Family business and legacy adviser

Une offre qu’il ne peut pas refuser

Family Business continuity

Cette semaine m’a valu un retour en arrière. J’étais conférencier invité dans une école de commerce universitaire, à cinq heures de route. J’étais là, devant un groupe d’étudiants qui s’apprêtaient à commencer bientôt leur carrière, un peu comme moi il y a « à peine » une trentaine d’années.

Invité par deux collègues et amis qui enseignent « Managing the family Enterprise » (la gestion de l’entreprise familiale), j’avais envoyé des exemplaires de mon livre préféré, SHIFT your Family Business, pour que les étudiants puissent se préparer à poser à son auteur toutes les questions qu’ils voulaient.

Vous êtes chanceux!

J’ai commencé en demandant aux étudiants s’ils se sentaient chanceux (non, pas parce que j’étais en leur présence). À ma grande surprise, des têtes ont commencé à hocher, avant même que je leur explique pourquoi ils avaient en fait beaucoup de chance d’être assis là où ils étaient.

Je leur ai raconté qu’à leur place dans les années 1980, je me préparais à travailler dans l’entreprise de ma famille, mais sans avoir suivi un seul cours lié à l’entreprise familiale.

Ce n’était pas un reproche envers mon alma mater, c’était plutôt une question d’époque. J’ai expliqué que le Family Firm Institute venait tout juste de célébrer son 30e anniversaire en 2016, et que CAFÉ (Canadian Association of Family Enterprise) avait aussi souligné son 30e récemment. Ce « domaine » est encore assez nouveau.

Je leur ai aussi raconté l’une de mes histoires préférées au sujet de mon père, qui s’était joint à CAFÉ dans ces premières années, et de sa réaction aux excellents conseils qu’il avait entendus de la part des conseillers lors de ces tout premiers événements de CAFÉ.

C’était tout à fait à propos dans ce contexte, puisqu’il s’agissait d’étudiants de premier cycle en commerce, comme je l’étais à l’époque, dont bon nombre se préparaient à se joindre à l’entreprise de leur famille dans les années à venir.

« On ne fera pas ça »

« Tu sais, les gens de CAFÉ », ai-je raconté en reprenant les mots de mon père comme si c’était hier, « ils disent qu’il ne faut pas embaucher ses enfants dès leur sortie de l’école, qu’il faut les obliger à se trouver d’abord un “vrai” emploi », disait-il, pendant que je hochais la tête, plein d’espoir. « Eh bien, on ne fera pas ça », a-t-il poursuivi en me tapotant l’épaule.

Pour l’effet, je l’ai mimé avec un étudiant de la première rangée.

J’ai aussi ajouté que le fait de ne pas lui avoir tenu tête et de l’avoir questionné, et de ne pas lui avoir dit que j’aimerais choisir cette option, est devenu l’un de mes plus grands regrets.

Étude de cas : la famille Corleone

Le cours utilise un seul cas d’entreprise familiale pendant toute la session, et cette année, le choix s’est arrêté sur la famille Corleone, rendue célèbre par Le Parrain. « Génial! », me suis-je dit en l’apprenant lors d’un appel avec l’un des professeurs une semaine plus tôt.

J’ai vraiment aimé faire « mes devoirs » en regardant les films pendant la fin de semaine pour pouvoir contribuer au cours. Je ne les avais pas vus depuis des décennies, et j’avais oublié que Vito s’était en fait retiré, laissant Michael prendre les décisions sans le remettre en question, bien avant sa fin malheureuse.

Gouvernance familiale

Ce cours comprenait aussi une présentation de groupe sur la gouvernance familiale, et je dois avouer que ça m’a bien amusé que l’équipe utilise une citation de mon livre sur l’une de ses diapositives PowerPoint, avec la source, et mon nom correctement orthographié.

La semaine dernière, j’ai écrit sur la reine et le prince Charles, et maintenant le Parrain, quelle sera la suite? (Indice : encore la gouvernance familiale.)

J’aurais dû refuser

Revenons au titre de ce billet, gracieuseté de Vito Corleone, que la plupart des lecteurs reconnaîtront probablement.

Si je l’utilise ici, c’est pour souligner que je reconnais maintenant que le mot clé de la phrase est « ne peut pas ».

De plus en plus de nos jours, les enfants refusent effectivement les offres de leurs parents de se joindre à l’entreprise familiale. Pour moi, c’est une bonne chose.

J’aurais dû refuser moi aussi, mais je ne l’ai pas fait. Ça aurait été mieux pour moi, et en fait mieux pour toute la famille, mais ça ne cadrait pas avec le plan à court terme du patriarche.

L’amour des « affaires » et l’amour de « mon entreprise »

En réponse à une question de la classe, j’ai dit que j’appuie fortement l’idée d’enseigner à la relève (la « NextGen ») le monde des « affaires », et même de lui faire « aimer » les affaires, dans le cadre de la « littératie financière » et pour transmettre l’esprit entrepreneurial de la famille.

Mais aimer les « affaires » et aimer « cette entreprise en particulier que papa a fondée », ce n’est pas la même chose.

Imaginez si Michael Corleone avait pu utiliser ses grands talents de façon vraiment légitime, comme il l’avait espéré, sans le bagage familial…

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