencer, et ENSUITE, avec le temps, la personne s’habituerait à l’idée qu’il y aurait une phase future où elle laisserait l’entreprise à d’autres.

À mesure que la personne commence à « saisir » le fait qu’un jour elle ne gérera plus, ne dirigera plus et ne possédera plus l’entreprise, elle adhérera aussi (on l’espère) à un avenir rempli de belles possibilités pour elle-même, envisagera cette réalité avec enthousiasme et finira par accepter de partir plus tôt que prévu.

Si vous êtes vraiment attentif, vous aurez remarqué que le paragraphe précédent est en fait une transition vers la réponse à la deuxième question, celle de savoir à quelle date nous faisons référence.

C’est là qu’intervient le titre du billet de cette semaine. Une porte de sortie représente un processus de sortie « en une seule étape », où le propriétaire vend son entreprise et passe d’un seul coup de « tout dedans » à « tout dehors ».

Cela arrive à l’occasion, bien sûr, mais ce n’est pas courant dans l’univers de l’entreprise familiale. Le plus souvent, dans les familles en affaires, quand cela se produit, c’est presque toujours à la suite d’un décès prématuré ou d’autres circonstances tragiques.

Un meilleur scénario est presque toujours une approche progressive, où la « porte de sortie » est remplacée par un « corridor de sortie »

Le corridor est un endroit que l’on traverse en se dirigeant vers la sortie. La première porte (pour entrer dans le corridor) est le plus souvent la gestion quotidienne de l’entreprise. La semaine de travail de six jours devient une semaine de cinq jours, puis de quatre, puis de trois. Au bout du compte, venir une fois par semaine suffit.

Après la gestion vient le leadership; approuver toutes les décisions importantes est souvent la norme au moment d’entrer dans le corridor, mais à la fin, il y a suffisamment de confiance envers le ou les successeurs pour leur laisser carte blanche.

Le dernier obstacle est habituellement la propriété, quand la personne qui, à un moment donné, était propriétaire à 100 % de l’entreprise en vient réellement à en être propriétaire à 0 %.

C’est la sortie finale, et elle ne se produit pas toujours du vivant du fondateur, mais ça aussi, c’est correct. Simplement amener un fondateur à comprendre qu’il ne vivra pas éternellement peut être un grand pas.

La traversée du corridor est un processus qui se mesure habituellement non pas en semaines ou en mois, mais en années. Et ça aussi, c’est correct, pourvu qu’il y ait un plan.

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