Je ne sais pas trop ce qu’a mon cerveau, mais il lui arrive souvent de capter un mot dans un contexte, de l’oublier complètement pendant des semaines, puis de s’illuminer comme un feu d’artifice plus tard, quand ce mot refait surface dans un autre contexte.
Le mot domine alors ma réflexion pendant un certain temps, jusqu’à ce que j’écrive un billet de blogue à son sujet. Merci de m’accompagner dans cette aventure alors que nous abordons le mot de la semaine, « coordination ».
Conseillers : coopérer ou collaborer?
En tant que conseiller auprès des familles en affaires, je suis toujours à l’affût de ce qui se passe dans ce milieu, et on parle beaucoup du fait que les professionnels qui servent les familles devraient travailler moins dans leurs silos individuels, et beaucoup plus en collaboration.
J’y crois, bien sûr, mais je suis aussi réaliste : je comprends que c’est beaucoup demander à bien des professionnels qui ne savent tout simplement pas comment bien le faire, et pour qui les inconvénients à court terme sembleront souvent l’emporter sur les avantages.
Certains professionnels qui partagent cette vision ont travaillé fort pour tenter de définir les avantages du travail en collaboration, comme l’illustre cet excellent livre blanc de la NAEPC.
J’ai découvert ce document en juillet, lors d’un atelier pendant le Rendez-Vous annuel du Purposeful Planning Institute, où l’on a montré que la collaboration allait beaucoup plus loin que la simple coopération.
La coopération entre vos conseillers devrait aller de soi, mais une pleine collaboration est peut-être un pas de trop pour plusieurs. On a aussi parlé de coordination, comme d’une étape intermédiaire.
Le mot coordination m’est resté en tête, puisque jouer le rôle de « coordonnateur » est quelque chose que je fais déjà quand je travaille avec les membres de la famille.
La théorie des systèmes familiaux de Bowen
Cette semaine, j’étais à Washington pour participer au Postgraduate Training Program du Bowen Center de l’Université Georgetown. Notre conférencier du petit matin, chacune des trois journées, était le Dr Dan Papero, et comme d’habitude, il n’a pas déçu.
Il a présenté certaines de ses idées sur « la différenciation (du soi) à partir de la base », et en cours de route, voilà qu’il était de retour, le mot magique : « coordination ».
Le contexte précis dans lequel il l’a prononcé est maintenant flou pour moi, mais l’essentiel de l’idée était que, dans un système familial, la coordination était quelque chose à laquelle il fallait aspirer. Encore une fois, le revoilà!
La tête s’est mise à me tourner à l’idée de coordonner non seulement les conseillers qui travaillent avec les familles, mais aussi les membres de la famille eux-mêmes.
Clarté, clarté, clarté
Le mot « clarté » occupe aussi une place centrale dans mon esprit ces temps-ci, et j’ai été frappé de constater que la coordination et la clarté entretiennent une relation en quelque sorte symbiotique.
Attendez, quoi?
L’un des plus grands obstacles qu’une famille doit surmonter pour « bien réussir » sa transition intergénérationnelle du patrimoine, c’est de mettre tout le monde sur la même longueur d’onde, c’est-à-dire d’avoir une vision commune et claire de ce qui est en jeu et de ce qui doit être fait.
Quand on me demande comment je peux aider ces familles, apporter plus de clarté est généralement ma première réponse.
Une fois que la vision de ce qui doit être fait est claire, le travail d’organisation des structures et de la gouvernance de la famille commence alors pour de bon, mais ce travail ne se fait pas par magie.
Vous l’avez deviné, ce travail doit être coordonné.
Le travail de la famille doit être clair et coordonné, mais un peu comme pour l’œuf et la poule, on ne sait jamais avec certitude lequel vient en premier.
Retour au modèle des trois cercles
C’est complexe parce que cela combine les trois sphères que sont la famille, l’entreprise et la propriété (voir le modèle des trois cercles), et ces trois sphères partagent aussi le dilemme du « lequel vient en premier? ».
La clarté avant la coordination, ou l’inverse?
Les familles qui entreprennent le travail nécessaire pour atteindre un certain alignement familial seront mieux coordonnées et auront donc une vision beaucoup plus claire du travail à accomplir.
Et les familles qui savent clairement ce qui doit être fait trouveront plus facile de coordonner ce travail.
Certaines familles sont naturellement meilleures que d’autres à cet égard, mais la plupart pourraient bénéficier d’une aide extérieure.
Les familles auxquelles je pensais en donnant un titre à ce billet resteront bien sûr anonymes. J’espère que leur nom ne rime pas avec le vôtre.
La plupart des familles sont loin d’être aussi coordonnées qu’elles pourraient ou devraient l’être. La clarté, vue d’une perspective extérieure, peut être d’une aide énorme.
