La plupart d’entre nous avons habituellement une assez bonne idée de « quoi faire » dans diverses situations, et nous réfléchissons aussi à nos motivations pour clarifier le « pourquoi ». Le billet d’aujourd’hui portera sur le « comment et quand », et sur la façon d’amorcer les étapes importantes des transitions générationnelles.
Le moment choisi peut si souvent être crucial dans la vie; combien de fois vous êtes-vous trouvé « au bon endroit au bon moment », ou avez-vous tout juste raté une occasion parce qu’une porte ouverte s’est soudainement refermée? Bien sûr, il arrive aussi que nous soyons trop en avance.
Pour chaque « lève-tôt » qui attrape le ver, il y a une « deuxième souris » qui obtient le fromage. Ma tendance naturelle est d’agir tôt, et je sais que si quelqu’un réussissait un jour à me convaincre d’essayer le parachutisme, je tirerais probablement la corde trop tôt plutôt que trop tard.
Dans une famille en affaires, on souhaite souvent que le dur labeur d’une génération se poursuive dans la suivante, et, espérons-le, dans les générations subséquentes aussi.
L’une de mes expressions préférées est « les choses n’arrivent pas toutes seules », peut-être parce que mon travail avec ce genre de familles m’a fait voir l’importance de passer à l’action.
Les transitions intergénérationnelles sont des questions complexes. Plus il y a de personnes concernées et plus le patrimoine en jeu est important, plus les choses se compliquent. Et plus les choses sont complexes, plus il faudra de temps pour bien faire les choses.
Donc, le « quoi » dans ce cas-ci, c’est préparer la transition intergénérationnelle, le « pourquoi », c’est parce que nous voulons que notre dur labeur profite aux générations futures de notre famille, et le « quand », c’est, eh bien, quand j’aurai le temps de m’en occuper (!?).
J’espère que vous avez remarqué le problème dans la phrase précédente.
Comme je l’ai mentionné plus haut, je crois qu’il vaut mieux commencer trop tôt que trop tard. La complexité peut ralentir les choses bien plus que vous ne pouvez l’imaginer, et lorsque des questions importantes surgissent, ce qui arrive toujours, disposer de plus de temps pour bien faire les choses est très utile.
Quel est le bon moment pour commencer?
Parfois, on le sait tout simplement, et parfois, on a besoin d’un petit coup de pouce. L’inspiration divine ne se manifeste pas toujours.
Les deux principales générations, appelons-les la NowGen et la NextGen, ne s’entendent pas toujours sur le moment opportun.
Dans bien des cas, la NextGen pousse pour qu’on agisse, mais se heurte à la résistance de la NowGen, mais il peut aussi s’agir d’une variante de la situation inverse. Parfois, c’est la NowGen qui se heurte au désintérêt de la relève.
Les principales raisons pour lesquelles on tarde à agir sur ces questions clés sont : la peur du conflit, la peur de la mort, le fait de ne pas savoir par où commencer, l’absence d’une personne responsable du processus, et le fait d’être trop occupé par des questions plus urgentes.
La peur du conflit
« On ne peut pas parler de ça, parce que ça va créer une brouille. » Si c’est votre cas, tenez-vous pour acquis que le problème sous-jacent va tout simplement disparaître, ou que les enfants vont trouver une solution après votre départ?
Il vaut mieux en parler et aplanir tout conflit potentiel pendant que nous pouvons encore modifier ce que nous avons prévu et expliquer toutes les décisions. Si vous soupçonnez un conflit, il vaut mieux le devancer que de faire l’autruche.
La mortalité
Parler de sexe n’a jamais rendu personne enceinte, et parler d’argent n’a jamais rendu personne riche; parler de votre décès éventuel ne vous tuera donc pas non plus.
Passez par-dessus. Si vous associez votre départ de certains rôles dans votre entreprise à votre mort, c’est une autre question, et il existe aussi des façons d’y faire face.
Comment et par où commencer
Commencez à parler du sujet et posez des questions aux autres membres de la famille pour connaître leurs idées sur ce à quoi l’avenir pourrait ressembler lorsque la génération suivante sera aux commandes. Écoutez, puis posez d’autres questions, et écoutez encore.
Qui est responsable?
Si vous lisez ceci et que ce que vous voyez vous plaît, alors allez-y, prenez le processus en main. Faites ensuite appel à quelqu’un de l’extérieur qui vous aidera à garder le cap.
Trop occupé à éteindre des feux
Tout ce qui semble « urgent » n’est pas forcément important. Établissez des priorités, déléguez. Apprenez à travailler sur ce qui est vraiment important pour la vue d’ensemble.
Vous auriez probablement dû commencer il y a un bon moment, alors mettez-vous en marche, sans plus attendre.
