Ces derniers temps, le thème du « jugement » revient souvent dans ma vie et mes pensées, et donc aussi dans mes billets de blogue. Puisqu’il y a tant de façons d’envisager les juges et le jugement, je suis d’avis qu’en discuter en vaudra toujours la peine.
Il y a trois semaines, nous avons examiné la différence entre être « judicieux » et être « porté à juger » dans le billet Judgement, Not Judgement. Quelques semaines plus tôt, j’avais raconté la merveilleuse expérience d’avoir été juge à la Family Enterprise Case Competition, dans Vermont, a Global Hub? What the FECC?
Il y aura aussi bientôt un billet sur un procès, avec un vrai juge. Il y a quelques mois, je suis allé passer une journée dans la salle d’audience d’un procès pour meurtre. C’était une affaire de parricide qui a fait les manchettes à l’échelle nationale, et j’ai bien hâte de partager cette expérience avec les lecteurs.
Le billet de cette semaine porte sur qui a le droit de juger, et dans quel contexte. Le pape François, avant de se mêler de la campagne présidentielle américaine, devenait connu pour la phrase « Qui suis-je pour juger? », qu’il prononçait lorsqu’on l’interrogeait sur diverses personnes dans diverses circonstances.
Certains n’étaient pas contents de ce qui semblait être une abdication de la « responsabilité » de juger ce qui est bien et ce qui est mal, mais je pense qu’il a peut-être mis le doigt sur quelque chose.
Alors, si même quelqu’un d’aussi haut placé dans la hiérarchie que le pape est capable de s’abstenir de juger, qui a le droit de juger?
Comme c’est si souvent le cas, tout est une question de contexte. Un de mes mantras préférés est « Donnez-moi le contexte ». C’est là que nos amis les économistes diraient plutôt : « Ça dépend ».
Laissons donc de côté les formules douces et réconfortantes comme « écouter sans juger », « qui suis-je pour juger » et « arrête d’être aussi porté à juger », et passons à ce qui est, au bout du compte, LE contexte qui me tient le plus à cœur : celui d’une famille en affaires.
Dans Parenting and Family Business Leadership, nous avons vu comment les gens jouent le double rôle de dirigeant d’entreprise et de parent. Aujourd’hui, je veux étendre ce concept à la façon dont on juge si ces rôles distincts sont remplis avec succès ou non.
Le point de départ le plus facile, c’est l’entreprise. Juger le rendement d’une entreprise semble assez simple, parce qu’il existe une multitude de facteurs quantitatifs que tout le monde peut facilement voir.
L’entreprise est-elle rentable, est-elle en croissance, ses clients sont-ils satisfaits? Combien de personnes emploie-t-elle, combien d’établissements compte-t-elle, dans combien de pays fait-elle des affaires? La liste est littéralement infinie.
Il est donc relativement facile de juger une entreprise, mais cela veut-il dire qu’il est tout aussi facile de juger son dirigeant? Je ne crois pas. Là, ça peut devenir plus délicat, parce que lorsqu’on veut examiner les qualités personnelles de leadership de la personne à la tête de l’entreprise, les éléments que les gens prennent en compte deviennent beaucoup plus qualitatifs.
Passons du côté de la famille avant de manquer de piste. Le double rôle de dirigeant d’entreprise et de parent est difficile à équilibrer, la plupart des gens en conviendront.
Mais comment juger le rôle de parent? En tant que parent, quand j’observe d’autres parents avec leurs enfants, il m’est parfois difficile de NE PAS les juger, du moins intérieurement, et de comparer leur façon de gérer une situation avec la façon dont nous l’aurions fait.
Au bout du compte, les meilleurs juges des compétences parentales de quelqu’un, ce sont ses enfants.
C’est la pensée la plus grande et la plus profonde qui m’a frappé récemment, et je ne l’ai vue, lue ni entendue nulle part.
Si, et c’est un grand « si », vous souhaitez bien faire votre travail de parent, les seuls vrais juges qui comptent dans votre évaluation sont vos propres enfants. Leur jugement est le seul qui puisse jamais compter.
Bien sûr, cela soulève maintenant bien d’autres questions, surtout quant au moment et aux méthodes pour obtenir leur évaluation et leur jugement de nous, leurs parents.
Nous reprendrons le sujet la semaine prochaine. D’ici là, serrez vos enfants dans vos bras et essayez de rester dans leurs bonnes grâces.